Jean de La Fontaine est l'un des poètes français les plus célèbres de l'Histoire, dont les célèbres fables (et les nombreuses citations rentrées dans le langage courant qui y sont glissées) représentent la principale oeuvre poétique du classicisme et l'une des plus belles pages de la littérature française. Né à Chateau-Thierry en juillet 1621, il est élevé au sein d'une famille bourgeoise. Après avoir fait son droit, il s'installe à Paris et se lie d'amitié avec de grands noms de l'époque tels Molière, Boileau ou son cousin Racine.
Il publie sa première oeuvre, L'Eunuque, une comédie en vers tirée de Térence, en 1654, à l'âge de trente-six ans. "Gentilhomme-servant" pour le compte de la Duchesse d'Orléans, sous la protection de Nicolas Fouquet, surintendant des Finances, à partir de 1958, Jean de La Fontaine devient célèbre grâce à ses fables, qu'il rédige à partir de 1668, en réaction à l'arrestation de Fouquet. Il entre en résistance et s'engage dans une littérature masquée, à forte connotation politique, avec cet exercice littéraire où, derrière les animaux et les situations, s'agitent tous les personnages et les problèmes de l'époque... Parmi ses fables les plus célèbres, citons notamment Le Corbeau et le Renard, Le Lièvre et la Tortue, La Cigale et la Fourmi ou encore Le Loup et l'Agneau. En 1683, Jean de La Fontaine est élu à l'Académie Française. Il s'éteint le 13 avril 1695 à l'âge de 74 ans.
Jean de La Fontaine, le défi est le premier long métrage consacré au célèbre poète français. Le scénariste Jacques Forgeas évoque cet illustre personnage : "Tout le monde connaît La Fontaine et personne ne le connaît. En général, on l'envisage comme une espèce de préfet aux champs qui cueille des marguerites, se promène avec les animaux, et se rend de temps en temps à Versailles pour y constater que la vraie volière est dans les salons... Il se trouve qu'en dehors de ses écrits, nous avons peu de détails de sa vie."
C'est Lorànt Deutsch, "acteur vif, cultivé, curieux de l'histoire et de la vie, (...) idéal pour personnifier l'appétit de la vie et la fidélité de La Fontaine" selon Daniel Vigne, qui s'est glissé dans la peau du célèbre poète, après avoir déjà incarné deux autres énormes figures artistiques (Mozart au théâtre dans Amadeus et Jean-Paul Sartre à la télévision dans Les Amants du Flore). L'acteur, fou d'histoire et plus particulièrement passionné par le XVIIème siècle, évoque son rapport au personnage : "Je suis tellement éloigné de l'image que beaucoup de gens ont de La Fontaine que je pense que de la part de Daniel Vigne et des producteurs, c'est un pari hyper osé. Non seulement il n'y a jamais eu de film sur lui, mais en plus, Jean de La Fontaine, le défi montre à quel point on connaît peu la vraie nature de cet homme. (...) La Fontaine est plus qu'une légende, c'est un personnage multiple et un sublime héros de cinéma. (...) La Fontaine dans notre film, c'est un jeune quadra qui a du mal à vieillir ! Il est encore juvénile, il cherche son chemin avec l'ardeur d'un homme qui n'est pas encore installé. Et c'est justement ce que j'ai essayé d'apporter : du dynamisme ! Un homme qui court par monts et par vaux pour chercher des subventions, des soutiens : un marcheur et un quémandeur infatigable..."
Le scénariste Jacques Forgeas évoque la place des Fables dans Jean de La Fontaine, le défi : "Nous les avons choisies pour leur musique. Les fables paraissent tellement simples qu'on pourrait penser qu'elles coulent de source, alors que c'est faux : il a fallu qu'il soit inspiré, qu'il travaille, qu'il s'expose, qu'il trouve des murs autour de lui qui lui renvoient des arguments. Nous voulions absolument que la part de création apparaisse dans ce film dont l'argument est politique. Nous présentons déjà un La Fontaine que la majorité des gens ignorent, il fallait que les fables soient familières au spectateur. Et puis, il y avait cette idée que tout le monde, des marquises aux soubrettes, apprend par coeur les fables : La Fontaine, à partir du moment où il est populaire, devient inattaquable, c'est ce qui fait sa force, car même face à un monarque absolu, la vox populi est plus forte."
Le réalisateur Daniel Vigne évoque la face rebelle du personnage de La Fontaine : "Quand j'étais enfant, je trouvais La Fontaine au mieux amusant, au pire ennuyeux. Avec la maturité, j'ai appris à aller là où l'auteur avançait masqué et j'ai découvert un homme dans un conflit permanent avec le pouvoir en place, ce qui n'est pas pour me déplaire. Aujourd'hui, La Fontaine est partout sans qu'on ne le relève vraiment, les humoristes se sont emparé de ses animaux, et les hommes politiques de ses maximes, on le cite au journal télévisé. Ce qu'il disait de la cour et du Roi dans ses fables les plus ouvertement politiques, comme "Les Animaux malades de la peste", "La Cour du Lionn, est plus que jamais d'actualité. Il a conspué les flatteurs et la langue de bois, comparé la cour à un charnier, pointé le danger qu'il y a à laisser un homme seul diriger un pays !"
Le scénariste Jacques Forgeas a tenu à dévoiler un Jean de La Fontaine que les gens ne connaissent peut-être pas, notamment le séducteur et l'éternel adolescent qu'il était. Il revient sur ce dernier trait de caractère : "La Fontaine est "frondeur" au sens premier : c'est vraiment un homme de La Fronde. (...) En même temps, il est un peu lent - on l'appelait "le paresseux" ou "le bonhomme" - il a toujours l'air de planer : des témoins le décrivent dans certaines tavernes, assis dans un coin, les yeux mi-clos. Il fuit les contraintes, il n'a pas de bureau, il n'a pas d'adresse fixe, il vit une valise à la main : c'est un personnage qui tente d'avoir l'irresponsabilité de la jeunesse le plus longtemps possible !"
Le tournage de Jean de La Fontaine, le défi, dont l'action se déroule au 17e siècle, s'est majoritairement déroulé dans des lieux d'époque parmi lesquels le Domaine National de Versailles, le Manoir d'Alleray, le Musée du Louvre, le Château de Vaux-le-Vicomte, le Château de Champlatreux, le Château de Maisons-Laffite, le Château de Champs-Sur-Marne et le Château de Jouars-Pontchartrain.