Aventures de jeunesse
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soniadidierkmurgia

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3,5
Publiée le 27 novembre 2025
En 1962, Paul Newman avec quinze films à son actif est déjà une star. « Marqué par la haine », « Le gaucher », « La chatte sur un toit brûlant », « Exodus » ou encore « L’arnaque » qu’il vient de tourner sous la direction de Robert Rossen ont confirmé qu’il pouvait jouer dans des films ambitieux tout en ne grevant pas la comptabilité des studios qui l’emploient. Deux nominations à l’Oscar (« La chatte sur un toit brûlant, « L’arnaque ») et un prix d'interprétation à Cannes pour « Les feux de l’été » sont venus valider ce nouveau statut.
Quand Martin Ritt qui sera un de ses réalisateurs fétiches (6 films en commun) le sollicite pour une participation iconoclaste dans une nouvelle adaptation de l’œuvre d’Ernest Hemingway initiée par le producteur Jerry Wald et l’écrivain Hotchner amis de longue date d’Ernest Hemingway décédé le 2 juillet 1961, après quelques hésitations, il s’engage hardiment dans ces « Aventures de jeunesse ». Le scénario écrit par Hotchner prend pour toile de fond l’intrigue de « L’adieu aux armes » dans laquelle est inséré Nick Adams, personnage semi-autobiographique dont Hemingway a couché les aventures sur le papier alors qu’il se trouvait en Europe durant la Seconde Guerre Mondiale. Le film se veut incontestablement un hommage à l’un des plus grands écrivains américains, Prix Nobel de Littérature en 1954.
C’est le jeune Richard Breyme qui vient de se faire remarquer dans « West Side Story » énorme succès de Robert Wise qui sera chargé d’incarner Nick Adams, spoiler: jeune homme élevé entre une mère (Jessica Tandy) protestante rigoriste dénuée de toute empathie et un père (Arthur Kennedy) médecin humaniste velléitaire reconnu de ses patients , souffre de la mésentente néfaste d’un couple à côté duquel il ne trouve pas sa place. Nick comprend assez vite que sa soif d’émancipation et d’élargissement de son horizon ne pourra s’étancher au sein du foyer familial. Il décide donc de prendre la route à travers le vaste pays.

Dans sa première partie, le film prend une tonalité picaresque amenant Nick à croiser un télégraphiste, un promoteur de spectacles comiques et un boxeur, ancien champion devenu un peu « toqué » à force de coups reçus. C’est là qu’intervient la prestation de Paul Newman dont on pouvait craindre que bon élève de l’Actor’s Studio, il en fasse des tonnes. C’est effectivement le cas mais cet intermède n’ayant aucune utilité pour la progression narrative, il n’y a pas péril en la demeure. On peut même se dire que Paul Newman très en verve et plutôt relâché amène la légèreté de mise peu de temps avant que spoiler: Nick s’étant vu refusé un poste de journaliste à New-York ne finisse par s’enrôler dans un contingent d’ambulancier chargé d’aller prêter main forte à l’armée italienne. Commence alors la seconde partie du film qui va voir l’encore naïf Nick entrer de manière tragique dans l’âge adulte. Occasion pour lui de tester grandeur nature bien des aspects du caractère humain comme le courage, l’abnégation, la souffrance mais aussi l’amour (Susan Strasberg) ou le deuil. Plutôt équilibré dans sa narration et résolument pacifiste le scénario écrit par A. E. Hotchner délivre sa dose d’émotion sans jamais emprunter la voie du mélodrame lacrymal qui lui tendait les bras.
Il faut dire que la réalisation de Martin Ritt prenant le parti de mettre en avant les acteurs tire le maximum de tous ses comédiens confirmés que sont Arthur Kennedy, Jessica Tandy, Ricardo Montalban, Ed Binns, Fred Clark, Corinne Calvet ou Eli Wallach. Concernant Richard Beymer particulièrement convaincant, les promesses affichées ici si elles ne se sont pas réellement confirmées sur grand écran s'accompliront presque trente ans plus tard dans la mythique série de David Lynch et Mark Frost où l’acteur à son sommet incarnera de manière jubilatoire Benjamin Horne le propriétaire sans foi ni loi mais pétri de dérision du Grand Hôtel de Twin Peaks. Tout ce qui fait le charme de cette inoubliable prestation est déjà bien présent, teinté d’une autre tonalité dans « Aventures de jeunesse ». Quant à Susan Strasberg fille de Lee Strasberg, sa prestation tout en sobriété contribue largement à l’émotion qui se dégage de ce film tout-à-fait digeste qui s’est vu dès sa sortie comparé défavorablement aux deux adaptations de « L’adieu aux armes » réalisées par Frank Borzage en 1932 puis Charles Vidor en 1957. A chacun de se faire son avis.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 16 décembre 2012
Une bonne adaptation d'Hémingway avec un passage intéressant de Newman en vieux boxeur fou
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 juillet 2015
GÉNÉRAL : C’est l’histoire de Nick Adams, qui représente en fait un grand écrivain : Ernest Hemingway, et qui cherche un sens à sa vie, qui devra sortir de son cadre et tenter de résoudre ses problèmes. Le film synthétise plusieurs romans d’Hemingway.

ASPECTS POSITIFS : Recherche d’un sens à la vie. Recherche d’un cadre, mais aucun ne lui convient. Ses essais et échecs lui permettront d’écrire et de lui donner son style d’écriture particulier qui est direct.

ASPECTS NÉGATIFS : La scène du mariage en même temps que la mort de sa femme est un peu exagérée et ôte du réalisme au film. De plus, la scène avec le boxeur n’est pas très pertinente au déroulement de l’histoire. On aurait pu facilement couper ces deux scènes. spoiler: Ensuite, la non-solution de problèmes amène une note négative au film. Par exemple, le père se suicide, la mère tombe dans la religion, l’infirmière qui le prend en main, mais qui ne règle qu’une partie du problème, ses amis d’Italie qui viennent le voir pour lui remonter le moral aussi ne font que régler qu’une partie du problème. Enfin, Nick qui part à la fin sans régler sa relation avec sa mère. Impuissance de régler les problèmes. En fait dans la vie véritable cette infirmière l’a laissé pour un autre italien et cela l’a marqué beaucoup et également l’a affecté pour le reste de sa vie. Il a pensé qu’il fallait toujours laisser en premier les personnes qu’il aime pour ne pas être blessé et laissé.


PISTES DE RÉFLEXION : spoiler: Lorsque le père fait face au faux mâle niaiseux au début du film, Nick aurait aimé qu’il le frappe. Toutefois, le père lui fait comprendre que c’est une tactique qu’utilise le niaiseux pour ne pas le payer et qu’il doit apprendre parfois à se contrôler. C’est d’ailleurs ce même faux mâle qui fuira lors de l’accouchement de sa femme. Les leçons d’alto (ou viola) que la mère impose à Nick démontrent la prédominance de cette femme dans la maison et l’impuissance du père face à sa femme. Le père aurait dû s’arranger avec sa femme pour laisser place à des exceptions pour ne pas qu’ils en arrivent là. Cette scène montre sûrement un exemple parmi tant d’autres qui nous permettent de constater que le père n’a pas su prendre sa place. Nick aurait aimé une fois de plus que son père n’achète pas la paix. Hemingway jouait du violoncelle et sa mère est une ancienne chanteuse d’opéra. Il n’aimait pas sa mère et croyait aussi que celle-ci ne l’aimait pas. Elle aurait voulu avoir une fille et elle l’habillait souvent en fille. Au cours de sa vie, Hemingway développa une haine envers les gays. Il aimait beaucoup les grands gaillards dans le style des Espagnols, cheveux noirs, toreros et boxeurs. Il y a des rumeurs qui veulent qu’Hemingway avait des tendances gay. Le monde appréciait beaucoup Hemingway et oubliait rapidement qu’il était ivrogne, batteur de femme et son suicide. Il ne veut pas s’engager avec sa blonde et ne sachant pas trop comment s’y prendre, il finira par faire le niaiseux devant elle. Finir à se faire mener par un beau-père dans un magasin ne l’intéresse aucunement. En somme, on remarque rapidement que Nick ne veut pas mener le même type d’existence que son père et de ce milieu. Pour qu’il parte malgré les intempéries et qu’il persévère dans sa quête, on voit vraiment qu’il faut qu’il ait une grande volonté de sortir de la campagne. Son ami, qui a l’air un peu toton et avec qui il part, l’aime beaucoup. Cependant, son ami ne sera pas capable de le suivre à cause des conditions physiques difficiles. Une fois de plus, Nick continue même s’il tombe seul. Dans le train, on voit une autre fois que malgré tous les obstacles, il poursuit sa quête. On peut voir aussi dans cette scène un aspect historique de l’époque où les gens étaient pauvres et qu’ils prenaient le train clandestinement pour voyager. On voit aussi que certains gardiens étaient brutaux et qu’ils en avaient peut-être une petite satisfaction personnelle sadique. Lors de la scène avec le boxeur, qui est « supposée » être une grande scène de ce film avec Paul Newman, Nick découvre comment ça peut être tought la vie. Il découvre d’autres types de vie, de personnalités. Mais il n’a pas d’avantages à rester avec eux et c’est un peu ce que le noir lui fera comprendre indirectement. Au télégramme, nous sommes à une situation importante du film où Nick prendra une grande décision. Au début, il veut s’en retourner chez lui, mais en parlant avec l’employé qui a vécu la même chose que Nick à l’époque en se retrouvant face aux premières difficultés, Nick se rend compte qu’il n’a pas le goût de finir comme cet employé. L’image cinématographique est très forte lorsqu’il jettera le papier après que l’employé lui est redonné au cas où il changerait d’idée. Avec Billy et Sliding Billy, Nick voit une manière de survivre qu’il utilisera plus tard. D’un côté, Billy mange des coups, se relève, retombe et c’est difficile. De l’autre, Sliding Billy évite les coups; il glisse sous les coups (vision du père de Nick Adams). En fait, slider toute une vie ou se faire tapocher dessus toute une vie ne fonctionnera sûrement pas. Il faut de la jugeote pour savoir quand slider et souvent on slide quand on peut. Toton comme il est, il se laisse impressionner par un titre de colonel, de héros et surtout par une comtesse italienne qu’il trouve belle et qui ne fera pas la guerre. Ainsi, il s’engagera dans la guerre pour aider les Italiens, malgré les avis de son père. L’amour père-fils est grand, mais le fils est malheureux dans le cadre que lui propose son père. Il veut vivre d’autre chose. Pour lui et pour plusieurs, à l’époque, la guerre était une chance de voir le monde et faire la guerre était très valorisé. On peut d’ailleurs le constater quand il reviendra de la guerre. Son père finira par lui dire que Nick est son bien le plus précieux. À son entrée dans l’armée en Italie, on a le droit à une scène très amusante où le commandant de l’armée donne ses opinions. Quand son compagnon meurt, on voit à quel point la mort est proche. Il paraîtrait qu’Hemingway n’aurait pas été blessé qu’aux jambes, mais aussi aux organes génitaux. D’ailleurs dans son premier livre important The Sun Also Rises, son héros principal est handicapé aux organes génitaux et ne peut satisfaire sa compagne. Y a-t-il une relation? Le cauchemar de Nick montre qu’il se rend compte de la fragilité de la vie. Il doit toujours rester éveillé pour checker, se protéger et survivre. Il slide avec ses amis pour la médaille d’argent : « Sliding Nick ». Scène tragique lorsqu’il apprend la mort de son père. Nick faisait face à la mort de si près pendant la guerre et finalement c’est son père qui finira par se suicider. Le père n’a sûrement pas su gérer sa vie, gérer sa femme. La mère malheureuse ouvre la lettre du père au fils. Ce n’est pas correct, car c’est un lien intime, de pureté qu’il avait entre le père et le fils et elle en est jalouse. Sentiment typique de la génération perdue : Nick revient au bercail et tout ce qui l’entoure lui semble anodin à côté de ce qu’il a vécu. Il tente de revenir dans son Ancien Monde, mais il n’en est pas capable. Il a le besoin d’écouter son intérieur, d’écrire et faire connaître ce qu’il ressent et ce qu’il a appris. Il dit qu’il ne s’enfuira pas, mais qu’il fera son propre chemin. On remarque que tous ceux qu’il l’aime ont des problèmes et ont peut-être même des tendances à la destruction. La mort est fortement associée aux écrits d’Hemingway, ainsi que le suicide : son père s’est suicidé, il s’est suicidé, sa fille s’est suicidée, etc.
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