L'Outrage
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 avril 2025
Martin Ritt et Paul Newman auront tourné huit films ensemble. C’est pour chacun des deux la plus longue collaboration de leur carrière. Paul Newman qui ne dédaignait pas les associations de ce type quand il les jugeait fructueuses a aussi travaillé à quatre reprises avec Stuart Rosenberg, trois fois avec George Roy Hill et deux avec Robert Wise, Mark Robson, John Huston, Jack Smight, James Goldstone, Robert Altman, Richard Brooks ou Robert Benton. Enfin, il se sera dirigé lui-même en deux occasions.
Ce cinquième film en commun est tout simplement un remake de « Rashomon » d’Akira Kurosawa qui avait fait grand bruit à sa sortie sur les écrans en 1950, récoltant un Lion d’or à Venise et un Oscar du meilleur film étranger. Le procédé narratif inspiré du concept développé par Luigi Pirandello dans sa pièce « À chacun sa vérité » (1917) est depuis décrit comme l’effet Rashomon. À la suite du succès remporté par « Rashomon » le scénariste Michael Kanin avait écrit avec son épouse Fay une pièce de théâtre qui sera elle aussi plébiscitée par le public. C’est Kanin qui se chargera de l’écriture de « L’outrage ».
Martin Ritt souhaite pour son dixième long métrage adapter la pièce en la transposant dans l’Ouest américain. Venant de triompher avec « Le plus sauvage d’entre tous », Martin Ritt n’a pas oublié que « Les sept mercenaires » (1960) de John Sturges devenu très rapidement un film mythique était directement inspiré des « Sept Samouraïs » (1954) d’Akira Kurosawa. Le lien entre les deux films semble dès lors évident. Il propose à Paul Newman le rôle d’un bandit mexicain sans scrupule accusé du meurtre d’un riche propriétaire terrien sudiste (Laurence Harvey) en voyage avec son épouse (Claire Bloom). Pour l’occasion, Martin Ritt a monté sa propre société de production.
Selon le procédé évoqué plus haut, spoiler: il s’agit de voir comment à l’occasion d’un même événement (de préférence dramatique) plusieurs versions des faits complètement opposées peuvent s’affronter suivant les sensibilités ou les intérêts de chacun. C’est à partir de la rencontre fortuite de trois hommes (Edward G. Robinson, William Shatner et Howard da Silva) sur le quai d’une gare de chemin de fer fantomatique perdue en plein désert que les différentes versions sont évoquées à l’aide de flash-back.
L’entreprise qui pouvait paraître séduisante cherchant à rendre compte de la complexité d'une nature humaine versatile, est assez vite plombée par la lourdeur de la mise en scène de Martin Ritt que l’on a connu plus inspiré, peut-être rendu fébrile par les espoirs qu’il fondait sur la réussite de son projet.
Paul Newman grimé en mexicain semble de prime abord assez peu crédible ne dégageant pas la sauvagerie supposée habiter Juan Carrasco. Anthony Quinn lui-même d’origine mexicaine aurait sans aucun doute été plus indiqué. Plutôt statique malgré la très belle photographie en noir et blanc du grand chef opérateur James Wong Howe, l’intrigue qui aligne les poncifs de manière trop scolaire peine à totalement convaincre malgré l’implication de Claire Bloom qui avait déjà joué le rôle sur scène au côté de Rod Steiger et la présence toujours hiératique de Laurence Harvey.
« L’outrage » est inégal à l’image de son réalisateur qui alternera véritables réussites (« Le plus sauvage d’entre tous », « L’espion qui venait du froid », « Hombre », « Traître sur commande », « Le Prête-nom », « Norma Rae ») et films impersonnels. Quant à Paul Newman pas très à l’aise, lesté du grimage dont Ritt l’a affublé, il bataille ferme pour finir par délivrer une prestation convenable même si pas totalement convaincante. Pour « Hombre », sa dernière collaboration avec Ritt trois ans plus tard, cette fois-ci jeune blanc élevé par les Indiens, il aura plus de chance, son réalisateur fétiche se saisissant bien mieux du sujet.
Acidus

872 abonnés 3 936 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 juin 2025
En 1960, "Les sept samouraïs" d'Akira Kurosawa connaissait un remake américain en version western sous le nom des "Sept mercenaires". Même idée pour "L'outrage" qui reprend cette fois "Rashomon" et toujours dans un mode western.
Ce long métrage conserve le principe de la multiplicité des versions d'un même crime. Le résultat est correct mais que dispensable et surtout loin de film de Kurosawa.
On retiendra surtout une photographie soignée et la présence de Paul Newman au casting bien que ne délivrant pas sa meilleure prestation.
Sympathique mais anecdotique.
Roub E.

1 306 abonnés 5 370 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 septembre 2022
Un remake dans l’Ouest américain du Rashomon de Kurozawa. L’outrage est un film qui ne dévoile son ambiguïté que dans ses derniers instants. Il peut sembler par moment vieux jeu et daté (il faut par exemple accepter le fait que Paul Newman joue un mexicain); mais il bénéficie d’une très belle photo avec un noir et blanc de toute beauté.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 novembre 2011
Un western mais qui va bien au délà du genre, la première chose qu'on remarque c'est la superbe photographie ensuite il y a de bons acteurs bien dirigés, newman notamment joue un personnage succulent. Enfin il y a un scénario intelligent et attention Ritt a gardé le meilleur pour la fin et gagne ainsi une 4 étoiles.
Jipis
Jipis

44 abonnés 360 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 juin 2012
Comment ne pas anéantir vos appétits de découvertes concernant ce remake de Rashomon qui vu son niveau attise la pression de découvrir ou de redécouvrir son illustre prédécesseur.

Paul Newman en bandit Mexicain suant et mal rasé momentanément abandonné par la synchronisation de Marc Cassot est parfois savoureux dans ses différentes refontes caractérielles d'un unique évènement tragique dont le processus est revu et corrigé selon les divergences de trois témoignages plus le sien.

Le sourire n'est pas rare devant la minable prestance, la violence ou la bêtise d'un rustre envers un sexe faible soumis ou manipulateur selon les versions de trois témoins divers et variés en attente d'un train annoncé par des éclairs lointains.

« L'outrage » est une correcte mise en bouche avant d'absorber son seigneur et maître nippon.
Samir T
Samir T

1 abonné 67 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mai 2018
Bizarre que ce film ne soit pas assez commenté ni même noté, alors qu'il est un des meilleurs : scénario bien ficelé quoique un peu déroutant, réalisation convaincante, bon jeu d'acteurs dans des décors et des scènes des plus improbables, ajouté à cela une fin imprévue qui couronne le tout.
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