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ronny1
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5,0
Publiée le 10 octobre 2022
Après la bataille d’Iwo Jima vue du côté américain, Clint Eastwood réalise le côté japonais avec « Letters from Iwo Jima». Si le premier volet est avant tout un réquisitoire contre la politique spectacle et la manipulation qui va avec, le second, presqu’exclusivement en langue japonaise et très majoritairement interprété par des acteurs japonais, se veut une dénonciation de la guerre. Il s’annonçait comme une opération difficile quant à la rentabilité d’un investissement se montant à vingt millions de dollars. Un pari courageux pour Spielberg et SKG. Eastwood chercha d’abord un réalisateur japonais, tentant de trouver un cinéaste ayant le côté humain de Kurosawa et la rigueur implacable de Kobayashi. N’ayant pas trouvé ce mouton à cinq pattes, il décida de le réaliser lui même, confiant l’écriture du scénario à Iris Yamashita et Paul Haggis d’après le livre de Tadamichi Kuribayashi et Tsuyoko Yoshido, inspiré des lettres réelles des soldats. Loin du très politique « Mémoires de nos pères », « Letters from Iwo Jima » décrit avec une virtuosité qui force le respect, une tragédie dont l’absurdité questionne sur la stupidité des guerres faites par les hommes. Le sommet est atteint lorsque au cours du dîner de l’école militaire américaine dont Kuribayashi vient de sortir lauréat, il lui est posé la question de son choix en cas de guerre entre les deux pays (le flash back est temporellement très bien placé). L’annonce de la tragédie se matérialise à la fin de l’étude très précise du Général Kuribayashi par des messages lui faisant comprendre qu’il est seul avec ses vingt mille hommes, car aucune aide ne viendra, l’amenant à faire évacuer tous les civils de l’île. Ce personnage complexe, orienté vers l’efficacité, estime tous ses soldats, même l’improbable Saigo, boulanger qui a promis à sa femme de revenir vivant. Plus surprenant encore est le Lieutenant Colonel Takeishi Nishi, aristocrate, médaillé d’or du jumping aux jeux olympiques de 1932, et qui sait qu’il vient mourir sur cette île. Il mène la scène la plus révélatrice des différences de culture entre les deux peuples. Après avoir imposé à son infirmier de soigner un soldat américain blessé, il explique à ce dernier en anglais qu’il a gagné la médaille d’or, ce qui impressionne le marine : « No kidding » (incroyable) dit ce dernier, alors qu’il avait refusé de dire un mot et qui dès lors lui avouera qu’il est de l’Oklahoma. Nishi ne traduira pas en japonais à ses hommes, car il sait que pour eux le fait qu’il soit médaillé d’or n’a pas d’importance, puisqu’ils voient en lui uniquement l’officier qui les commande. Enterrés dans des galeries bombardées par l’USAF, la torture, aussi sonore que psychologique, s’installe dans une atmosphère poisseuse où les discours fanatisés des officiers semblent de moins en moins pertinents. Dans ce monde troglodyte filmé à la limite du sépia monochrome, chaque plan, chaque mouvement de caméra qui fixent les expressions et les gestes de cette armée de quasi fantômes sont des merveilles de précision et de contenu (Tom Stern à son meilleur). Cet écrin visuel supporte une casting remarquable dominé par Ken Wanatabe dans le rôle du général Kruribayash, Kazunari Ninomiya, membre du groupe de chanteur “Arashi” (autre pari audacieux) dans celui de Saigo et Tsuyoshi Ihara dans celui du très zen et cultivé Baron Nishi. Le tout reste fidèle à l’histoire, y compris l’affrontement avec les amiraux, et le refus du seppuku que Kruribayashi qui, bien que d’une famille de samouraï, considérait comme une mort inutile, et dont le corps ne fut jamais retrouvé. Ce respect de l’histoire et des cultures, tout en développant de manière presque linéaire son réquisitoire dans un style, mélange de finesse et d’efficacité, typique du réalisateur, mène tout simplement à un chef d’oeuvre.
Qu'il est agréable de voir l'autre côté de la barrière, de sortir de la vision purement américain (oui le réalisateur est américain, mais on a compris). Soulignant déjà le courage de faire le film entièrement en japonais, ça apporte une certaine sincérité et surtout du réalisme. L'image, comme le réalisateur a l'habitude, est parfaite tout comme la réalisation. Bien sûr il faut un certain temps pour s'habituer , mais cela apporte un vrai plus à l'histoire. Cela amène une ambiance plus angoissante, en plus de toutes ces scènes en grotte. Il manque à cette ambiance, le son je trouve. Certes les silences sont superbement gérés, cependant, il me manque la force des explosions et des coups de feu pour y être à 100%, le rythme mérite aussi parfois d'être revu à la hausse. Bref, il vaut largement la peine d'être vu.
J'ai aimé que le réalisateur me plonge dans la guerre sur cette petite île isolée du Japon où rien ne pousse. J'ai aimé le début sur ce sable noir. Le général m'a paru décalé, à rire tout le temps, alors que les hommes manquent de tout. J'ai été étonnée que l'armée du Japon ai permis le sepuku, faisant mourir inutilement des hommes. La fin, sur "la guerre s'est pas bien" très moralisateur américain m'a faite sourire. Une réalisation léchée, des dialogues rares et précieux, une bande son réaliste.
Pour la première fois dans l'histoire du cinéma (il me semble), un réalisateur traite une guerre des deux points de vue, ici le coté japonais. Je trouve ce film meilleur que son prédécesseur "Mémoires de nos Pères", Les personnages étant plus attachant, leurs histoires est racontée par des lettres en voix off. Les scènes sont violentes, mais fidèle à la réalité et Clint Eastwood nous traite cette guerre avec beaucoup d'émotion. Un nouveau grand film de Mister Clint !
6 233 abonnés
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1,5
Publiée le 14 mars 2021
Sans trop en dire sur l'histoire c'est juste un autre film de guerre qui ne dit rien de nouveau. Sans toutes les nouvelles tactiques que les Japonais ont utilisé là-bas et presque sans expliquer l'influence de la bataille et son importance. Il essaie juste d'être un bon film en montrant que tous les soldats japonais n'étaient pas des animaux mais c'est déjà connu car beaucoup de films ont été faits à ce sujet. Dans l'ensemble Lettres d'Iwo Jima est long fastidieux et ennuyeux. C'était un film qui vous faisait vraiment compatir avec les marins japonais en vous vous assénant de fausses émotions. Ce film a même réussi à faire tuer les protagonistes Américains à la fin et à vous faire vous sentir désolé pour eux. Voila c'est ca sa seule réussite mais pour le reste c'est un film de guerre banal et même ennuyeux...
Les amateurs du genre vont adorer ce deuxième film sur la bataille d'Iwo Jima filmé par Clint Eastwood. Il dénonce l'absurdité de la guerre et le code d'honneur suicidaire des soldats nippons. Entre superbes scènes d'action et d'introspection, le cinéaste peint un tableau sanglant ou l'amour de la patrie passe avant tout.
La grande qualité de ce film repose à la fois sur la parfaite maîtrise technique de sa réalisation mais aussi parce qu’il s’agit du pendant de l’autre long-métrage sur la bataille d'Iwo Jima de Clint Eastwood (« Mémoires de nos pères » sorti également en 2006) raconté cette fois-ci du côté japonais. Même si l’action est présente, elle laisse une grande place au traitement psychologique des personnages permettant de mieux saisir leur peur, leur doute et leur crainte notamment vis-à-vis du devoir d’obéissance à la Patrie. En clair, combattre jusqu’à la mort ou se suicider. Il faut noter la magnifique photographie qui comporte des filtres sombres permettant de mieux restituer l’ambiance sordide de la guerre. Bref, une œuvre de grande classe écartant toute forme de manichéisme.
La grande originalité du film est que l'on suit la bataille du côté japonais. Pour le reste, si la mise en scène est impeccable et les acteurs au niveau, l'histoire demeure assez classique et réserve peu de surprises quant au déroulement. Sans doute est ce le côté intimiste du film qui a plu aux critiques pourtant là aussi peu de surprises dans les personnages (où l'on retrouve le commandant exemplaire, les fanatiques, les lâches...). Un film de guerre très conventionnel donc et qui souffre de certaines longueurs.
Un très beau film de Clint Eastwood. Cette bataille est l'occasion de se mettre du côté des japonais, soldats prêt à tout pour leur pays et confronter le modernisme des directives d'un nouveau général aux traditions parfois archaïques des anciens. spoiler: J'ai eu peur que ces généraux ayant vécu en Amérique soient (encore) une ode à l'humanisme américain cette fois-ci dite par des japonais mais C.E. arrive à montrer la cruauté des américains également . On est dedans, pas d'idéalisme.
Un film à la critique amère, au point de vue intelligent et au message fort. Mais l'œuvre reste extrêmement longue, traînante, et extrêmement ennuyante. Le ton grisâtre de la photographie veut une prise de vue réelle, vivante, mais donne à l'œuvre un caractère morne, tristement humain. Ce film perd de son potentiel poétique en éclipsant le côté "Lettres" pour se concentrer sur le côté "Iwo Jima". Même les scènes de guerre perdent de leur aspect jouissif. On y mitraille sans joie. La thématique du suicide et de la mort honorable du soldat japonais traîne son fantôme quitte à en devenir risible. En clair, ce mélange donne une mièvrerie sanglante dont le but n'est que de projeter du sang pour faire pleurer le spectateur. Quoiqu'il en soit, Lettres d'Iwo Jima est une œuvre bien faite, à l'esthétique bien réalisée, mais dont l'histoire oscille constamment entre critique de la guerre et romantisme inachevé et inutile.
Lettres d'Iwo Jima est un magnifique contre-pied que Clint Eastwood fait à lui-même. Après avoir mis en scène Mémoires de nos Pères racontant la bataille d'Iwo Jima du point de vue des soldats américains ; le cinéaste réitère l'histoire, cette fois-ci à travers les yeux des soldats japonais (fait rarissime dans le cinéma outre-Atlantique). L'objectif est ambitieux mais réussi. Le film est sans manichéisme ni victimisation à l'égard des soldats japonais. Les scènes de guerre sont aussi convaincantes que dans Mémoires de nos Pères (confirmant que Clint Eastwood est à la hauteur d'un film de guerre) et savent alterner avec les scènes de discussions et de stratégies militaires. Le film a l'air (je n'ai pas vérifier en détail) d'être relativement sérieux quant à la question de la véracité historique (à l'exception de la relation conflictuelle entre le général Kuribayashi et le baron Nishi transformée en relation d'amitié). Ken Wanatabe est impeccable dans le rôle principal. Le reste de la distribution (je ne connais malheureusement pas leur nom) joue très convenablement. Rien à dire, le film est impeccable.
Deuxième partie du dyptique sur la guerre du Pacifique, "Lettres d'Iwo Jima" est une belle reconstruction historique prenant cette fois-ci le point de vue des Japonais. Un réalisme poignant, des acteurs justes et un filtre de couleurs aux teintes tristes pour une oeuvre réussie.
Un très bon film réaliste qui retrace les derniers jours de soldats nippons sur l’île d'Iwo Jima et surtout leurs conditions de vie déplorables (pas de ravitaillement, dysenterie, pas de soutien de l'aviation etc...). La plupart des soldats sont fanatisés par l'idéologie nationaliste (notamment les officiers) et appliquent à la lettre le bushido (courage, honneur etc...) et d'autres (une minorité) comme Saigo (un jeune père de famille qui a été mobilisé dans l'armée sans avoir jamais connu son enfant) sont plutôt favorables à une reddition ou à une désertion pour rester en vie face à des troupes américaines bénéficiant d'une supériorité écrasante. Un très bon film de guerre.
Sans être le chef-d’œuvre que la critique porte aux nues, « Lettres d’Iwo Jima » est un film magnifique qui témoigne de l’absurdité de la guerre et de l’état d’esprit de ces soldats nippons, prêts à mourir pour l’honneur de la mère Patrie durant la seconde guerre mondiale. Cette histoire nous est décrite sans concession et avec intelligence, cette fois-ci, du côté japonais avec des scènes d’action et de bravoure magnifiées par la réalisation, la photographie et des effets tant visuels que sonores. Les scènes sont dures et réalistes, Clint Eastwood nous transmet une charge émotionnelle exceptionnelle liée à l’horreur de ce pan de l’histoire méconnu, avec ces derniers relents d’humanité. Le tout renvoie de cette bataille l’écho de son absurdité dans un long métrage qui ne laisse pas indifférent.
Alors que le film retrace du point de vue nippon la bataille d’Iwo Jima qui eut lieu au début de l’année 1944, les premières images se situent en 2005. Et pour cause ! Des archéologues japonais ont découvert de nombreuses lettres. Promues comme véritable mémoire de la bataille qui infligea les plus lourdes pertes infligées à la Marine américaine, ces lettres furent répertoriées dans un livre attribué au général Kuribayashi. La nouvelle vint aux oreilles de Clint Eastwood, qui s’empressa aussitôt de porter à l’écran cette bataille sanglante sous forme de double projet : d’abord du point de vue américain, ensuite depuis le côté japonais. Personnellement, il me reste à découvrir "Mémoires de nos pères", m’empêchant de comparer les deux œuvres. En revanche, ce que je puis dire de "Lettres d’Iwo Jima", c’est que ce long métrage est certes un film de guerre, mais pas seulement. Le drame est le genre qui est venu prendre une place non négligeable pour se tailler la part du gâteau de façon équitable. On connait ce cher Clint pour sa capacité à explorer et décrire la psychologie humaine. Il le prouve encore une fois ici, bien que je trouve qu’il manque ce petit quelque chose d’indéfinissable pour donner la pleine puissance à son récit. Ce que je veux dire par là, c’est que je n’ai pas trouvé Saigo (Kazunari Ninomiya) aussi attachant que ça. Sans doute est-ce dû à son côté plus ou moins pleutre provoqué par une promesse quelque peu hasardeuse… j’en sais rien. Pour autant, "Lettres d’Iwo Jima" est un très bel hommage aux hommes qui sont tombés pour leur patrie, et c’est en toute logique que la caméra s’attarde sur la stèle qui a été dressée sur l’île. Ainsi, le spectateur se verra parachuté 61 ans plus tôt, pour finalement y rester durant la quasi-intégralité du film, "Lettres d’Iwo Jima" n’étant rien d’autre qu’un immense flashback si on excepte les deux premières minutes du début, les deux dernières et… le générique de fin. Encore que le cinéaste s’est offert le luxe d’intégrer des flashbacks dans le flashback, procédé plutôt rare dans le septième art. Mais cela a permis de développer encore un peu plus la psychologie des personnages, en particulier celle du général. Placé devant son écran, le spectateur sent que le réalisateur voue une certaine admiration pour ce haut gradé. De même que pour l’indéfectible volonté des soldats japonais. A moins que ce ne soit du profond respect. Mais est-ce que ça ne revient pas plus ou moins à la même chose ? En tout cas il me parait difficile que le spectateur ne ressente pas le respect envers ces soldats qui ont tout donné devant une cause visiblement perdue d’avance à la vue des moyens humains et matériels considérables développés par la bannière étoilée. Il ressort alors un vrai souci de réalisme dans la reconstitution : les costumes, les décors, les accessoires, mais aussi pour cette si particulière façon d’appréhender les choses propre aux japonais. Une belle façon de porter aux nues cette capacité à ne rien lâcher, à rester fier, à l’esprit de sacrifice. Mais aussi une belle façon de replacer les choses, comme le fait que les méchants ne sont pas forcément ceux qu'on croit. Pas le meilleur film de Clint Eastwood selon moi, mais en tout cas un des meilleurs films de guerre donné depuis le point de vue japonais.