Jane a eu le malheur d'ingurgiter des space cakes. Jane est stone. Jane a une audition, doit du fric à son dealer sous peine de perdre son lit à 999$, Jane doit refaire des space cakes avant que son colocataire nickeur de cranes avec des bougies autour ne s'en aperçoive, et enfin, Jane doit se contrôler de A à Z. Malheureusement, et à commencer par le point Z, on comprend vite que Jane ne sera pas dans un état tout à fait normal durant tout le long du 'voyage' (parce que l'on y bouge, dans l'espace!). Il faut reconnaître au moins une qualité au film : il ne ressemble à aucun autre. Ce qui ne pourra que réjouir, Araki enchaînant sur un tempo endiablé des séquences absurdes et souvent sans rapport, agrémentées d'effets de caméra déjantés et d'un visage stone à faire bad-triper un mort. Ce visage, c'est Anna Faris, l'insupportable neuneu de la série "Scary movie", qui ici s'affiche dans un rôle proche de la prestation, yeux qui tournent et positions louches en guise de preuves. Et contrairement à ce que beaucoup en disent, "Smiley face" n'a pas besoin d'être visionné sous l'effet de substances illicites pour être apprécier. Il suffit juste d'élargir son esprit durant 1h20, prendre la farce comme une grosse tarte à la crème inutile mais qui fait du bien. Car en plus de faire une oeuvre unique en son genre, Araki signe un film d'une belle maîtrise ; sa mise en scène tient la route jusqu'au bout, avec des colorations, une musique et des effets pop superbes, et le concept du film dans la peau d'une droguée totale ne lâche pas d'un cran. Tout est au même niveau, autrement dit, soit tout est intégralement savoureux, soit tout est complètement désastreux, consternant. Tout dépend de l'état d'esprit dans lequel on part. Mais il faut reconnaître que la vacuité du scénario risque de faire mal, et que l'interêt minimal que représente le film risque de bloquer pour aller voir plus loin. Il est clair que l'on est loin de "Mysterious skin", mais "Smiley face" se revendique comme un