Les racines du genre... le budget dérisoire le fait plutôt ressembler à une production des années 50, mais il faut reconnaître à Romero un sens du timing et des personnages qui fait de ce film plus qu'une simple enfilade de moments horrifiques, comme tant de ses lointains rejetons. Les acteurs sont à fond dans leur rôle, les effets visuels (accentués par le recours au noir et blanc) font largement le job, et le film ne manque pas de réserver quelques moments de cruelle ironie qui renforce son climat angoissant.
Au début des années 1960, une bande d'amis créent une société de production qui enfantera en 1968 "La Nuit des morts-vivants". Le succès énorme rencontré par le film à sa sortie en fait certainement l'un des plus rentables de l'histoire du cinéma indépendant, ce qui est d'autant plus rageant quand on sait que George Romero ne pût jamais en profiter pour de sombres raisons liées au copyright. Plus qu'un simple film de zombies, "La Nuit des morts-vivants" est surtout un puissant film politique, autre versant indissociable de la filmographie de Romero. S'il est difficile d'en faire le tour complet, disons toutefois que celui-ci semble graviter entièrement autour de la figure de Ben, pivot de cette saillie d'intelligence et de virtuosité.
En 1968, George A. Romero réalise le premier volet de la Saga des zombies. Tourné avec un petit budget, ce long-métrage met en scène une poignée d’individus retranchés dans une maison pour se protéger de l’attaque de morts-vivants. Bien plus qu’un film d’horreur (les effets spéciaux sont d’ailleurs insignifiants), il s’agit surtout d’une lecture des comportements humains face à un danger. Entre le courage, la solidarité et l’égoïsme pur et dur, les réactions sont variées. Si certains y voient une métaphore de la guerre du Viêt Nam, c’est surtout le choix d’un héros afro-américain, qui dans le contexte de l’époque où la discrimination raciale était encore très marquée, constitue un choix provocateur. Le tons sombre du récit ne laisse place à aucune lueur d’espoir pour le devenir de notre humanité. Bref, un classique incontournable du genre.
Film culte du cinéma underground, sans doute bricolé avec les moyens du bord, "La nuit des morts-vivants" institue un genre gore qui aura sa mode et ses codes, et que George Romero lui-même cultivera au fil du temps avec peut-être davantage d'efficacité en termes d'horreur. Car, sur un plan dramatique, ce film-ci est plutôt faible. Indépendamment que les morts-vivants de Romero, livides, le corps plus ou moins rongé et la démarche titubante, ont pris un petit coup de vieux et ne sont pas -ou plus- réellement effrayants, le scénario est assez terne, peu imaginatif, dès lors qu'un groupe de personnages menacés par les zombies cannibales se trouve barricadé dans une maison isolée. Dans un noir et blanc cafardeux évoquant bien le cauchemar, l'unité de lieu limite l'action à une relation de groupe commune et d'autant plus artificielle que la menace des assaillants n'est pas véritablement angoissante, se fait même parfois oublier. La direction d'acteurs, principalement celle des cadavres ambulants, n'est pas sans maladresse. Je retiendrai, en particulier, du sujet singulier de Romero, en dépit de ses imperfections, la sécheresse de la mise en scène et les cadrages inquiétants instaurant de réelles sensations morbides.
Difficile de croire que ce film soit devenu culte ! Personellement je n'ai pas eu peur une seule seconde alors que je suis encore novice dans le genre film d'horreur ! Je n'ai aucun préjugé par rapport à ce genre , mlias tous les éléments qui sont en général parodiés sont présents ici ! reste une ambiance huis-clos plutôt réussie quoique très prévisible ... le scénario est bien trop peu travaillé , ultra prévisible , et la soi-disante morale sur les problèmes de l'époque est quasi-inexistante . Pour ne rien gacher , les acteurs n'ont aucun charisme . L'actrice principale se contente de crier et courir pendant une heure et demie , ça devient vite lassant ! La bande-son est certes réussie mais en aucun cas ne crée un climat d'angoisse ! On est loin de Bernard Hermann ... voilà "night of the living dead" ne fait pas peur mais ennuie . Bien sûr ce n'est pas une parodie non plus , mais voilà un film qui a énormément vieilli ...
Je me souviens la vive émotion qu'était la mienne à la vue d'Une Journée Particulière lors de l'hommage rendu à Ettore Scola, je découvrais son film au moment même de sa mort et je m'en suis trouver totalement bouleversé ! La situation se répète puisque c'est avec la diffusion ce soir sur Arte de La Nuit des Morts Vivants que je découvre le cinéma de Georges A. Romero. Le film est considéré par beaucoup comme le précurseur du film de zombie, sa réputation est loin d’être usurpé tant cet création est innovante pour l'époque et tristement d'actualité encore aujourd'hui ...
Je publie ma critique à temps, pour clôturer le mois de la disparition du réalisateur qui restera à jamais le père fondateur du film de zombies (même s'il n'aimais pas le terme, on le retrouve d'ailleurs à aucun moment dans la nuit des morts-vivants) George A. Romero, et ce grâce à cet essai artisanal de la fin des années 70, devenu culte pour plusieurs raisons. La première c'est que c'est le premier, et même si aujourd'hui considéré comme un sous-genre du film d'épouvante bien ancré et incontournable, je vous laisse imaginer la tête des spectateurs devant cette fiction sordide, ou des morts-vivants sortent de leur tombes pour devorer les vivants qui à leur tour développaient le même comportement pour la première fois. Ce style de contamination par les contaminés passionne le 7ème art depuis, qui n'a eu de cesse de reprendre l'idée. Mais à la base voilà, ça donnait ça. Par contre attention quand je dis que c'était le premier, on parle bien évidemment de cinéma, car côté littérature si on connait Matheson (et franchement à lire c'est facile et indémodable, unique, fabuleux et... Franchement flippant), on comprend que ce genre de film lui doit beaucoup (d'ailleurs il se dit que c'est une adaptation non officielle de Je suis une Légende. Si c'est le cas en tous cas elle est mieux réussie que l'officielle avec Will Smith...). Aujourd'hui il est à découvrir pour ce qu'il est, même si l'on s'étonnera que les effets spéciaux développés de façon si artisanale fonctionne encore aussi bien. Mais ça reste un film de genre d'un autre temps. Aucun des acteurs n'a fait carrière depuis. La portée finale est assez intéressante, sujette à débat (ce n'est pas pour rien si la guerre du Vietnam qui je cite envoyait des soldats americains à la morgue fait toujours association d'idées). Les prémisses d'un genre que je n'affectionne pas particulièrement, car le cinéma a eu tendance à le décerveler. Mais ce n'était pas vraiment le cas ici... S'il y a bien quelqu'un à qui l'on souhaite de bien "reposer" en paix... Bouh !
Le pionnier du film de Zombie et d'un style particulier, La nuit des morts vivants est un film culte encore aujourd'hui ! D'une mise en scène assez flippante malgré son âge, et des personnages bien développés, ce film fait partie des meilleurs films d'horreurs et des plus iconiques. Sa fin symbolise son message et la puissance de son histoire, avec une musique malaisante !
Le seul culte qui reste à ce film est qu'il est le premier véritable film de zombies ! Pour le reste, c'est particulièrement lent, sans rythme et mal joué. C'est je pense juste un grand film du cinéma pour avoir été le premier film de Mort-vivant.
Un film qui a pas mal vieilli de nos jours mais dont on n'imagine l'impact énorme à sa sortie. En effet mettre un noir comme héros, montrez des actes de cannibalisme et revenir au noir et blanc (même si c'était pour des raisons de budget) ça faisait beaucoup en cette fin des années 60 où le conservatisme social laissait place à des vagues de révolte pour la liberté. Le film commence directement dans l'ambiance pour finir aussi abruptement, d'ailleurs c'est sans doute la fin la plus brutale du cinéma. Les acteurs sont méconnus (Duane Jones est mort jeune), il y a une ambiance incroyable dans ce film lié à la non explication des événements quoiqu'on exquisse une hypothese liée à la radioactivité. L'enfermement va faire exploser les tensions. Certes le film n'est pas exempt de défauts notemment une première demi heure assez mou du genou et les morts vivants ne sont pas vraiment effrayants pour les spectateurs que nous sommes aujourd'hui. De plus il faut avouer que les personnages meurent stupidement. Mais il faut vraiment se remettre dans le contexte de l'époque, c'est à dire que Romero voulait lui aussi se révolter, montrer que le vrai mal provient des tensions entre les hommes (entre le blanc et le noir dans le film) et que cette guerre est synonyme de destruction de l'humanité. La critique est ici politique. On peut y voir d'autres analyses et c'est en ça que le film est intéressant. Tout comme le fait d'avoir proposé beaucoup de plans où les personnages écoutent la radio et la télévision et que nous sommes comme eux surpris de ce qui se passe à l'extérieur dans le monde. Inspiré par Matheson, Romero a fait de The Night of the Living Dead un premier film qui connaira un succès mondial alors qu personne ne voulait le produire au départ. Pas mal joué.
La nuit des morts vivants est clairement le premier film de zombie (reconnu?) de l'histoire du cinéma. Le film est passionnant grâce à son ambiance oppressante à souhait. Sa scène d'ouverture est particulièrement réussi grâce à la terreur instauré d'emblée. Les scènes dans la maison (pratiquement tout le film) sont impressionnantes, et permettent la découverte de personnages au compte-goutte, permettant de les découvrir au fur et à mesure. La fin est originale, elle peut effrayer mais elle peut également surprendre, pourquoi pas de manière amusante.
Un film émouvant et particulièrement immersif, où l'atmosphère compte plus que le reste. Cultissime, cet opus de Romero fait figure de référence et aurait posé les bases du genre. Il est vrai qu'en regardant la nuit des morts-vivants, on ne peut que saluer l’œuvre du maître : une bande originale glaçante, un son exceptionnel, une situation inextricable... tout est là pour une bonne tranche de terreur. La mise en scène est habile et efficace et immerge totalement le spectateur, piégé comme les héros. Tout cela est délicieusement cheap et lubrique et, même s'il ne se passe pas grand chose tout au long du film, l'atmosphère est là, et la bande son finira de convaincre les plus réticents. Il faut enfin le souligner, le dénouement, un vrai choc, est exceptionnel...
En 68 Romero jetait les bases du genres et ne cessera d'inspirer ceux qui prendront sa suite. La nuit des morts-vivants n'est pas un film d'épouvante, mais un film sur les hommes. Romero interroge la nature humaine en la confrontant à un phénomène nouveau et improbable, et filme avec un malin plaisir et un sens de la mise en scène inouïe les hommes se confrontaient à eux-mêmes alors que le danger rôde plus loin. L'homme crée sa propre perte et le réalisateur nous le montre habilement. La Nuit des morts-vivants n'est pas un film spectaculaire à proprement parler, pourtant ce qu'il contient en lui est d'une force inouïe.
Ce film a maintenant plusieurs décennies et il doit grandement sa renommé au fait qu'il a été le précurseur, le premier réel film de zombie. C'est celui qui a posé les codes du genres et qui a su imposer un genre de film à part dans la catégorie des films des f'horreur. A ce titre, il peut donc être considéré comme un classique. Je pense que pour pouvoir avoir un jugement objectif sur ce film, il faut prendre en compte l'époque où il est sorti. Il devait être terrifiant à l'époque surtout pour les scènes où les morts vivants "mange". Par contre, c'est certain que l'on a vu bien mieux depuis même de Romero. Par exemple "zombie" est déjà bien meilleur. En effet, dans la nuit des morts vivants, j'ai trouvé qu'il y avait énormément de longueur pendant la première moitié du film malgré un début tambour battant. Si non, l'histoire est bien menée et dévoile le "pourquoi" petit à petit. Enfin, durant la deuxième moitié, il y a pas mal de tension. Un classique à voir au moins une fois.
Un bon film! Georges Andrew Romero avec ce film a créé un genre à part entière, le film de zombies. Au delà, il livre une critique sociale dans un contexte politique tendu (1968 : mai 68 en France, JO de Mexico avec les athlètes qui brandissent des gants noirs, assassinat de Marthe Luther King en avril 68 etc.). En effet, à travers un film de zombies, Romero critique le racisme, la nature humaine, la bêtise humaine etc. Il offre le premier rôle du film à un acteur noir pendant cette période politique troublée ou les personnes noires sont victimes de discrimination aux USA. La nature humaine est finement analysée avec des personnages tous différents (le héros, le lâche, la fille qui a été mordue par un zombie, la fille qui crie, le courageux etc.) qui se retrouvent en huis-clos dans un même endroit et qui n'auraient jamais du être ensemble : au final, la situation devient explosive et tout dérape ... La bêtise humaine, c'est celle du shérif et les volontaires qui font une "battue" pour tuer ces zombies et qui sans sommations vont tuer le héros du film : un comble quand on sait que ce même personnage a réussi à survivre aux zombies, il se fait tuer par un chasseur débile et trop sur de lui ... Le réalisateur lance une critique aussi du nucléaire et de la bombe atomique (contexte de guerre froide aussi) avec cette spoiler: histoire de radiations qui affectent les zombies disent les journalistes à la TV dans le film. La TV et la radio qui jouent un rôle important toujours dans la survie et la mise en place de l'atmosphère, car ce film c'est une aussi une atmosphère oppressante et cynique quant au déroulement de la situation. Avec un petit budget (114 000 dollars), ce film indépendant réussit le pari de faire une oeuvre sociale à travers un film de zombies et engrange 5 millions de dollars de recettes, l'un des films indépendants les plus rentables de l'histoire du cinéma. Alors certes, le film a beaucoup vieilli, les scènes d'horreur ne sont pas très choquantes, les acteurs ne sont pas très bons, le maquillage est sommaire, l'action n'est pas extraordinaire et la musique n'est pas très bien choisie, elle a aussi mal vieillie mais Romero a lancé un genre, il a infligé une critique sociale sévère et ce film est le début d'une longue série avec notamment Zombie (1978) encore plus puissant que cet opus à mon humble avis. Une oeuvre culte à voir au moins pour le côté culturel du cinéma.