Le titre fait allusion à Ram (Khaled El Nabawy, 28 ans), 23 ans, fils d’Adam (Michel Piccoli, 69 ans) veuf, car il s’agit d’une transposition (probablement pour éviter, en vain, la censure) de Joseph, fils de Jacob, personnages de la Bible et du Coran).
Il y a 3 000 ans, Ram est enlevé par ses nombreux frères, jaloux et égoïstes, qui l’expédient, à son insu, dans un bateau pour l’Egypte. Cela correspond, néanmoins, à son souhait, de vouloir apprendre la science égyptienne. Progressivement, il monte en grade (en commençant par apprendre l’embaumement) et devient proche du pouvoir [la grande prêtresse Simihit, l’eunuque, et le pharaon Amenhotep IV = Akhenaton, de la XVIIIe dynastie (1550-1292 avant J-C)].
Youssef Chahine a mis les moyens dans la reconstitution, un peu kitsch, de l’Egypte ancienne (décors et costumes) mais le film est trop long (2h09) avec un scénario hybride entre le roman-photo et le soap-opera. Il est parfois grotesque :
attaque du troupeau de moutons de la tribu de Ram par des loups (ce qui situe l’histoire en péninsule arabique), hors-champ et floue, barbe postiche de Michel Piccoli en patriarche, blé qui pousse après semis à la volée sous la pluie, découverte d’une chute d’eau en plein désert et alimentant un aqueduc, etc
. Etonnement, la vision de l’Egypte des pharaons par les studios d’Hollywood [« L’Égyptien » (1954) de Michael Curtiz, « La terre des pharaons » (1955) d’Howard Hawks ou « Les dix commandements » (1956) de Cecil B. de Mille] parait plus réaliste. Le seul sujet intéressant (mais minoritaire) est l’avènement d’Amenhotep IV (dont l’épouse est Nefertiti), se renommant Akhénaton, qui bouleversa l’ordre établi avec le culte d’Aton qui remplaça Amon et la création de sa nouvelle capitale, Thèbes.