Marie, jeune fille introvertie, s’éprend d’amitié pour Floriane, aussi bien détestée qu’enviée auprès des autres jeunes filles de son âge. C’est dans le secret des vestiaires de la piscine municipale que leurs destins vont se croiser et faire naitre le désir…
Deux mois seulement après le premier long-métrage de Lola Doillon (Et toi, t'es sur qui ? - 2007), c’est au tour de Céline Sciamma (Tomboy - 2011) de réaliser elle-aussi son premier long-métrage. Leurs points communs ? Ils ont été tous les deux présentés lors du 60ème Festival de Cannes, dans la section Un Certain Regard et tous les deux abordent pour thème principal l’adolescence (à travers la découverte du corps et l’apprentissage de la sexualité).
Avec Naissance des pieuvres (2007), la réalisatrice (de 27ans) dresse le portrait de trois jeunes filles en pleine adolescence. Marie (Pauline Acquart) l’observatrice boudeuse, Anne (Louise Blachère) la bonne copine rondelette & Floriane (Adèle Haenel) la nageuse aguicheuse. Toutes les trois cherchent l’amour avec un grand A, attendent leur première fois avec impatience ou se cherchent tout simplement une bonne copine.
Céline Sciamma nous entraîne dans leurs aventures, au grès de plusieurs passages mélancoliques, touchants ou rêveurs, comme la scène qui se passe dans une piscine municipale où a lieu un spectacle de natation synchronisée.
Un premier film qui en dit long sur les talents de cette cinéaste en herbe. Céline Sciamma parvient avec beaucoup de sincérité et de sensibilité, à mettre en lumière les premiers émois adolescents, le tout, empreint d’une B.O électrique et envoûtante, que l’on doit à Jean-Baptiste de Laubier (Para One).
Pour moi le meilleur film français de l'année pour le moment. Je dirais même que c'est un gâchis de le sortir maintenant.
On est subjugué par cette histoire d'adolescentes...deux jeunes actrices que l'ont devraient revoir à l'avenir et qui ne manquent pas de charisme. Une réalisation trés réussie tant le thème (adolecence) peut facilement conduire à la redite ou à la niaiserie. Un film que j'ai trouvé personnellement trés émouvant et qui ressort du lot je pense par rapport à la quantité de films ingurgités cette année.
Marie pleure, enrage, souffre d’amour en gros plan. Voilà l’image à retenir de Naissance des pieuvres, une image forte, juste, vécue. Pour le reste, l’ensemble est un peu trop long et fouillis pour convaincre totalement.
Voilà un premier film tout à fait prodigieux de la part d'une jeune fille au talent très prometteur. Grâce à une mise en scène élégante, précise et soyeuse, elle nous décrit avec précision les tourments d'une adolescente qui se découvre lesbienne. Pourtant, sans jamais sembler souffrir de sa "différence", la jeune fille est simplement raide dingue amoureuse d'une copine. Voilà pourquoi n'importe quelle personne ayant souffert le martyr par amour peut se reconnaître dans cette histoire qui évolue finalement très peu, mais dans laquelle on se laisse porter. Totalement convaincu par le talent des trois jeunes actrices - toutes formidables et qui nous évoquent Elodie Bouchez ou encore Charlotte Gainsbourg, deux belles références en matière de tourments adolescents - on se laisse aussi bercer par la musique planante et désespérante de Para One, de l'électro version douce (influencée par Air). Au final, on sort séduit par ce premier essai pas totalement abouti mais que l'on a furieusement envie de soutenir.
Le scénario est une construction géométrique, basée sur un quatuor de personnages, trois filles et un garçon, ce dernier n’étant qu’une silhouette, pratiquement théorique. Chacun est en rapport avec deux autres, faisant naître, exister et briser des triangles amoureux ou des couples : tout est possible et pourtant tout est compliqué. Trois jeunes filles de quinze ans aux prises avec le désir, la séduction, le regard des autres, ça ne peut pas être simple. L’absence totale des adultes, des parents, fait penser aux films de Larry Clark et à d’autres productions du cinéma indépendant américain, mais là où ces derniers mettent en scène des adolescents et leurs malaises pour mieux parler de la société américaine dans son ensemble, Céline Sciamma et d’autres (on pense à Lola Doillon et son “et toi t’es sur qui”) ne s’expriment que sur la difficulté de vivre des adolescents, limitant donc leur regard et leurs ambitions. Ce scénario, géométrique, schématique, est formidablement riche de potentialités, avec trois personnages féminins totalement différents les uns des autres, évoluant dans un contexte de natation synchronisée, discipline exigeant une parfaite similitude des mouvements : on imagine les contrastes, les oppositions, toute une palette de saveurs... Mais hélas, la mise en scène reste complètement en deçà des promesses scénaristiques. Pas de sens du cadre, pas de rythme, pas de nuances dans la direction d’acteurs, les scènes s’enchaînent et ne parviennent à créer ni fascination, ni émotion. Adèle Haenel, remarquée dans “les diables” de Christophe Ruggia dans lequel elle était mystérieuse, imprévisible, inventive, est ici monolithique, belle mais sans véritable charme. Au final, une belle idée, mais noyée sous le schématisme, manquant de corps, de sincérité.
Première oeuvre touchante nous laissant entrevoir une tranche de vie hypra réaliste. Performance etonnante des deux jeunes actrices qui subliment mystérieusement la pellicule.
J’ai été fasciné par ces pieuvres… Le titre est superbe et évocateur, le sujet est traité avec retenue et pudeur (c’est rare dans les films sur l’adolescence, où la surenchère dans la vulgarité est plutôt la règle), et les actrices (parce que les acteurs sont volontairement cantonnés dans des rôles d’éternels obsédés) sont impressionnantes : L. Blachère a de faux airs de Madonna et le charme irrésistible de Scarlett Johansson, la jeune P. Acquart est troublante et A. Haenel, avec ses airs naïfs et désespérés, a un charme fou. Bravo à la jeune cinéaste pour ce premier film très prometteur.
Naissance des Pieuvres est un film très touchant, qui fait preuve de sincérité et de conviction, mais effectivement, sa portée est trop limitée. Ca fait un peu trop exercice de style, surtout vers la fin, joliment visuelle mais vide, qui ne résoud presque rien (le symbole de l'eau qui 'nettoie' est même un peu lourd). Le fait d'avoir complètement concentré son regard sur les trois filles, abandonnant tout regard sur les origines sociales et familiales, rend le film froid par moments, le vide de toute portée sociale pour en faire une allégorie. Cette démarche, plutôt classique au final dans le cinéma français, rappelle assez le cinéma des Dardenne ou de Bruno Dumont (en mieux toutefois, moins misérabiliste et plus attachant). Les trois jeunes comédiennes s'en sortent toutefois sans heurts, et arrivent à donner des interprétations convaincantes sur des rôles au final peu écrits, limités. On est assez loin, aussi bien dans le fond que la forme, du magnifique Fucking Amal, qui accordait autant d'importance au regard des autres, la dureté des collégiens, période souvent cauchemardesque faite de brimades envers tous ceux qui sont 'différents' et la volonté de ces derniers de se 'couler dans le moule' afin d'être reconnus. Et le désarroi des parents face à une telle situation. Naissance des Pieuvres manque de tout ça, tout comme il aurait dû développer le rôle de François, plus subtil qu'à l'accoutumée : ce beau gosse semble au final plus fantasmer sur le corps nu vu fugacemment d'Anne (d'ailleurs pas si grosse que ça : elle a à peine du bide ! Ca me tue qu'on l'appelle la grosse) que sur la belle et glaciale Floriane, dont le regard vide et calculateur fait froid dans le dos. A trop vouloir démontrer les tourments de l'adolescence et à exclure le monde autour des filles, Naissance des Pieuvres devient un film vide, mais remarquable néanmoins.
Je me suis rendu au cinéma avec un très mauvais a priori concernant ce film. En effet, les films sur l'adolescence sont la plupart du temps mal faits, remplis de stéréotypes et de facilités, ce qui est dû à un acharnement de la part des réalisateurs(trices) sur un sujet qu'ils ne connaissent pas. Ici, mis à part le premier quart d'heure un peu faible, tout est traité avec une gravité et un détachement inédit. Au lieu de privilégier l'absence de sentiments exacerbée par la parole comme dans le mauvais "Et toi t'es sur qui?" de Lola Doillon, la réalisatrice a préférer mettre en scène les silences, les attentes, les frustrations en les montrant d'une manière visuelle avant tout. D'où une mise en scène évidente mais jolie, où les corps sont montrés parfois dans leur plus simple appareil (voir la scène du vestiaire). Les actrices se frôlent, se méprisent, s'aiment en silence. Mais tout cela n'est que suggéré, ce qui explique la retenue et la lenteur de la réalisation. Céline Sciamma fait preuve d'une pudeur hors du commun pour montrer un méli-mélo de sentiments naïfs mais bien réels. D'ailleurs, en observant bien, l'on peut voir que seuls les relations entre filles sont vraies, les autres (hétérosexuelles) n'étant que des illusions où des jeux sans profondeur. De plus, l'homosexualité est ici mise en scène de manière touchante et contrairement à la plupart des films traitant ce sujet. Voici donc un premier film tout en finesse et hors du commun. Un film pudique qui prend son temps. Bref, une jolie histoire d'amour qui sort des sentiers battus par le genre.
Film beaucoup trop introspectif,trop lent et surtout scénario trop mince!!!beaucoup de bruit pour pas grand chose au final!pour moi , l'adolescence ce n'est pas QUE des regards et des non-dits...c'est assez réducteur!!!heureusement qu'il y'a quelques moments forts OU drôles (et les actrices!) pour sauver l'univers du film!
Assez irrégulier, mais le résultat d’ensemble est vraiment de haute facture, tellement beau, grâce à une qualité d’image excellente, une atmosphère envoûtante, une bande son magnifique, c’est un film à voir, vous passerez un très bon moment.
"Un virgin suicides à la cergy pontoise", c'est un peu la réflexion inspirée que nous tirerait naissance des pieuvres tant le thème, la musique et les personnages nous rappelent le premier film de sofia coppola.
Les personnages attachants, et leurs balbutiements de vie nous ramènent à notre parcours adolescent. Beaucoup de scènes semblent tirées du vécu personnel de beaucoup.
Néanmoins on regrettera que le film ne soit pas assez enlevé et rythmé, et qu'il s'adresse peut être avant tout à un public féminin.
En tant qu'homme, j'étais touché mais j'en attendais plus.
Il est dès le départ important de signaler que le film respire l'exercice de style. Même si elle s'en défend Céline Sciamma souffre de l'influence pop adolescente qu'elle insuffle à son film, autant que de certains partis pris limites intellos pour lesquels elle opte... comme le choix de personnages bien trop stéréotypés. Pourtant, Naissance des Pieuvres n'a pas que des défauts. Certes le sujet a déjà été visité maintes et maintes fois, certes certains passages semblent tout droit sortis d'un Virgin Suicides décoloré, mais le film, porté par trois actrices quasiment débutantes et par une réalisation parfois inspirée, reste malgré tout assez agréable à suivre. Céline Sciamma ne se casse jamais la figure, même si elle titube parfois dans sa réalisation comme dans la majorité des scènes de natation synchronisée ou dans l'étouffement et l'isolement extrême dans lequel elle enferme ses personnages. Naissance des Pieuvres se sort somme toute plutôt bien de ses démêlés affectifs, grâce notamment à une fin juste et cohérente et au choix pertinent de la réalisatrice de ne pas nous dépeindre l'adolescence comme une période cliché de souffrance pathétique, la souffrance étant ici dans l'inassouvi plus que dans la douleur visible. On saluera également l'attention portée aux détails et la motivation de départ du film, qui se voulait un hymne intemporel à la naissance du désir. Sur ce point, Céline Sciamma a presque tout juste, si ce n'est qu'à trop vouloir filmer le monde féminin, elle en oublie d'aller au plus intime. C'est là tout le coeur du problème. Naissance des pieuvres se veut un film en dents de scie, très inégal et brouillon auquel il manque un peu de maturité, autant dans certains aspects de l'écriture que dans la réalisation. Un long donc poussé par des forces contradictoires : à la fois fin et maladroit, prétentieux et sans prétentions, original et déjà vu ... Prometteur pour cette réalisatrice en herbe, pour peu qu'elle laisse faire le temps.