Interstellar: le titre, l'affiche, la bande-annonce, aucuns d'entre eux ne nous a trompés. Ils semblaient montrer l'Homme qui "levant les yeux vers le ciel se demande quelle est sa place dans l'univers." Et c'est exactement le sujet du film. Il répond précisément aux questions et aux espérances qu'il a soulevées.
Si ambition est le mot le plus adapté pour qualifier le film, c'est aussi le plus apte à en résumer l'histoire.
Une ambition, un rêve, un espoir, que nous avons oublié ou auquel nous avons renoncé. Pourquoi avons-nous toujours rêvé d'explorer l'espace ? Sommes nous faits pour mourir sur Terre ? L'espace n'est-il pas trop vaste pour nous ?... Tant de questions que Nolan nous soumet, nous oblige à nous remémorer. Car tous sans exceptions, nous avons pris du plaisir à regarder les étoiles, "la tête dans les étoiles". A travers son voyage dans l'espace, c'est lui-même que l'Homme explore. Il ne s'explore d'ailleurs pas qu'à travers l'espace, le vide interstellaire, mais aussi grâce à l'intensité du film. Une intensité faite d'émotions exprimées par des personnages profonds et aussi complexes que chacun d'entre nous -des émotions aussi diverses qu'on peut en ressentir- mais aussi renforcée par l'emprise que le film, grâce à son scénario, à sa mise en scène, et surtout à une BO d'une qualité exceptionnelle, exerce sur nous.
De plus, pour renforcer tout cela, Nolan sait prendre son temps, comme on ne le voit plus assez depuis Leone ou Kubrick.
Parlons-en justement de Kubrick. En effet, impossible de ne pas reconnaître ici l'influence de 2001. Une influence que Nolan revendique par ailleurs. Qu'en est-il donc ? Pas de plagiat scénaristique ni de remake, ni de réappropriation d'idées ou quoi que ce soit de ce genre. L'influence ici, s'étend à la mise en scène, à l'ambition et au romantisme de l'oeuvre.
En rêvant, le temps passe plus vite, et c'est parce qu'Interstellar fait rêver que 2h50 de film paraissent si courtes.
Le film en lui-même est au moins excellent, et si vous n'êtes pas d'accord pour le noter mieux, rappelez-vous que c'est la première fois que vous ressentez ça au cinéma...
Avec Interstellar, Christopher Nolan montre qu'il peut changer de genre comme de chemise, mais il montre surtout qu'il faut désormais vraiment le compter comme partie intégrantes des grands du cinéma. Un nouveau maître est né.
J'ajouterai pour finir, que j'espère et ne doute pas vraiment qu'Interstellar vous fera comprendre (si ce n'est déjà le cas) ce qu'il y de passionnant dans la science-fiction.