Interstellar. Comme son petit frère Inception, imaginé par le même génie qu'est Jonathan Nolan, le film crée des vagues d'impatience et de questionnements avant même sa sortie. Il déploie pour le coup un arsenal médiatique dont les principales forces se trouvent en la personne de Matthew McConaughey, sortant tout juste d'une saison brillante avec le polar True Detective, et de Christopher Nolan, bien connu des cinéphiles pour avoir mis au goût du jour les aventures du Chevalier Noir de Gotham, Batman. Camouflé sous ses airs SF que tout rallient au chef d'oeuvre de Stanley Kubrick, se dresse alors un métrage d'une réussite spectaculaire, près de trois heures durant lesquelles, méthodiquement et artistiquement, le scénario construit et élabore un chef d'oeuvre inespéré. La qualité des effets spéciaux, que l'on couple à un jeu d'acteur qui accapare à la fois l’œil et l'esprit, seront rejointe par la pointe du triangle : une bande-sonore signée Hans Zimmer, intense et magique, brillante et inspirante, qui rendra un coup de pouce indescriptible à la mythologie époustouflante qui se décompose devant nous. Car le cinéma y trouve ici tout son intérêt : celui d'impliquer et d'aspirer son spectateur dans une anatomie sidérale, faisant passer Gravity, déjà spectaculaire, pour une simple représentation démunie de sens. Appelant des questionnements philosophico-scientifiques, à sa manière, Nolan établit une sorte de plan, tel un regard d'espoir et de fascination porté sur l'avenir, malgré le pessimisme incarné par la Terre même. Sans jamais tomber dans une oeuvre banale, l'ambiance sérieuse qui y règne n'a le temps de s'estomper que rarement, lors de dialogues néanmoins comiques dans leur style. Mais c'est avant tout la petitesse de l'Homme face aux éléments qui l'entourent et le bousculent, détenteur de soubresauts de stupeur, qui dessineront le portrait d'un métrage bien au-delà des autres. Seuls un ou deux faux raccord, à moins qu'ils ne jouent volontairement leur rôle d'élément perturbateur, ainsi qu'un antagoniste un peu banal, décrédibiliseront le film d'un grain de sable, sur cette plage propre et sereine, laissant espérer un bel avenir encore pour celui qui débuta avec l'incroyable Doddlebug.