Complètement alambiqué et tordu en terme de scénario. Certes le visuel du manga est plaisant et les personnages ont une certaine profondeur, mais alors le film part en situations rocambolesques et beaucoup trop sci-fi pour moi. Je n'ai pas accroché.
Inspiration assumée de Nolan pour Inception, cet animé traite du rêve dans ses diverses acceptions, du grenier inconscient au catalyseur de l'imagination en passant par le dessein existentiel et l'onirique cinématographique. A ces réflexions dont le regretté Satoshi Kon fournit une mise en images chamarrée, merveilleuse, fantastique, s'ajoutent un questionnement sur la force de l'imaginaire dans la vie quotidienne ainsi que la responsabilité des scientifiques face à leurs créations...et oui cela fait beaucoup (trop?) de sujets pour une seule intrigue qui se montre parfois confuse, brouillant la ligne entre songe et réel quitte à reléguer la psychologie des personnages au second plan, ne permettant ni d'être réellement inquiet pour les héros ni de ressentit une quelconque émotion lors de la prise de conscience sentimentale de Chiba (que rien ne laissait présager). Une enquête psychédélique dans les limbes de la cognition humaine.
Film déroutant, puissant, qui plonge dans le psychisme des rêves et ses interprétations. Inception lui doit beaucoup. Paradoxalement, le long métrage est même parfois trop généreux, à l'identité visuelle par moment excessive. Reste une expérience unique en son genre
Dessin animé japonais très surprenant par son scénario et certaines de ses scènes visuellement très imaginatives, "Paprika" est un spectacle étonnant et rafraîchissant, même si l'histoire n'est pas forcément simple à suivre.
Difficile de ne pas reconnaître le style de Satoshi Kon avec Paprika. Une nouvelle fois, le réalisateur complexifie son récit sans raison aucune en se servant des outils laissés par le cinéma - d'animation qui plus est -. Si le scénario de base est intéressant, difficile de ne pas voir que le cinéaste en a littéralement trop fait, dans tous les sens du terme. Il en ressort une intrigue qui se suit avec de plus en plus de déplaisir et qui, au final, énerve plus qu'elle intéresse. Il y a un véritable problème, celui de croire que le cinéma ne se résume qu'à ce genre de passe-passe.
Kon avait déjà placé la barre assez haut dans ses précédentes œuvres mais cette fois-ci il s'est surpassé avec Paprika pour signer l'un des plus grands films d'animation de tous les temps. Rarement on aura vu une œuvre aussi folle faisant la part belle à l'imaginaire débridé de son auteur élevant la fantasmagorie à un niveaux jamais égalé. On soulignera aussi la qualité de la bande originale qui ne fait que renforcer l'immersion dans cet univers iconoclaste. Aux dernière nouvelles, Hollywood chercherait à en faire une adaptation live et bien bon courage pour réussir à retranscrire ne serait que 10% de cet univers.
Décousu, une grosse tendance à l'horrifique et à la sensualité ; un film assez européen dans ses thématiques de mégalomanie, jalousie, psychoses et névroses de toute sorte au travers des rêves et manipulations mentales. tout parait joli et a une certaine cohérence mais souvent bien sombre et d'une sorte de manichéisme évident. spoiler: Le mal veut prendre le contrôle de tout grâce aux cauchemars associés à une technologie nouvelle, mais sera vaincu par le bien représenté par une forte sensualité féminine ; ceci étant le principe du film. Dans la forme c'est une création moderniste assez incompréhensible de bien des façons qui plait à beaucoup surtout par ses aspects décrivant des côtés humains malsains.
Paprika invite sans cesse le spectateur à s'émerveiller, à pleurer devant sa superbe. Un voyage qui ne laisse pas indifférent et assurément un chef d’œuvre dans le monde de l'animation japonaise.
J'ai beaucoup entendu parler de "Paprika" et en bien. Maintenant que je l'ai vu je suis beaucoup plus sceptique, alors que la scène d'introduction était mortelle et laissait présager le meilleur pour la suite. ça continuait bien et ça devenait trop compliqué pour moi. Complètement barré et space dans sa forme au point de se perdre, j'ai pu cependant capter une partie du fond qui consiste à pénétrer l'inconscient humain, l'âme humaine par le rêve, rêve mis en parallèle par le cinéma, avec multiples références, parfois littéraire mai j'ai pas pu aller au delà. Finalement c'est comme lorsque l'on fait un rêve bizarre et sans logique. Cela dit graphiquement c'est d'une beauté à se crever les yeux: le choix des couleurs, le design, l'animation traditionnelle, tout forme un mélange qui claque.
Le rêve, dans le sens strict du terme : sans doute l'un des thèmes les plus difficiles à traiter au cinéma. En effet, comment mettre en image ce qui touche à l'onirisme le plus pur sans tomber dans un vulgaire "n'importe quoi" ? Certains cinéastes, sans doute par manque d'imagination et par crainte de trop déboussouler le grand public se refusent totalement à cette dimension onirique (cf. le récent "Inception" de Nolan ...) ... d'autres s'en servent de manière plus symbolique pour mettre en relief toute la psychologie et les sentiments d'un personnage (chose que l'on retrouve dans un éventail de genres très large, du "Persona" de Bergman au "Voyage de Chihiro" de Miyazaki ...). Mais d'autres encore, et c'est sans doute la catégorie la plus rare, décident de traiter directement du rêve en en reprenant avec une certaine recherche tout le champ lexical. Satoshi Kon et son "Paprika" en font partie.
Dès le début, le ton est donné : le film s'ouvre sur un trompe-l'oeil, suivi d'un sublime générique "pop", ressemblant à un voyage entre plusieurs dimension dans un Japon futuriste, mais bien réel. Dès le départ, le rêve s'oppose à la technologie : l'esprit humain révélé par les machines ? C'est en tous cas l'idée qui en ressort le plus clairement. Dès lors, durant tout le film, Kon va jouer sur cette base avec laquelle il dévoilera au cours de séquences d'une folie assez jubilatoire les intentions et les tourments de ces personnages. Mais le cinéaste ne se limite pas à ça : il dévelloppe une réflexion intéressante sur les pouvoirs de la technologie et ses limites, sur la question de la préservation de l'esprit humain ... quoi qu'on en dise, "Paprika" est une oeuvre d'une richesse extrême.
Mais c'est peut être sa richesse qui est finalement responsable de son gros point faible. Il semble qu'on ait tellement chercher à traiter d'une myriade de thèmes qu'on a "saturé" le scénario : c'est lourd, et finalement, sans vouloir s'engager dans une grande voie en particulier, le scénario ne prend aucun risque et s'avère assez classique sur de nombreux points. Le danger que peut représenter la science face au rêve se résume finalement à un "Je veux être le maître du monde !" de la part du vilain de service (reconnaissable entre mille dès le début). Par conséquent, l'intrigue finit par perdre beaucoup de son intérêt ... ce qui est d'autant plus dommage que les personnages sont plutôt réussis dans l'ensemble.
Finalement, "Paprika" montre parfaitement en quoi parler directement du rêve est difficile : c'est un thème bien vaste, et si l'on ne sait pas sur quel point précis s'attarder, on s'y noie facilement. Toutefois, l'oeuvre de Satoshi Kon a le mérite non seulement d'avoir essayé avec sincérité de sortir des sentiers battus (ce qui est finalement assez réussi) et est esthétiquement sublime. Bref, l'essentiel est là : c'est un voyage onirique et plutôt envoûtant.
Un second film de S.Kon visionné pour ma part et une seconde expérience bluffante. Paprika comme Millennium Actress est un grand film déstabilisant qui n'abordent pas les mêmes thèmes mais ont su me toucher. L'inspiration d'Inception à de quoi fasciner avec son concept bien exploité qui arrive à me satisfaire autant qu'a me perdre encore et toujours. Une complexité bien maitrisée, un véritable propos sur les rêves, une animation impeccable et une bande-son prenante voire hyptonisante.
Dans le futur, un traitement psychothérapique a été inventé et, grâce à la machine DC Mini, il est possible d'entrer dans les rêves des patients. Mais ce processus est encore en phase de test et l'un des exemplaires va être volé...
Source d'inspiration pour l'Inception de Nolan (que ce soit dans les thèmes et quelques similarités scénaristiques (à l'image des séquences d'ascenseur)), Paprika nous envoie dans un univers onirique suivre la recherche du voleur par ceux qui ont mis au point cette machine capable d'entrer dans les rêves. Satoshi Kon alterne entre rêve et réalité et dresse le portrait de personnages qui vont se retrouver à chevaucher entre ces deux mondes, quitte à s'y perdre.
Malheureusement c'est moi qui me suis retrouvé perdu, notamment dans la dernière partie de ce long-métrage. Peu à peu le scénario devient trop brouillon, excessif et se mélange un peu les pinceaux et, en plus de devenir trop peu compréhensible, j'ai fini par ne plus me sentir concerné par le récit. À partir de ce moment-là, l'écriture devient défaillante, que ce soit sur le passage entre les différents rêves ou certains personnages, notamment sur leurs intentions et leurs motivations. C'est dommage sans pour autant être totalement préjudiciable.
En effet, toute la mise en place de l'univers, la fascination pour certains personnages (et surtout Paprika et ses yeux, son allure, son caractère ou encore le mystère l'entourant) et la façon dont ils sont présentés restent vraiment réussis. Satoshi Kon nous immerge dans ce monde où sont mêlés rêve et réalité et fait preuve d'une inventivité sans failles, notamment à l'intérieur des rêves, le tout sublimé par un graphisme parfait, une animation fluide et une bande originale adéquate à l'atmosphère mystérieuse, onirique et parfois fascinante du film.
C'est finalement une légère déception pour une oeuvre que j'attendais beaucoup, tant l'univers est génial et inventif, que ce soit au niveau des personnages que de la façon de traverser les rêves mais avec un scénario qui se perd sur la dernière partie du film, devenant trop brouillon et peu intéressant. Dommage...
Malgré un graphisme spécial, plutôt années '80 (non sans nostalgie), je me suis laissé hâper par cet univers follement démesuré où les rêves en viennent littéralement à contaminer (c'est le mot) la réalité, en un maelström vertigineux et coloré. Je reste dubitatif sur le choix du scénariste, qui fait se confondre rêve et phantasme, sans vraiment traiter l'aspect sexuel (Kon lorgne davantage à présent sur le film pour enfants). La soif de pouvoir est davantage mise en avant, ce qui fait aussi de ce film une sorte de fable anti-fasciste (voir le bras levé des poupées déshumanisées). Bien que l'androgynie et le trouble de l'identité apparaissent, il est peut-être dommage de finir sur une note assez manichéenne, préparée par un commentaire explicatif certes poétique mais pas mal superflu. Enfin, on se demande comment la belle et froide Atsuko (double de la pétillante Parika) peut inconsciemment "aimer" l'obèse (et farfelu) Dr Tokita (à moins que ce soit plutôt l'inverse). L'"épice" Paprika fait ici figure de clé énigmatique. Poussée à son paroxysme, l'interpénétration rêve-réalité nous fait en tous cas chavirer dans un état second. Bravo.
Fantastiquement bizarre et original! Alors certes prendre les rêves comme cause du problème principal est pas très original, mais c'est la façon dont elle est traitée qui est originale. Grâce à de petits appareils que l'on pose sur le crâne, on arrive à vivre et à se rappeler de l'intégralité de nos souvenirs. Utile donc pour résoudre une "enquête". Paprika est une sorte de personnage vivant seulement dans les rêves et qui aident les dormeurs. Compliqué mais on arrive à suivre. L'histoire est captivante, accompagné d'une partition juste géniale, mélangeant la J-pop et l'électronique. Et que dire des dessins qui sont de la dernière beauté. Très beau donc, avec les paysages du Tokyo SPOIL détruit SPOIL et avec des personnages et des situations hautes en couleurs et incroyablement mature (dans la veine d' "Akira" et "Ghost in the Shell"), on peut prendre part à ce récit hors norme.