Pour une énième fois,Chabrol fait du Chabrol.Et c'est justement la pire chose que l'on puisse lui reprocher.Bourgeoisie,étude des moeurs,critique du puritanisme et de l'amour lié au pouvoir,il passe son temps à ressaser des thèmes que l'on a déjà vu mille fois chez lui,et toujours de la même manière.Avec une certaine froideur et une évidente théâtralité (ses personnages en sont la preuve),il filme dans "La fille coupée en deux" (métaphore qu'il nous fait croire plus subtil dans une fin inutile) la chute de deux hommes,Charles Saint-Denis (François Berléand,toujours les mêmes tirades et les mêmes expressions),écrivain pervers à succès,et Paul Gaudens (excellent Benoît Magimel),un gosse de riche détraqué et souffrant de pulsions liées au fond à un rejet de son statut,en même temps que de traumas datant de son enfance.Au milieu de ces deux hommes,Gabrielle DeNeige (sublime Ludivine Sagnier),présentatrice météo qui ne tarde pas à infiltrer la présentation d'émissions (dans l'une desquelles Edouard Baer se livre en guest le temps de 5 minutes pour un dialogue tordant sur Woody Allen),blonde angélique et candide,ingénieusement manipulée et involontairement manipulatrice (?).Elle est le vecteur du drame de ces deux hommes (drame qui se densifie vers la fin,mais de manière bien trop rapide),et Chabrol de suivre son réçit linéairement,sans aucune audace et avec très peu d'humour.Tout est tellement pris au sérieux et filmé avec une telle prétention qu'on ne finit par ne plus croire à la relation entre Gabrielle DeNeige et Charles Saint-Denis,et encore moins entre celle de la même Gabrielle DeNeige et Paul Gaudens.Un triangle amoureux archi-aseptisé et banal,dont les décors (le bar favori de Charles Saint-Denis ou son amoureuse se livre à des jeux sexuels,son appartement miteux nommé "Paradis",où l'ange y passe le plus clair de son temps -hasard?-,ou encore la grande demeure des Gaudens) sont en permanence filmés avec un recul agaçant,comme si Chabrol ne voudrait surtout pas f