Leonid Gadai (1923-1993) fut le réalisateur de comédies le plus populaire d'Union Soviétique et les DVD de ses films se vendent encore aujourd'hui comme des petits pains en Russie. Le bras en diamant, l'un de ses plus célèbres films fit pas moins de 77 millions d'entrées (!) lors de sa sortie. Le problème est que son humour est visiblement inexportable et les sous-titres ne rendent sans doute pas toute la finesse (?) des dialogues. Toujours est-il que de nombreuses phrases sont devenues des proverbes russes. Pour se faire une idée de la chose, disons que cela ressemble à du Gérard Oury parodiant James Bond, avec des gags façon slapstick, la drôlerie venant certainement du décalage de l'action survoltée dans un contexte quotidien proche du mode de vie soviétique. Sans posséder toutes les clés, cet OVNI se regarde au cinquantième degré entre consternation et fou rire. Une expérience !
Voilà une des comédies soviétiques les plus connues, et à la fois un film culte pour les Russes aujourd'hui, qui fait passer le gouvernement d'alors pour plus laxiste qu'il n'était réellement. Certes, l'équipe disposait d'or véritable et de diamants authentiques, auxquels la teneur du régime en place conférait sans doute un symbolisme saisissant qui a d'ailleurs survécu au temps. Mais si des éléments scénaristiques "contondants" comme le strip tease, l'alcoolisme, la prostitution ou la débauche figurent dans le film, c'est loin d'être sous le regard approbateur de la censure, trop occupée en fait à dissuader le réalisateur d'utiliser un clip dans l'épilogue montrant une explosion nucléaire. Ils y sont arrivé mais le reste est passé. Bref, c'est une comédie éclairée, qui pousse un peu trop loin ses délires pour que la bonne compréhension de l'histoire n'en souffre, mais qui nous fait oublier ses longueurs et celle du Rideau de Fer par la force de son humour simple et de son autodérision.
J'ai été attirée par l'excellent note sur IMBD (8,4 c'est du niveau du film Le Parrain) Mais tout de même avec une certaine méfiance , les films russes (ici soviétique, nous sommes en 1968 ) s'avérant souvent lourdingues. Ce film est malheureusement de cet sorte, sur-joué et déclenchant à peine le sourire. Mais pourquoi mettre une aussi bonne note ? Amour des antiquités ?