Un Norifumi Suzuki à mon sens relativement mineur, mais qui réserve de belles surprises, en particulier une scène de combat où l'héroïne, importunée en pleines ablutions par une bande de malandrins, dégomme ceux-ci au sabre, complètement à poil (une séquence qui, avec Lady Snowblood, aura certainement inspiré Tarantino pour les bastons finales de Kill Bill volume 1). Pour cette histoire de vengeance, le réalisateur fait de nouveau appel à Reiko Ike, ici curieusement confrontée à une autre icône de l'exploitation, Christina Lindberg (l'héroïne borgne de Crime à froid, qui servit de modèle pour le personnage d'Elle Driver, toujours chez vous-savez-qui), qui vient apporter une touche d'exotisme et assurer la partie romantique d'une intrigue partant un peu dans tous les sens, entre les affaires de yakuzas, de contre-espionnage et d'anarchistes. L'image est soignée, mais Suzuki semble moins inspiré que lorsque ses héroïnes évoluent dans un contexte plus contemporain et, si le rythme est inégal, on n'attend jamais très longtemps avant de se mettre une scène croustillante sous la dent (une partie de poker féminine, une soumission à la question ou un règlement de comptes sanglant...), ce qui est toujours bon à prendre, ma foi.