Le film est un kaléidoscope. Des rencontres futiles, énervantes, de l'ennui, de la douceur, une nostalgie cachée et en sus une promenade poétique dans le Paris des années 60. Varda filme une femme libre en ne dérogeant pas à ses petits hommages: le film muet, les gens de la rue, le soldat qui aime la photographie et cette rencontre romantique au parc Montsouris. C'est superbe.
Magnifique, cette histoire toute simple m'a captivé grâce à la réalisation maline et intéressante. La construction du film, séparé en petits chapitres, nous montre en temps réel l'angoisse d'une femme pendant 90 minutes, attendant avec stress et sans espoir des résultats médicaux. Pendant 90 minutes, aucune ellipse, ce qui permet d'alterner les moments forts et les moments futiles de la vie de Cléo. Le film regorge d'idées inventives, notamment sur les cadrages. On peut par exemple citer le moment où Cléo est perdue dans ses pensées dans un bar ; la caméra se trouve décalée par rapport à la scène globale, permettant ainsi de faire comprendre au spectateur avec facilité le fait que Cléo se sente seule et isolée. Le début du film m'a immédiatemment plu, les plans subissant une alternance couleur / noir et blanc, puis j'ai eu un large sourire lorsque j'ai vu s'afficher "Chapitre I : Cléo de 17h05 à 17h08", la perspective de voir un film découpé en plusieurs tranches de quelques minutes me ravissant. A partir de là, le film enchaîne les moments sublimes, accompagnés d'une excellente BO signée Michel Legrand. La scène la plus forte, peut-être, est certainement celle où Cléo chante "Sans toi", avec le regard caméra et l'émotion dégagée. Mais le film est parsemé de scènes magiques, pafois contemplatives, qui m'ont scotché la plupart du temps. Toute la fin du film, avec Antoine, est parfaitement géniale, les deux personnages étant attachants et les scènes pleines d'humour et de tragique à la fois. De manière générale, les personnages sont réussis, notamment Bob (joué par Michel Legrand lui-même) qui fait rire. Pendant toute la durée du film, on angoisse avec Cléo même si le film garde constamment un ton très léger, grâce à des scènes moins fortes et plus quotidiennes. Le seul hic, c'est que certaines de ces scènes sont parfois légèrement ennuyeuses, ce qui ne gâche pas pour autant le bon visionnage du film. La conclusion du film est excellente et on quitte le film encore dans l'ambiance. Un beau film au scénario très simple et à la réalisation impeccable.
Ah ! Le fameux choc de la Nouvelle vague ! Alors oui – c’est sûr – je pourrais vous parler de ce film en vous ressortant ma petite fiche d’écolier et en vous disant que « oulala ! ça coupe à tout va ; ça tourne en extérieur ; ça joue avec des miroirs ; ça se pose des questions existentielles sur son nombril et en plus c’est une femme qui fait tout ça… C’est l’Histoire, inclinons nous. » Oui je pourrais… Mais personnellement je n’en vois pas l’intérêt.
J’avoue que je reste toujours un peu incrédule face à ces cinéphiles qui – sitôt on parle du cinéma de la Nouvelle-vague – arrivent avec leur leçon de SAV et leurs fiches bristol sur lesquelles ils ont stabyloté tous les points importants à bien souligner parce que tu-comprends-c’est-la-Nouvelle-vague-quoi… Personnellement je n’ai rien contre les gens qui prennent sincèrement leur pied devant ce genre de film – vraiment tant mieux pour eux – mais par contre je me dis aussi que ça peut être aussi intéressant de varier les approches et les regards sur ce « Cléo de 5 à 7 » qui moi m’a laissé froid comme un glaçon.
Alors d’accord, y’a de la rupture, de l’audace, de la tentative – surtout pour l’époque – tout ça je ne dis pas… Mais franchement – et comme je dis souvent avec le cinéma de la Nouvelle vague – tout ça au service de quoi ? Ici c’est la sortie de Cléo de chez la cartomancienne qu’on charcute de trois raccords dans l’axe. Là c’est l’écran qu’on sépare en deux pour surimposer deux conversations en même temps. Et puis plus loin c’est la caméra qui vient frôler les visages et tourner autour d’eux. Tous ces effets sont au fond très criards et démonstratifs mais pour au final n’aboutir à rien de subtil. OK, les miroirs renvoient au nombrilisme de l’héroïne comme à ce visage qu’elle affiche en permanence aux autres et qui n’est que le reflet d’un artéfact… D’accord, l’enchainement de certaines images mentales que se fait l’héroïne la rappellent à ses réalités : la vieillesse à venir, la prédiction de la mort, la fin de l’insouciance… …Mais – encore une fois – tout ça n’est vraiment pas très subtil.
D’ailleurs c’est certainement cela qui m’a le plus choqué en voyant ce film : la balourdise, pour ne pas dire la grossièreté Parce qu'à bien tout prendre, ce film fait quand même peu avec pas grand-chose. Ne serait-ce qu'en termes de matériau de base, l'intrigue pourrait certainement se résumer en seulement trois ou quatre phrases. Au fond ce film n’a vraiment pas grand-chose à dire. Ça tiendrait en quatre phrases.
spoiler: Cléo est jolie et ça la rend heureuse.
Mais à cause d’un rendez-vous médical et d’une cartomancienne, Cléo se rend compte qu’un jour elle mourra ; la mort étant ici à associer avec la vieillesse et la décrépitude.
Cléo découvre alors que son existence est factice et qu’elle n’a de rapport sincère avec personne et surtout pas avec elle-même.
Du coup Cléo se pourrit la vie jusqu’à ce qu’elle rencontre Antoine, qui la fait soudainement tout relativiser.
Et Agnès Varda a donc cherché à tenir l'heure et demie avec seulement ça. Et le problème, c'est qu'elle s'efforce clairement de tenir en bouchant les trous à la truelle.
Premier constat : « Cléo de 5 à 7 » tourne en rond. Tout le temps. En gros si on retire l’introduction avec la cartomancienne qui dure 5 minutes et la scène finale qui dure un quart d’heure, tout le reste n’est qu’une boucle perpétuelle de la même situation ; une boucle qui ne trouve que de très rares déclinaisons. Cléo retrouve quelqu’un qui l’admire. Cléo lui parle de sa situation ouvertement ou affiche son masque de quiétude. Et puis ensuite Cléo se plaint : « Ahlalalalala ! Je vais mourir ! Perdre ma beauté ! Queeeeeelle triste vie que la mienne ! »
Et ce qui est affligeant c’est qu’à ce constat s’en ajoute un deuxième : Agnès Varda est vraiment une piètre écrivaine de dialogue Tout est dit littéralement. Au premier degré. Et comme si les échanges entre personnages ne suffisaient pas, le film est en plus parpaingué de voix-off. …Et ça donne lieu à des monuments d’écriture tel que : « J’aurais dû parler à mon homme. Je suis trop bonne avec les hommes. Pourquoi ne me demande-t-il rien ? » ou bien encore « Cette figure de poupée [que je vois dans le miroir] est toujours la même. Je n’arrive même pas à y lire ma propre peur… » La subtilité se retrouve jusque dans les chansons (car Cléo est chanteuse) : « Je suis une maison vide… Belle en pure perte… Je suis un corps à vide. Je me couvre de riiiiiides sans toaaaaaaaaaaaa ! » Franchement, c’est grossier à en être grotesque.
Tout ça mis bout-à-bout m’a d’ailleurs conduit à un étrange (et dernier) constat. A me coltiner ses plâtrées de lourdeurs, parfois je cherchais ce qui pouvait me tenir éveillé chez les autres cinéastes de la Nouvelle vague mais que je ne trouvais pas ici : les transgressions formelles. Parce qu'au bout d'un moment, au beau milieu de ses nombreuses logorrhées, on est quand même en droit de se demander où est-ce qu'elle est passée la monteuse déchainée et la cadreuse virevoltante ! Car l’air de rien – à bien observer – il fonctionne quand même vachement sur courant alternatif le cinéma disruptif d’Agnès Varda ! Ah ça on en fait des pirouettes quand Cléo se contente d’errer dans les rues, d’essayer des chapeaux ou de chouiner dans les bars ! Mais par contre sitôt un personnage ouvre la bouche et qu’il faut filmer un vrai échange que ça patine tout de suite ! On n’a plus rien à se mettre sous la dent à part une caméra qui ne sait plus trop quoi foutre pour essayer de donner de l’originalité au cadre. Alors celle-ci se balade lentement, un peu en tournant autour du sujet ou parfois un peu en s’en rapprochant… …Et tant pis si c’est pour afficher deux tiers de murs dans le plan hein ! (L’entrée des musiciens dans l’appartement de Cléo est l’illustration parfaite de cette réalisation au-petit-bonheur-la-chance. Assez triste tant l’inspiration est aux abonnées absentes.)
Au final, tout ce que ce film m’inspire c’est un vrai sentiment de glisse artificielle. Ça bouge pour bouger mais jamais pour dire quoi que ce soit. C’est vraiment du cinéma factice de bout en bout. Et balourd avec ça.
Alors après j’entends celles et ceux qui me diront que tout cinéma n’est que ça – de l’artifice – et que je serais bien stupide de ne pas vouloir le voir. Certes, mais je répondrais tout de même à cela que ce qui – chez moi – fait la force d’un art, c’est justement quand il me fait oublier qu’il n’est au fond qu’un artifice. Or, « Cléo de 5 à 7 » à mes yeux ça n’a été que ça : de l’artifice sans art. Je n’ai d’ailleurs jamais vu Cléo à l’écran, j’ai toujours vu Agnès Varda. Pendant 1h30, quand j’entendais un mot, je voyais Agnès Varda l’écrire à son bureau avec un petit sourire satisfait. Quand je voyais un traveling ou un montage, je voyais encore et toujours la même Agnès avec le même sourire. Ce film pue le trip egotique. …Et en plus un trip qui se matérialise sous la forme d’une fable tournant autour d’un autre trip égotique ; celui d'une caricature de bourgeoise imbuvable ! Ah bah super la Nouvelle vague ! Merci ! Je la vois bien là cette Révolution qui est en marche !
En définitive, tout ça m’amène à me dire qu’ils n’ont peut-être pas tort celles et ceux qui viennent nous parler de ce film avec leurs petites fiches de révision. Finalement c’est peut-être en n’en parlant que sous l’angle historique – de manière totalement dépassionnée – qu’on parle au mieux de ce « Cléo de 5 à 7 ». Parce qu’au final il n’est quand même pas bien folichon ce cinéma que nous offre Agnès Varda. …Par contre c’est vrai qu’à côté de ça il est un magnifique étendard de son époque et de son mouvement. …Un symbole de l’affirmation de cette nouvelle bourgeoisie bohème totalement égocentrée et qui saura s’imposer dans notre pays pour toute la fin du XXe siècle et même le début du suivant… …à notre plus grand dépend.
En 1962, Agnès Varda signe un film emblématique de la Nouvelle Vague. Il convient de reconnaître que la mise en scène et la photographie sont d’une extrême qualité et font preuve d’une grande originalité pour l’époque. Comme souvent avec ce type d’œuvre, on a le droit à une mise en forme audacieuse avec un contenu rempli de bavardages féconds, mais souvent ennuyeux. Ainsi, les déambulations de cette jeune femme (Corinne Marchand) angoissée par la mort donnent lieu à des rencontres d’inégale consistance à travers un Paris en plein mouvement. Bref, entre futilité et réflexion sensible, l’ensemble possède certaines qualités sans provoquer d’émotions fortes car ne parvenant jamais à rendre le fond meilleur que la forme.
Si par nouvelle vague on entend révolution technique apportée par les nouvelles caméras, permettant de sortir des studios pour venir filmer dans la rue, au plus près des gens; cinéma des problématiques de son époque et se voulant miroir de la société (éventuellement engagé); cinéma d’auteur et d’œuvres personnelles et intimistes, etc ; alors oui, c’est sûr, Cléo est bien un film majeur de ce courant! D’un point de vue poétique et artistique cependant, on concèdera qu’on est quand même loin d’une œuvre comme Hiroshima mon amour… On concèdera également que l’on peut difficilement ranger ces 2 films sous la même bannière!... Cléo est cependant un film truffé de qualités, notamment techniques. On apprécie ainsi la modernité de la mise en scène, avec de longs plans séquence portés par de très beaux mouvements de caméra (voir la séquence d’essayage des chapeaux), un traitement très intelligent du son (le bar) et d’ingénieuses trouvailles (le fond noir lors de la chanson ou le petit film muet). On a indiscutablement à faire à un cinéma très inventif, ne serait-ce qu’au niveau narratif (le temps réel). Le film est également un bel hommage au Paris des années 60, ayant quasiment valeur de document aujourd’hui (les parisiens apprécieront). L’aspect politique et social est également là, bien que discret, par la présence de la guerre d’Algérie et des allusions très subtiles à la libération de la femme (presque invisibles aujourd'hui mais qui ont eu leur effet à l’époque!). En revanche, j’avouerai être passé complètement à côté de la dimension poétique du film et avoir trouvé la thématique de fond (un prétexte) particulièrement légère, niaise et chichiteuse. De plus, je regrette l’héritage qu’a pu avoir ce film aujourd’hui (involontairement certes), nous valant des légions de films français, portés aux nues au nom d’une soi-disant politique d’auteur, mais d’une vacuité déprimante et d’une bêtise insondable, rendant presque plus attrayant le divertissement. Enfin…
Considéré comme le chef d'oeuvre de la réalisatrice, surfait comme tous les films de la Nouvelle Vague, Cleo de 5 à 7 possède néanmoins d'indéniables qualités. Bien entendu, il s'agit d'un film décousu, qui voit s'enchaîner différentes scènes. Certaines sont artificielles, mais d'autres recèlent d'une belle émotion, comme la fin du film. La conclusion est d'ailleurs maligne, la terreur de la mort s'évanouissant avec l'arrivée du diagnostic, qui présage pourtant d'une chimio éprouvante, mais qui brise l'incertitude si oppressante. Comme toujours dans ce mouvement, un certain nombre d'effets sont malvenus voire mal maîtrisés, mais l'ensemble dégage un charme certain, reconnaître les lieux de l'action aide à cela.
Encore un vrai tunnel comme la Nouvelle Vague sait nous en offrir. Une errance parisienne d'une heure et demi qui parait durer le double, à supporter une Corinne Marchand au jeu faux, énervant, pour ne pas dire exaspérant, sautant de rencontre en rencontre toutes plus improductives les unes que les autres. Varda brasse un vent force 12 sans jamais chercher à donner du corps à un postulat qui nécessitait par ailleurs précision et rythme. Même le Paris des années 1960 n'est pas mis à l'honneur et reste anecdotique.
Je trouve ce film déloyal. La fin est prévisible dès le départ (quand on se rend compte de l'optique de la réalisatrice dont on ne dira jamais assez la profonde bassesse). Révolutionnaire sans doute dans son utilisation du temps réel (mais c'est plus simple aussi niveau montage et remplit le métrage utilement et fait paraître intègre, non?). Je n'ai pas accroché au personnage de Cléo. Dans la vie rencontrer des gens c'est plus que passer le temps, c'est entrer dans une dimension dans laquelle le temps n'existe plus identiquement. Là tout se mélange et les rencontres sont purement utilitaires. Coup bas, gros succès.
La nouvelle vague dans ce qu'elle peut avoir de pire. On s'ennuie au moins autant que Cléo durant son 5 à 7. Difficile en effet de se passionner pour ses petits problèmes existentiels. Et puis Corinne Marchand joue comme une patate (comme à peu près tout le casting). Seul réel intérêt du film : la plongée dans le Paris des années 60. C'est tout de même bien peu.
Un véritable bijou. Ce film n'a pas pris une ride. Un grand et émouvant moment de cinéma. Et puis on voit Paris, on découvre la ville, les Parisiens, de l'époque. C'est vraiment très beau. A voir et revoir.
16 209 abonnés
13 158 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 25 avril 2025
C'est un grand classique de la Nouvelle Vague! Un film d'une modernitè folle dans lequel Agnès Varda met en scène l'itinèraire d'une femme qui attend avec angoisse le rèsultat d'une analyse mèdicale dans une capitale sereine et joyeuse! Ces moments d'errance! Cette lumière...Tout ça font que ce sont des images pour une cinèaste comme Varda, aussi fortes et èmouvantes que des livres qu'on a aimès lire. "Clèo de 5 à 7" (1962), ce sont des choses qui frappent et qui touchent à l'essentiel, c'est l'audace (l'action en temps rèel, soit le temps de la projection), c'est l'angoisse d'attente...c'est aussi le constat que le bonheur est souvent difficile! Dans les rues de Paris, Corinne Marchand y est inoubliable (peu d'oeuvres offrent de tels rôles à une actrice). Comme le film d'ailleurs, sensible, mèlancolique et maitrisè...
Voici donc le chef d'oeuvre d'Agnès Varda, l'un des films essentiels de la Nouvelle Vague, la pièce maîtresse du cinéma au féminin... Pour ma part, Cléo de 5 à 7 m'a laissé de marbre. Si le long métrage part d'un dispositif amusant ( celui d'avoir une durée similaire à l'intrigue : mais rien de très nouveau cependant ), l'histoire n'a pas grand-chose d'intéressant et se perd dans les futilités les plus insignifiantes. Sur le plan de l'interprétation, tout est surfait : l'actrice principale peine à nous procurer l'émotion, son jeu sonne proprement faux et creux. Par ailleurs, la photographie est d'une beauté tout à fait relative ( c'est à dire assez laide ): en effet, les décors naturels et les acteurs baignent dans un Noir et Blanc pisseux, aussi terne qu'un chewing-gum usagé. La musique de Michel Legrand, répétitive jusqu'à la saturation, est insupportable au final... Reste une mise en scène surprenante par moments ( la présentation de l'accident par exemple ), qui témoigne d'un certain talent de la part d'Agnès Varda. Il serait grand temps de redécouvrir d'autres classiques de la Nouvelle Vague : Le Mépris, Pierrot le Fou, Le Genou de Claire...
Une mise en scène belle et inventive, un récit captivant et novateur et un personnage développé et passionnant font de cette oeuvre un petit bijou cinématographique.
Petit conte émouvant, qui, malgré ses maladresses, parvient à éviter nombre de clichés. Le portrait de la femme est touchant, métaphorique, et surtout, il sonne vrai (13/20).
Même après toutes ces décennies, "Cléo de 5 à 7" d'Agnès Varda n'a rien perdu de son charme. Souvent présenté comme un classique absolu de la Nouvelle Vague (même si la réalisatrice s'est toujours défendue d'y appartenir), il sortit sur les écrans en 1962. Mettant en scène trois heures de la vie d'une femme attendant fébrilement les résultats d'une analyse médicale, l'oeuvre se divise en deux parties bien distinctes. Une première où Cléo narcissique, telle une poupée, fait concentrer tous les regards sur elle. Et une seconde où elle décide enfin de s'ouvrir à l'aura de l'autre et des rencontres. De bout en bout, les pattes de la Nouvelle Vague sont clairement perceptibles mêlant voix volontairement asynchrones, raccords volontairement ratés ou encore un passage chanté proprement bouleversant. Le rythme du film, constitué de mouvements de caméra fluides, dynamiques et souvent ingénieux, séduit énormément. Dommage cependant que celui-ci s'essouffle dans son dernier tiers, se perdant parfois en digressions. On y retiendra néanmoins une séquence délicieuse de cinéma muet dans laquelle on peut voir avec émerveillement le couple phare de la Nouvelle Vague, Jean-Luc Godard et Anna Karina. À voir.