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Marceau 59
22 critiques
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3,0
Publiée le 16 mars 2025
Quel plaisir de déambuler dans le Paris des années 60 quand il faisait encore bon y vivre. La ballade en taxi 403 Peugeot ou en autobus Renault TN4 et le métro Sprague Thomson. Bon, côté film avec cette fin glaçante et redoutée, on dirait un Godard ou un Truffaut tant les acteurs ont du se donner le mot pour jouer plus mal les uns que les autres, surtout le soldat bavard et récitant . Reste un magnifique Noir et Blanc et la belle et magnétique Corinne Marchand.
La promenade en fin de film est tellement calmante et inspirante que l’on ne puisse se rappeler même pas le cauchemar qui se camoufle dans l’esprit de l’héroïne. Enfin, une belle histoire concernant le rétablissement et l’espoir à l’égard de la vie…
Lorsque la vie de la belle Cléo est confrontée à l’adversité, elle est contrainte de subir une transformation qui modifie sa perception d’elle-même et du monde qui l’entoure.
spoiler: Réalisée par la mère de la Nouvelle Vague française, Agnès Varda, produite en 1962, Cléo de 5 à 7 est une combinaison géniale de comédie et de drame. Le film suit le personnage principal, Cléo, une jeune chanteuse parisienne (Corinne Marchand), pendant qu’elle attend deux heures cruciales les résultats d’un examen médical. Durant cette période, le film explore les thèmes de la beauté, de la moralité et de l’anxiété tout en conservant un humour subtil et divertissant. Les interactions extérieures de Cléo avec les autres et ses luttes intérieures contrastent parfaitement avec la fragilité de la vie.
Le film est l’équilibre parfait entre drame divertissant et exploration psychologique profonde. La tension est palpable à travers l’écran tandis que Cléo lutte pour donner un sens à sa vie à travers sa crise intérieure. Spécifiquement, la performance de Corinne Marchant comme Cléo est, à mon avis, le point fort du film. Elle incarne la différence interne et externe du comportement humain. Parfaitement en accord avec le thème de l’humanité, les techniques de réalisation nous plongent dans la vie de Cléo. L’attention portée aux petits détails permet au public de ressentir directement la transformation personnelle de Cléo.
La seule critique concerne l'intrigue du film, mais il présente également des aspects positifs. La fin du film manque de résolution dramatique. Après avoir vécu la vie de Cléo pendant une heure et demie, l’absence d’une résolution élevée est décevante. Cependant, elle constitue également une représentation poétique et réaliste de la vie. D’une certaine manière, c’est un compliment à Varda aussi, pour avoir fait souhaiter plus.
C’est une réflexion parfaite sur la fragilité et la résilience de l’esprit humain. Un film incontournable avec une intrigue captivante qui incite à la réflexion sur la nature délicate de la vie humaine.
Il y a dans les avis de ce site un problème : utiliser du goût et de la fascination subjectifs comme outils objectifs pour critiquer une ouvre. À partir de tout ça, j'ai choisi un démon et un dieu pour écrire sur ce film, à savoir : la fascination et la signification (alors, la fascination de la forme vers le sens), cherchant l'équilibre entre la rigueur conceptuelle et l'éblouissement pur. Le film suit une chanteuse à Paris. Alors qu'elle attend un diagnostic médical crucial, son angoisse se déroule comme une quête de soi. Au-delà du faible argument philosophique sur la découverte de la mort, c'est le rythme qui saisit : le montage et la direction photographique de Varda créent une symbiose parfaite entre musique et image. Accompagner Cléo, c'est danser avec la vie tout en dénonçant l'aliénation d'une classe intellectuelle artistique où la femme n'est qu'un accessoire. Varda, par son intelligence de scénariste, opère une critique radicale du sujet face à l'image. Ici, l'image devient définitive pour le sujet, marquant le passage de la femme-objet à la femme-sujet consciente, au moins, de sa finitude. Enfin, les chansons valent mieux être écoutées comme bandes sonores que dans les streamings de musique et la participation de Godard et Anna Karina conclut la grandeur de ce film (qui, en plus, réflechit aussi sur le cinéma lui-même et sur la critique, dont je ne parlerai pas ici)