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banana-joe
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0,5
Publiée le 18 juillet 2009
On se demande vraiment où voulait en venir le réalisateur avec ce film: dénoncer que l'homme est une bête, merci on le savait déjà et quand bien même le rappeler n'est pas mauvais en soi, la manière est est primordiale. Ici, on a affaire à un gros naïf où les ficelles utilisées (ou plutôt les cordes à ce niveau) sont grossières. Et puis les incohérences scénaristiques étant nombreuses, on passera gentiment à côté de ce sombre navet.
Un nouvel exemple de SF d'une exceptionnelle intelligence et exigence signé par l'un des cinéastes qui comptent le plus dans l'ère contemporaine, le brésilien Fernando Meirelles (The Constant Gardner, La Cité de Dieu). C'est d'ailleurs au Brésil que ce situe l'action principale de cette pandémie aveuglante où seule la belle Julianne Moore s'en sort indemne. Une vraie catastrophe sanitaire que les autorités décident de circonscrire en créant une mise en quarantaine drastique où les contacts sont quasi-inexistants avec l'extérieur. Un concept clé du film qui crée une ambiance anxiogène au possible et ramène ces néo-aveugles au stade d'animaux. Malgré un rythme plutôt lent, le concept de Meirelles est tout simplement saisissant de réalisme dans son anticipation, le tout étant emballé par une maestria visuelle et sonore de tous les instants. Une vraie expérience inédite du 7e Art.
Alléchant casting international qui réunit des acteurs du monde entier avec Gael Garcia Bernal du Mexique, Julianne Moore et Mark Ruffalo des USA ou encore Yusuke Iseya du Japon. Et tout cela est orchestré par le réalisateur brésilien Fernando Meirelles. Tout cela semble indiquer que le film aura une portée extra-nationale, et en effet le film se trouve être une sorte de Tour de Babel à l'envers, c'est la morale qui semble transpirer du dernier quart d'heure du film. La cécité comme prise de conscience du besoin d'autrui quel que soit son apparence ou ses origines, le refus des préjugés et de la loi du plus fort. Le film semble être un retour aux sources tant l'originalité de la cécité sonne comme une réaction à l'aveuglement provoqué par notre société ultra matérialiste, nombriliste et individualiste (la lumière qui aveugle, métaphore de nos certitudes aux allures de colosse aux pieds d'argile). Malheureusement, au delà de l'intelligence de la révélation du propos, il reste le propos, commun et désormais consensuel. C'est une idée déjà utilisée avec plus de réussite avec "Babel" par exemple. Autre enfoncement de porte ouverte: la partie "loi de la jungle" qui nous montre que dans la faiblesse l'Homme écrase le faible, ça tombe sous le sens et c'est inutile de tenter de nous le démontrer. Détail sans véritable rapport qui m'a choqué, c'est le comportement plus que déroutant des personnages face à certaines situations; au moment de faire le commerce des chairs comment ne pas envisager les autres possibilités étant pleinement conscient des conséquences ? Certes la perte de la vue est déroutante mais pas au point de laisser les gens dans un coma caractériel et intellectuel. Il ressort du film une réflexion trop simple à peine cachée par une idée de base originale qu'est l'aveuglement en tant que maladie contagieuse et par une esthétique propre au réalisateur brésilien.
"Blindness" est un film très intéressant du point de vue de la reflexion qu'il impose, tout comme les deux précédents films de Meirelles d'ailleurs. Il faut considérer la métaphore du film, car si on le prend au premier degré, on ne manquera pas de souligner des points absurdes évidemment. Meirelles nous montre combien notre société peut être fragile face à tout ce qui est innatendu : on peut faire des parallèles avec l'épidémie de grippe A ou même avec la crise financière à ce sujet. Dès lors que notre modèle de société est bouleversé, il faut se tourner vers un nouveau mode de vie en communauté, ici au sein de l'hopital, où règne la loi du plus fort et la cruauté sans borne étant donné que plus aucune règle ne vaut. Au travers de la très belle photographie du film et de ses décors ultra-réalistes, notamment dans le passage d ela ville en ruine, on passe aussi bien par le film de science-fiction que le drame pur, et parfois même par le film de zombie (scène du magasin). Tout le film reste très ancré dans la réalité et interroge sur la place des valeurs humaines une fois que l'idée même de société finit par disparaitre.
En soi, le scénario de Blindness n'a rien de grandiose : un homme qui devient aveugle pour une raison quelconque et provoque une cécité générale. Puis, un beau jour, il retrouve la vue. Mais là où Meirelles est excellent c'est qu'il aborde plusieurs thèmes du comportement humain, notamment celui du plus fort contre le plus faible, dans le centre de détention des premiers aveugles. Mais voilà, l'ensemble reste un peu confus et brouillon.
10 571 abonnés
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2,5
Publiée le 1 avril 2010
C'est vraiment un bon, je ne mets que 2/4 parce que malgré une idée de départ très bonne, je reste quand même sur ma fin, on a pas d'infos sur le pourquoi de la cécité et dommage que le coté extérieur ne soit pas mis plus en avant malgré cela c'est un bon film à voir pour se faire propre idée.
Le défis était complexe, pour ne pas dire irréalisable, en choisissant d’adapter "L'Aveuglement" ("Ensaio sobre a cegueira"), roman de José Saramago (Prix Nobel de littérature), Fernando Meirelles (à qui l’on doit l’excellent La Cité de Dieu - 2003) ne choisit pas la facilité avec Blindness et avait en mai dernier (lors du 61ème Festival de Cannes) rendu une copie plutôt effroyable de son film à tel point qu’il avait reçu un épouvantable accueil et avait été descendu par les critiques. Le cinéaste revoit donc sa copie (il supprime la voice over de Danny Glover) et au final, sa nouvelle version est plus présentable, le récit toujours aussi captivant, malgré une mise en scène (top) lente. Fort heureusement, les acteurs sont quant à eux, crédibles ! L’inconvénient ici, c’est que l’on a du mal à croire tout ce que l’on voit, l’immersion aussi rapide dans ce fameux centre pour malades peine à être crédible. Néanmoins, la suite est réussie, en mode 28 semaines plus tard (2007), le film continu de plus belle jusqu’à un excellent dénouement !
Bonne surprise que ce film !!!! Un sujet intéressant à la base formidablement bien exploité. L'approche du réalisateur est sombre et crue. Il ne cache pas, en effet, les côtés que peuvent entrainer une telle situation : camp de concentration, viols, violence en général,... L'ambiance est dès lors assez oppressantes. Seules quelques incohérences et une fin décevante entache un peu ce long métrage.
Malgré les avis négatifs sur ce film (que je respecte profondément, chacun a le droit d'avoir son opinion), j'ai découvert un film dérangeant (pas de quoi tomber à la renverse niveau gore ou violence, mais ce qui est suggéré est parfois affreux et inhumain) et bien mené jusqu'au bout. Captivant par moment, on souhaiterai absolument savoir d'où ce "mal blanc" peut venir, et pourquoi nous assistons à cette fin, mais nous n'en saurons pas davantage (on râle un peu...). Le film est surtout brillamment interprété, Mark Ruffalo et Julianne Moore en tête sont très crédibles et sincères, et les nombreux acteurs de second-plan les assistent par leur jeu époustouflant (on jurerait voir des aveugles !). L'intrigue est sans cesse renouvelée par des incidents inhumains (les soldats qui jouent avec la vie de leurs prisonniers innocents de tout crime sinon d'être tombés malades, le Dortoir 3 qui fait des rapts de femmes en vue de viols sauvages, les affamés et désespérés qui sont abattus s'ils s'échappent...). On assiste à ce qu'il y a de pire dans l'humanité, et la fin semble le Salut à nos pires craintes. Sans être un film d'horreur à proprement parler, voilà un thriller dystopique qui nous fait bien transpirer tant il semble réaliste...bravo à Ruffalo et Moore, et à l'ensemble des acteurs.
Tièdement accueilli au Festival de Cannes, c'est certes un film imparfait, avec voix off sentencieuse et discours moralisateur, étrangement consensuel pour un cinéaste (''La Cité de de Dieu'') que l'on a trouvé plus incisif. Mais il faut reconnaître que le récit est très fort, le cauchemar de ces individus s'assimilant à une véritable descente aux enfers, avec une absurdité des situations que n'aurait pas renié Kafka ou le Ionesco de ''Rhinocéros''. Impressionnant.
Sujet intéressant et traitement par l'image vraiment très soigné, ce Blindness impressionne par ses jeux habiles entre ombre et lumière, sa mise en place percutante et sa progression narrative plutôt bien maîtrisée. Le bât blesse quand même avec quelques sérieux soucis de cohérence sur le plan scénaristique, une absence d'explications de nombreuses incongruités (spoiler: personne ne s’appelle par son prénom, on ne saura pas pourquoi; un des dortoirs accapare la nourriture, on ne saura pas comment; il y a un flingue qui circule, on ne saura pas d'où il sort ). Blindness est surtout à considérer sur le plan métaphorique, comme une parabole biblique sur la vie sociale moderne et la nécessité de reconstruire le fameux "vivre-ensemble" sur de nouvelles bases. Les acteurs illustrent bien la diversité des réactions (démocratie, reconstitution de castes, égoïsme) face à un phénomène qui tient plus de la malédiction que de la maladie. Exercice de style un peu bancal par moments et peut-être trop porté vers le trip religieux, mais qui interroge vraiment.
Encore un film d'anticipation qui perd en crédibilité à cause du comportement incohérent des protagonistes principaux, en l’occurrence ici celui de la seule non infectée qui met du temps à réagir ! Pourtant, le postulat de base est intéressant (la perte de la vue pour tous se répandant comme une pandémie) et sera d'ailleurs repris trois ans plus tard par un "Perfect sense" beaucoup plus réussi ! Ajoutons à cela quelques petits problèmes dans le scénario qui viennent perturber l'ensemble (le manque de professionnalisme évident des autorités pour endiguer et circonscrire l'épidémie et le peu de soins ou de considération apportés aux infectés) et vous aurez un film somme toute moyen malgré des acteurs magnifiques (Julianne Moore en tête) mais ça ne suffit pas !
Pas toujours très convaincant dans le jeu des acteurs et de leurs réactions, le film sonne quand même plutôt juste dans sa globalité. Une très belle réalisation inventive soutien avec efficacité un film plutôt lent qui propose quand même quelques scènes très intenses et même dérangeantes. La fin rappelle aussi les réalisations de Romero, tant les aveugles errants dans les rues font penser aux zombis. "Blindness" est au final un film de qualité qui fait réfléchir sur la fragilité de notre société.
Le style visuel a beau être surexposé pour illustrer le "mal blanc" dont il est question, c'est dans le fond un film très sombre. Cette idée scénaristique permet de montrer l'espèce humaine en situation de survie, exposant les côtés les plus obscurs de l'âme. L'illustration est tellement réussie que c'est effectivement glauque et déprimant à regarder...
Voici l'un des films "fantastiques" et thriller le plus excellent que je n'ai jamais vu! Le concept est très bon, l'univers du film ainsi que son ambiance sont tous les deux angoissants. On veut savoir la fin dès les premières minutes, on veut comprendre. On est totalement pris dans le film sans décrocher une seule seconde! Un montage et une scénario brillants!