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Un visiteur
4,0
Publiée le 21 novembre 2007
Sublime, audacieux, émouvant, bluffant. Un film sur la violence sans la montrer, la confirmation des talents d'actrices de Marina Foïs passant de l'humour (parfois) au drame, sans pathos extrême. Une très bonne surprise. A voir absolument. Une fois qu'on a pris son courage pour entrer dans la salle, c'est un film bouleversant qui s'ouvre à nous.
Avec "Darling", Christine Carrière arrive à faire d’une histoire vraie, effroyable et sordide, un film qui comporte des filaments de poésie. Avertissement pour les âmes sensibles, ce film peut vous éclater le cœur. Marina Foïs s’est manifestement très investie dans ce rôle ; j’espère qu’elle va bien. À voir si vous êtes bien dans votre peau en ce moment.
Difficile de parler de ce film. Peut-être parce qu'il s'inspire d'une histoire vraie : le juger reviendrait à juger une personne. Si nous n'étions pas informés du caractère réel de Darling, sans doute aurions-nous du mal à croire à son histoire, tant le calvaire qu'elle endure est au-delà de l'imaginable. Aussi voit-on une petite fille maltraitée, puis une jeune femme mal dans sa peau, rêver d'ailleurs en regardant passer les camions sur la route nationale. Elle ne veut surtout pas devenir "paysante", c'est pourquoi elle refuse les avances du seul garçon qui la regarde avec tendresse. Et pourtant son désir est bien d'être aimée. Elle croit l'être quand elle rencontre "Romeo", qu'elle prend pour un rebelle, mais se rend vite compte qu'elle a épousé "un branleur". Il y a dans de belles idées de mise en scène, une volonté constante de ne pas évoquer frontalement la souffrance de son héroïne. Entre onirisme et pudeur (le pire n'est jamais montré, juste raconté ou suggéré), la narration est constamment respectueuse, aidée en cela par un commentaire off très souvent décalé ou ironique. Mais la voix off est quelquefois de trop lorsqu'elle surligne ce que l'on voit à l'image, et c'est dommage. Néanmoins l'ensemble n'est jamais pesant, puisque la réalisatrice, tout comme celle dont elle raconte le parcours, refuse tout pathos. Marina Foïs suit la même ligne, dans une jeu sobre, juste et touchant (Guillaume Canet est lui aussi très juste). La dernière scène est poignante, et c'est à ce moment-là seulement qu'on a les larmes aux yeux. Cela dit, malgré son indéniable sincérité, je ne peux pas dire que j'ai été réellement transporté par ce film. Je ne sais pas vraiment pourquoi : peut-être manque-t-il d'audace, comme si la réalisatrice n'était pas allée au bout de ses (nombreuses) bonnes idées. Au final, au lieu de voir un film qui prend aux tripes, j'ai simplement vu un film touchant. Sans doute n'est-ce pas assez lorsqu'il s'agit de la vie d'un être humain. D'où mes 2 étoiles.
Il faudrait être bien insensible, ou trop privilégié pour sortir de ce film indemne. Présenté à la manière d’un entretien en vue d’établir une sorte de un rapport social, le spectateur est placé comme auditeur. Avec toutefois de l’émotion, des sentiments et les images terribles qui nous projettent le parcours tragique de Catherine alias Darling. Un film coup de poing, cru, sans concession avec parfois au milieu du drame, le rire, cynique et douloureux. Mais Darling n’est pas un film désespéré, car Christine Carrière fait preuve de beaucoup de subtilité en ne tombe jamais dans la pathos ni dans le malsain. Elle s’attache à ce qui motive ou touche Darling pour mieux nous révéler malgré les apparences, la beauté, la force et la grandeur de son héroïne. La scène où Catherine « se lâche » est non seulement bouleversante mais très significative aussi de son vécu et de l’œil des autres sur elle-même. Marina Foïs, transfuge un peu effacé des Robin des bois, explose dans ce rôle. Elle apporte à Catherine sa gouaille, son côté dégingandé et la rend terriblement attachante et déchirante. Elle construit petit à petit par un jeu très affiné, toutes les étapes qui mèneront Darling à la fracture avec énormément de réalisme. Ce qui pourrait être le rôle d’une vie est pour Marina Foïs une porte d’entrée dans la cour des grandes actrices, comme jadis Binoche avec « Rendez-vous », Huppert avec « La dentellière » ou un Bonnaire avec « Sans toit ni loi ». L’un des grands films français de cette année 2007.
Je suis allée voir ce film grâce à l'automne du cinéma à Reims, parce que le sujet m'intéressait, et que Marina Foïs avait l'air d'avoir touché pas mal de gens sur ce site (et je fais largement plus confiance en général au public qu'à la presse). Mais le seul mot qui me vient après avoir vu ce film, c'est gluant (oui c'est bizarre lol) ! Et je suis ressortie de la salle avec une impression de malaise, j'ai trouvé que la réalisation sonnait trop "déjà vu", certains moments me rappelaient trop les vieux téléfilms de M6, enfin bref ce que j'essaye (difficilement) d'écrire c'est que je n'ai pas aimé l'ambiance générale du film, même si je dois admettre que Marina Foïs est très douée.. Après il est fort probable que j'ai du mal avec les films français et j'en suis bien désolée (sisi). Et pour une fois je suis d'accord avec les critiques négatives de la Presse (un miracle !). 4 ou 3 étoiles me semblent en tout cas beaucoup trop généreuses pour ce film, qui touche mais avec des moyens faciles (l'histoire..).
Très belle histoire avec un scénario très intelligent... Le début tragi-comique nous présente une gamine paumée qui nous explique le pourquoi du comment. A partir du mariage le film dévit vers un destin dramatique, presque gore... bien que le spectateur ne voit rien, choix discutable, sans être voyeur aucune scène ne frappe le spectateur ce qui fait que tout reste un peu irréelle, trop ancré dans l'imaginaire. Gros point fort pour Marina Fois qui est incroyable ! C'est très triste, on rit et on frissonne c'est obligatoirement à voir.
Adapté d'un roman de Jean Teulé, lequel l'avait écrit à partir de l'histoire vraie d'une femme dont il avait découvert a posteriori qu'elle était pour lui une cousine éloignée, "Darling" est surprenant dans la mesure où on a l'impression de suivre en ce début de 21ème siècle un destin de femme du 19ème siècle. J'ai écrit surprenant ? Pas tant que ça, finalement, dans la mesure où actuellement, dans une France qui s'évertue à copier les USA et l'Angleterre, tout prouve que le retour au 19ème siècle est le fin du fin en matière de "progrès social" ! Fillette mal aimée par ses parents, femme trompée et battue, "Darling", très bien interprétée par Marina Foïs, passe sa vie à passer d'un enfer à l'autre. Guillaume Canet est parfait en salaud ordinaire. Il est seulement dommage que la réalisation soit un poil trop plate.
une actrice grandiose, un acteur confirmé, de l'humour malgré la tragique de la vie de Darling, de la tragédie malgré le comique de certaines situations, un film touchant, un film prenant, en deux mots : c'est beau
Un portrait troublant et touchant d'une femme à qui la vie n'a pas fait de cadeaux. Humour, émotion et dureté se mélange dans cette histoire vraie qui nous laisse sans voix. On en ressort troublé et décidé à ne jamais croiser cette route.
Marina est merveilleuse, mais ne peut à elle seule sortir le film de sa complaisance dans le misérabilisme. Une mise en scène d'une grande pauvreté, un casting pas très crédible. Cette belle histoire aurait merité plus de talent à réalisation, plus de sincerité, plus de dignité.
Touchant, émouvant, surprenant, choquant. Les adjectifs manquent pour décrire DARLING. Le film retrace l'existence d'une jeune femme rejetée par sa famille, puis vivant avec un mari qui va lui en faire baver, pour ensuite se retrouver toute seule. Vie hors du commun mais qui arrive malheureusement trop souvent. Darling a tout enduré et nous fait partager ses joies, ses peines, ses luttes. Haïe, battue, violée. Comment de telles choses peuvent arriver? PLus humaine que n'importe qui, Darling est majestueusement interprétée par une Marina Fois transcendante de réalisme. Pas de fioritures, un portrait qui frôle l'inhumanité mais qui est malencontreusement si humain.
Quelque part entre Francis Palluau et Laurent Achard, un film qui se dope à l'ironie et au réalisme. Tous les acteurs se fondent dans ce milieu rural désespéré comme des caméléons. Impressionnante sans être toujours juste à cause d'une hésitation de ton, la mise en scène sert le propos de la réalisatrice sur la condamnation sociale, l'"habitus" si cher à Pierre Bourdieu ; se teinte d'un misérabilisme complaisant mais convaincant. Dommage que certains acteurs, parmi lesquels Guillaume Canet, peinent à étoffer la psychologie de leurs personnages.
Darling, ou le film le plus torturant de l'année ... Au début, on ne sait pas trop s'il faut rire ou non, sa vie est tellement triste mais elle est racontée avec tellement de recul et une touche d'humour que l'on ne sait pas quoi faire. Mais au fur et a mesure que le film avance, au fur et a mesure que la vie de cette femme tombe dans la déchéance, au fur et a mesure que la vie de ses enfants sombre dans le néant, au fur et a mesure que ses os rompent sous les coups de son mari, au fur et a mesure que cette femme ne devient qu'un objet dans un monde insalubre, au fur et a mesure que sa vie est gachée par tout ce qui l'entoure, on souffre avec elle. Très beau film que ne peut laisser personne indifferent.
Même si les 2 principaux acteurs sont très investi dans leur rôle, Marina Fois est très juste dans sa prestation et Guillaume Canet est parfait dans l’interprétation à contre emploi de son personnage de salaud, il est dommage que le film semble être trop facile en étalant sans limite de la souffrance. A vrai dire, je n’ai pas saisi l’intérêt de montrer un enchainement de malheurs : parents mal aimant, violence domestique quotidienne, misère, mariage raté, viol, torture etc. sans chercher à apporter de la réflexion sur le propos puisque le film ne fait que représenter consécutivement de la souffrance sans l’interroger sur sa cause et son sens comme si son auteur (Darling) qui fait la narration manquerait de recul. (Mais j’espère me tromper), je n’ai donc pas aimé le film. De plus, l’humour entremêlé à de la souffrance m’a mis un petit peu mal à l’aise même si on comprend qu’il est là pour mettre de la distance à ce que subit Darling. Mais comme le film est tiré d’une histoire vrai, je suis ravi que la vraie Darling se soit sortie de son calvaire et je lui souhaite que du bon.