Film injustement très méconnu. A partir de l'histoire vraie de l'automate dit "Le turc automate" créer par Von Kermelen en 1770 et qui sera l'une des arnaques les plus courues en Europe jusqu'en 1854. Le film ne reprend que le nom de Von Kermelen et l'automate pour créer une fiction qui se joue de la chronologie et des faits avérés ; mais là n'est pas le problème. Ce film est doté d'un scénario qui crée un intérêt certain grâce un suspense non négligeable et surtout à un charme indéniable de tous les instants. L'inventivité des automates ajouté à une mise en scène qui sait instaurer une ambiance toujours assez mystérieuse donne au film un style propre et singulier. L'interprétation n'y ast également pas pour rien, Conrad Veidt étant un Von Kermelen parfait et Françoise Rosay une Catherine de Russie particulièrement réjouissante. Certe les trucages ont un peu vieillis mais cela fait partie du charme et si on voit le film avec le regard adéquate ce film est un petit bijou qui mériterait plus de reconnaissance.
Un des films les plus ambitieux d'un bon serviteur du cinéma français (Copie conforme). Ce drame historique où Françoise Rosay incarne Catherine II (sic) est teinté de fantastique et évoque une Pologne révoltée sous le joug russe (quand on sait ce qu'il passera un an plus tard !). Plutôt convaincant.
Le film de Jean Dréville m'a perdu dès les premières scènes. Je n'ai à peu près jamais compris la dramaturgie de l'intrigue, partagée entre une querelle russo-soviétique anecdotique, avec dissidents polonais en rébellion, et l'activité de concepteur d'automates, dont le joueur d'échec, du baron de Kempelen, vu comme un démiurge dont le rôle et le sens sont restés un mystère pour moi. Et s'il y a métaphore, évoquant peut-être une partie d'échec avec le pouvoir russe, ou en rapport avec la fuite d'un officier polonais pourchassé par les Russes, elle m'a échappé. A part Catherine II incarnée épisodiquement par une Françoise Rosay très faubourienne, les personnages, sont très peu caractérisés et mal identifiés sous leur perruque poudrée et leur uniforme. Car le fim est un romanesque défilé de costumes à la mode russe que j'ai trouvé parfaitement creux. Une chose est sûre : la portée et l'enjeu dramatiques de l'intrigue sont indifférentes. La mise en scène de Dréville m'a semblé immédiatement imprécise, incapable d'installer la moindre intensité dramatique, de quelque nature que ce soit, et encore moins de donner du relief aux personnages, réduits à l'état de gravures de mode. Cette adaptation d'un roman parait illustrative et pas de nature à éclaircir les intentions de l'auteur.
Remake d'un film muet de Raymond Bernard et fruit d'une "période russe" dans le cinéma français de la fin des années 30, "Le Joueur d'échecs" est comme les autres oeuvres de cette "période", intéressante mais manquant sérieusement de flamboyance et de rythme. Les deux points forts du film sont clairement Françoise Rosay dans le rôle de la Grande Catherine et Conrad Veidt dans celui du créateur d'automate, brillants tous les deux. Autrement, l'histoire est bien imaginée, la réalisation est impersonnelle et les trucages ont vieillis mais gardent un charme indéniable. Certes loin d'être mémorable, "Le Joueur d'échecs" est tout de même un film de qualité.