Dans la Grande-Bretagne des années 80, gouvernées par Marguerite Thatcher, "This is England", d'un élan autobiographique, dépeint le quotidien d'un jeune adolescent qui bascule soudainement dans l'agressivité et l'insolence en se liant à un groupe de skinheads révoltés. Basé sur un solide discours pacifique et une reconstitution habile de la morosité ambiante qui flottait dans les âmes indignées de cette époque pas tout à fait révolue, "This is England", avec finesse et sensibilité, parle de l'amour contre la violence, du combat pour le souvenir, avec à la clé le respect, et du courage au-dessus de la force physique. Même s'il arrive au film de sonner faux (les relations amoureuses entre le jeune anti-héros et la fille appartenant au groupe qu'il déçide de suivre, par exemple), il contient du début à la fin une vitalité nécessaire qui font de cette oeuvre non pas un pamphlet démago misérabiliste, mais une vraie ôde à la dignité, un essentiel cri vainqueur contre la mort, dénué de sensiblerie. Dommage que toute cette beauté soit quelque peu envahit par la détermination du film à ancrer l'histoire, au fond universelle, dans le passé (les nombreuses images d'archives en sont la preuve), alors que l'Angleterre ne s'est toujours pas remise de ses propres fantômes, combatifs et déterminés à se faire remarquer. Il aurait indéniablement été plus judicieux de transmettre des parallèles avec l'actualité du pays pour qu'en transparaisse un message à la résonnance plus audible, même si toute la force du sujet est déjà rendue avec crédibilité et puissance. Un film essentiel donc, écrit avec une terrible justesse, et interprété magnifiquement par le tout jeune Thomas Turgoose, et surtout par Stephen Graham dans le rôle du second père, dont le racisme et l'idéalisme mêlé s'isolent aux yeux d'un enfant qui ne cherche que de l'amour. Dans son rôle, l'acteur de ce faux père manipulateur livre une prestation digne des plus belles de l'année. Tout simplement monstrueux, il y fait tran