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bobmorane63
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5,0
Publiée le 4 juillet 2019
Un film d'animation made in France réalisé par Sylvain Chomet qui tient le pari de haute chandelle d'adapter un scénario inédit de Jacques Tati et de le mettre à l'écran de façon touchante, humaine et beau visuellement !! "L'illusionniste" raconte l'histoire d'un magicien intermittent du spectacle qui arrive a faire des tours de passes mais peine a trouver du public à la fin des années 50. Il voyage avec son lapin en Ecosse puis en Grande Bretagne pour se faire de l'argent et rencontre une jeune femme qui le suivra dans ses aventures du monde du spectacle et des petits jobs. J'ai beaucoup aimé ce long métrage d'animation ou il n'y a que très peu de dialogues, tout se passe dans les gestuelles des personnages et dans leurs expressions aux visages. Il y a de la poésie dans le récit et j'avouerais y avoir versé une petite larme sur la fin, ce sont des histoires simples que nous offre quelques fois le cinéma qui peut nous touché et nous emmerveillé. Les images d'animations sont très bien travaillés. Une petite perle du 7ème art a ne pas manquer.
Après l'oscarisé Les Triplettes de Belleville, où les personnages visionnaient déjà un extrait de Jour de fête dans leur lit, le réalisateur Sylvain Chomet continue son histoire d'amour avec l'iconique Jacques Tati en adaptant un script de trente pages écrit par Tati lui-même. Grâce au financement de Pathé, et sous l'impulsion de Sophie Tatischeff, récemment décédée, et à qui le film est dédié, Sylvain Chomet a donc su mettre sur pied ce qui se présente avant tout comme une entreprise originale: un film d'animation traversé de réminiscences du cinéma de Tati.
L'histoire est simple: un prestidigitateur vieillissant rencontre une jeune fille qui gagne sa vie à passer la serpillière dans une auberge. L'un se rapproche de la fin de son parcours, l'autre a tout l'avenir devant elle. L'un se contente modestement d'un salaire fixe qui lui permette de vivre, l'autre cède aux diktats de la société de consommation et fantasme sans répit sur une nouvelle paire de souliers, une nouvelle veste, une nouvelle robe. Rencontre belle, rencontre improbable. Le presdigitateur énigmatique et élégant, éternellement accompagné de son acolyte le lapin, est à lui-même, il faut le dire, l'un des derniers vestiges d'un monde en déclin: celui du music-hall. Tandis que lui, le prestidigateur, procède sans broncher aux quelques tours de magie de son répertoire respectable mais limité devant un public très restreint (une grand-mère et un enfant, chewing-gum au bec); les autres représentants de ce monde périmé peinent à s'intégrer au sein d'une société en constante mutation: un clown tente de se suicider, un ventriloque se retrouve à mendier dans la rue, des acrobates mettent leurs pirouettes au service d'une agence de pub. Car le temps passe, il faut bien s'en rendre compte: la technique fait constamment de nouveaux progrès - des plans larges particulièrement magnifiques nous présentent Paris puis Édimbourg comme des métropoles soucieuses de modernisation, traversées de lignes de chemins de fer et d'automobiles de plus en plus sophistiquées; les vieilleries du music-hall (magiciens, ventriloques, acrobates et clowns) cèdent la place aux bandes de rock qui se trémoussent devant une armée de jeunes filles en émoi.
Dire la vie, la rencontre, l'amour, le temps qui passe avec simplicité, humour, émotion: telle est la grande réussite d'un film qui trouve toujours le bon dosage entre purs gags (le moment où Tatischeff doit réparer une voiture, l'intervention d'une plantureuse chanteuse d'opéra arborant une toge romaine et un casque de légionnaire) et moments d'émotion (les dernières images, bouleversantes, où toutes les lumières de la ville s'éteignent petit à petit). S'il part d'un script de trente pages laissé de côté par Tati à l'époque parce que celui-ci redoutait la teneur trop dramatique du projet, L'illusionniste parvient finalement à s'adresser à un public très large, loin de se réduire à l'armada des fans de M. Hulot, et confirme avec vigueur et maestria la formidable vitalité d'un cinéma d'animation français, décidément de plus en plus ambiteux et diversifié (citons Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, Azur et Asmar de Michel Ocelot...).
Par le réalisateur de « Les Triplettes de Belleville ». Un savant mélange de deux univers : celui de Sylvain Chomet, le réalisateur et celui de Jacques Tati ! Et c’est plutôt réussi. Les dessins sont superbes et la musique vient rehausser par petites touches le côté dramatique et émouvant d’un scénario qui ne laisse aucune place à l’ennui. C’est une animation qui s’adresse avant tout à de grands enfants qui seront peut- être également touchés par cette poésie des images, empreinte de tristesse qui nous entraîne jusqu’au générique de fin.
Un film d’animation français de Sylvain Chomet, déjà réalisateur des "Triplettes de Belleville", qui adapte ici un scénario imaginé par Jacques Tati, lui rendant ainsi un bel hommage ; la réalisation met en exergue la fin d’un monde, celui du music-hall, à la fin des années 1950. Le film bénéficie de grandes qualités de graphisme et l’on prend plaisir à retrouver la silhouette, posture et gestuelle du lunaire Monsieur Hulot, dont le burlesque tranche avec l’univers mélancolique ici dépeint. Quasiment muet, parfois un peu long... Un film imparfait mais dont émane un charme désuet et rétro comme seul le cinéaste sait rendre compte !
Sept ans après les superbes Triplettes de Belleville, Sylvain Chomet nous embarque à Edimbourg pour un nouveau film tiré d'un scénario inachevé de Jacques Tati, et mettant en scène le génial cinéaste de Mon oncle lui-même. Une fois encore, son univers poétique, taiseux et mélancolique fait mouche. Un petit bijou d'animation.
Quelle désillusion ! Sylvain Chomet n'a pas réussi, d'après moi, à rééditer le petit miracle des "Triplettes de Belleville". Pourtant, "L'Illusionniste" commence très bien : son charme désuet, la qualité de ses dessins, de la musique, toute sa poésie fonctionne parfaitement pendant un gros premier 1/4 d'heure - jusqu'à l'arrivée du magicien en Ecosse. Le problème c'est que la suite, pire que de m'ennuyer, m'a carrément fichu le bourdon. Ca tient à peu de chose pourtant : le fait que la quasi absence de dialogues (choix risqué mais défendable) n'ait pas été compensé par une bande son agréable me semble en être la raison majeure. On se retrouve donc devant une histoire mélancolique, à l'univers vieillot, où la solitude de personnages atones prédomine, plongés dans un long silence qui finit par en devenir déprimant. Le scénario n'est pas non plus le point fort de ce film d'animation, malgré quelques trouvailles de-ci, de-là. Enfin, le dernier 1/4 d'heure est quand même bien plus agréable à suivre, malgré sa morale pessimiste, et le retour d'une jolie musique est sans doute le coup de baguette magique qui avait manqué... Comme quoi, ça n'a pas dû se jouer à grand chose... à un ou deux trucs près...
Joli film très fidèle à l'esprit et au personnage de Tati. C'est vraiment bien fait et comme toujours avec Chomet très dépouillé dans le récit. Tout est dans l'art du dessin. En fait c'est Chomet aussi l'illusionniste: celui qui nous émerveille.
Ce film d'animation à l'ancienne, adapté d'une oeuvre inédite de Jacques Tati, possède un scénario superbement écrit, à l'ambiance bouleversante, mélancolique et au graphisme excellent. Un chef-d'œuvre.
Sylvain Chomet, l’auteur des Triplettes de Belleville, a hérité d’un beau cadeau : un scénario inédit de Jacques Tati, laissé dans les cartons depuis plus de cinquante ans. Le cinéaste l’avait abandonné, le trouvant trop sombre et se trouvant lui-même, en tant qu’acteur, trop peu agile de ses mains (et diminué physiquement par une blessure contractée sur le tournage des Vacances de Monsieur Hulot) pour interpréter un illusionniste. Il est donc assez émouvant de voir le personnage de Tati reprendre vie à l’écran et accomplir des tours de passe-passe, l’animation concrétisant un rêve à titre posthume. Chomet a abordé le projet avec délicatesse, entre hommage, fidélité à l’œuvre et à l’esprit du cinéaste, et sensibilité personnelle. Le mariage des deux univers créatifs est très réussi. Une grande silhouette un peu raide, une maladresse qui ne manque pas d’élégance, un comique de geste et de situation, quelques mots et borborygmes jaillissant de-ci de-là : Jacques Tati est bien là, servi par un graphisme joliment anachronique et remarquablement animé. Par ailleurs, les décors urbains et les paysages de la campagne écossaise bénéficient d’un dessin très soigné, d’un luxe de détails, de superbes couleurs et variations de lumière. Sur le plan dramatique, le ton est à la mélancolie. Le sens du burlesque de Tati n'a jamais été aussi triste. C'est la fin d'un monde : celui du music-hall. On croise un clown alcoolique et suicidaire, un ventriloque sans le sou et SDF... Le prestidigitateur, lui, finit par relâcher son lapin blanc en pleine nature. C'est aussi l'avènement du rock, du star-system et de la société de consommation, croqués avec un dépit cocasse. Quant à l'histoire centrale – la relation filiale entre la jeune fille et le magicien –, elle est touchante sans être particulièrement originale. Au final, L'Illusionniste n'est peut-être pas le scénario le plus riche et inventif de Tati, mais il donne la matière d'un très bel exercice de style.
C'est un très beau film, retro et mélancolique, optimiste et déprimant, drôle et triste, dans la même veine que les Triplettes de Belleville. Les cinéphiles y trouveront leur compte dans les références multiples, notamment l'hommage général à Jacques Tati, les autres seront impressionnés par la très belle qualité de l'animation, ou envoûtés par la bande originale, ou tout simplement charmés par la poésie du scénario.
Beau mais sans plus. Il manque l'esprit déjanté des Triplettes de Belleville. Evidemment c'est sur un scénario du grand Jacques Tati, la musique est jolie, mais le tout est assez fatiguant bien qu'il est rempli de bons moments comme la scène finale.
Ce film un brin nostalgique est d'une grande tristesse... Il faut souligner le très beau travail (le graphisme et la musique), mais je suis sorti un peu sur ma faim. Un peu déprimé, disons. C'est le genre de film dont on aurait aimé un happy end, comme tous les contes.