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Pascal
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3,5
Publiée le 8 février 2026
Ressortie en salle de trois opus dont " Adoption " 1975, de la cinéaste hongroise Martha Metzaros à l'occasion d'une rétrospective qui lui est consacrée à la cinémathèque française.
"Adoption " Ours d'or ( Berlin 1975 ) est généralement considéré comme un des titres majeurs de Martha Metzaros, femme cinéaste à la filmographie la plus longue ( environ 60 films ) de l'histoire du septième art.
Le choix du sujet, le titre ne peut être plus clair, est vraisemblablement en liaison avec le parcours de vie de la cinéaste, qui fût elle-même adoptée après la disparition successive de ses deux parents ( son père fut fusillé en Urss en 1938 pendant les grandes purges, sa mère au cours d'une épidémie de typhus ).
Film intimiste placé sous le signe du lien, de la volonté de transmettre ( un épisode de l'histoire montre que l'instinct maternel est un leurre, un conte pour optimiste ), " Adoption " monte crescendo en intensité avant de proposer une fin ouverte.
La scène du mariage en dit long sur la puissance des traumas, qui compliquent la vie de ceux qui en ont été victimes, sans qu'ils sachent qu'ils ont en eux un cheval sauvage qu'ils ne maîtriseront ( peut-être ? ) que grâce notamment à un soutien thérapeutique.
C'est filmé à l'os en noir et blanc, souvent émouvant et surtout très puissant à la fois par sa mise en scène et par son caractère universel !
Je ne sais plus quel champion d'échecs recommandait de commencer l’étude de ce jeu par la fin. Pour le cinéma, je pense de plus en plus que le talent de mise en scène se révèle non sur le début, mais sur le final. Exemple : Márta Mészaros dont les 3 films récemment redécouverts (Elles deux, Neuf mois, Adoption) laissent le spectateur sur des ouvertures poétiques qui le poursuivront longtemps. Dans Adoption (pas de spoiler, ne vous inquiétez pas), un plan large montre un femme courant pour attraper un bus qui arrive : les longues secondes de sa course sont douloureuses pour nous. Y-arrivera-t-elle ? devient une question qui engage tout ce nouvel avenir qu’elle se construit, et vous verrez bien si elle réussit ou non. C’est simple, juste, bouleversant. C’est ça le cinéma.