On a vu mieux de la part d'Asghar Farhadi que ce "La Fête du feu" relativement classique et sans grosses surprises. Ce long métrage a au moins le mérite de préparer le terrain pour son trés bon "Une séparation" qui en reprend certaines thématiques. Si le cinéaste iranien s'en sort honorablement avec ce drame de bonne facture, "La Fête du feu" manque un brin de piquant, d'émotions et de tensions pour en faire une oeuvre inoubliable.
Un très bon film qui laisse déjà deviner le talent des films à venir . Cette journée du feu est filmé au plus près , intensément, avec des drames humains, avec des larmes, et de la joie. Des sentiments universels et aussi des femmes qui jouent un rôle très important, et qui sont sur un piedestal. Un vrai petit bijou.
A. Farhadi connu la reconnaissance publique dans l'Hexagone avec " une séparation ". Si ce succès inattendu a permis aux films suivants du cineaste de trouver un écho, il éluda injustement ses films précédents.
C'est ainsi le cas de " la fête du feu" ( le titre fait référence à une fête iranienne célébrée avant la conversion du pays à l'islam le dernier mardi de l'année ).
Si cette fête servira de cadre temporel pour le dernier quart d'heure du film, le titre retenu est un métaphore de la situation vécue par le couple décrit dans cet opus de Farhadi.
On reconnaîtra des références scénaristiques qui seront reprises dans " une séparation " ( un couple est en voie de dislocation ; le rôle clef de la femme de ménage) et dans " un client" ( la femme qui vit seule en appartement et qui a un amant marié).
" la fête du feu" est au niveau de ce que le metteur en scène a fait de mieux ( certes "une séparation " comprend plus de ressorts scénaristiques que " la fête...") et propose notamment une réflexion sur le mariage et ses écueils.
C'est une très grande réussite de son auteur, porté par une interprétation magnifique d'un casting féminin uniformement charismatique ( sur ce point, c'est peut-être le chef-d'oeuvre de son auteur) , un scénario et des dialogues écrits avec adresse qui en font un opus hautement recommandable.
" la fête du feu" montre que le talent de Farhadi était déjà bien présent avant " la séparation " qui doit être vu comme la chambre d'écho de toute la filmographie du cinéaste
Le succès assuré par le bouche à oreille d’une Séparation assure à Asghar Farhadi une nouvelle notoriété justifiant amplement la reprise en salle de ce film datant de 2006. Là encore le réalisateur iranien nous propose une chronique conjugale de la classe moyenne de Téhéran, avec cette histoire d’adultère entre voisins de palier d’un immeuble impersonnel et triste. On ne prêterait guère attention à cette banalité universelle sans le contexte social d’une société où la femme exerce plus sa liberté d’acte et de parole au sein du foyer qu’à l’extérieur. Le regard du réalisateur nous oblige à revoir nos préjugés et nos idées sur une société qui n’est pas seulement formatée par une religion d’état. La superbe scène des feux et pétards du nouvel an iranien nous montre du reste un visage plutôt païen des coutumes de la ville. Malgré toutes ses qualités, on ne retrouve pas dans ce film la tension dramatique et émotionnelle d’une Séparation ni celle d’À propos d’Elly, autre opus passé injustement inaperçu il y à deux ans.
Le succès d'Une séparation a permis la ressortie de La fête du feu, troisième film de Farhadi, tourné avant A propos d'Elly. Il y a plus que des similitudes entre Une séparation et La fête du feu et, notamment, une manipulation éhontée du spectateur, mais jouissive (comme chez Hitchcock), auquel on cache des choses tout le long du film, pour mieux le surprendre. Le thème est celui de la jalousie d'une épouse et donc, de l'adultère, traité à l'iranienne -de nombreuses scènes ne pourraient se concevoir en occident- et cependant d'une portée universelle. Certains évoquent un vaudeville, et c'en est un en effet, mais réalisé avec une telle intensité dramatique que cela devient une quasi tragédie, et en tous cas un thriller sentimental, d'une densité émotionnelle équivalente à celle d'Une séparation. La mise en scène, si elle se fait apparemment discrète, est fabuleuse : pas un plan qui ne soit réalisé au hasard, comme si Farhadi avait, à la manière de Kurosawa autrefois, dessiné tout le storyboard avec l'emplacement des caméras. On n'est pas loin du théâtre filmé, cependant, l'action se confinant souvent entre quatre murs, ce qui donne cet aspect asphyxiant au film, mais le cinéaste s'en échappe par la variété de ses focales et un art du dialogue qui crépite, proche, et l'on revient au vaudeville, à ce qu'un Lubitsch ou un Wilder savaient faire. Autre idée de génie : faire observer l'affrontement de ce couple à travers les yeux d'une étrangère, une femme de ménage, presque là par accident, mais il n'y en a pas chez Farhadi, et qui symbolise le regard du spectateur, elle qui va être la seule à pouvoir rassembler toutes les pièces du puzzle. Dernière chose : La fête du feu se situe en fin d'année, à un moment où les iraniens se défoulent en faisant éclater des pétards un peu partout à Téhéran. Il y a une longue scène, vers la fin, presque muette, où la voiture du mari, qui raccompagne la femme de ménage qui vient de découvrir la vérité, traverse des rues encombrées de fêtards et illuminées par des feux de joie. La fête du feu est un film étouffant, passionnant et incroyablement retors. Personnellement, j'adore ça.
Enfin un film iranien qui ose montrer la réalité de la société iranienne, sans la faire passer par des artifices tels que la peinture des enfants iraniens. Ici, on parle de la jalousie dans un couple, on parle d'adultère. Ici, les femmes, bien que manquant de liberté, sont des personnages forts, et, dans le secret du domicile, elles tiennent tête à leurs maris. Un très bon film, qui apprend beaucoup de choses au spectateur occidental, et, ce, sans prechi-precha, sans l'ennuyer.
Un regard original sur le couple, singulier dans la cinématographie iranienne. Proche à la fois du néoréalisme à la Kiarostami et de l'étude de moeurs occidentale, en particulier les films sur l'incommunicabilité.
Moins abouti que les films suivants de Farhadi, notamment La séparation, celui-ci nous montre déjà que ce réalisateur s'est positionné comme le peintre de la petite bourgeoisie iranienne, une sorte de Truffaut oriental, avec une pointe de vision sociale en plus. Il décrit à merveille, comme dans La Séparation, les relations entre la femme de ménage et ses employeurs. Le scénario est très classique et sans grande surprise, mais la psychologie des différents personnages permet de s'attacher à cette histoire somme toute banale de jalousie, qui pourrait se dérouler n'importe où, à n'importe quelle époque, quelques détails secondaires mis à part.
Après le succès international récent d'Asghar Farhadi, j'ai eu envie de me pencher sur ses œuvres antérieures à "Une séparation" et "Le passé" ; "A propos d'Elly" avait confirmé toute mon estime pour le réalisateur iranien ; "La fête du feu", dans une moindre mesure, également. On y retrouve la maîtrise scénaristique de Farhadi, sa direction d'acteur impeccable, sa radiographie de la société iranienne, et son goût pour la dissolution de la vérité objective au sein des différents points de vue subjectifs. Du coup, l'attention du spectateur est sollicitée en permanence, son regard sur les évènements évolue constamment, en même temps que celui de la jeune aide-ménagère. Simplement, le récit et ses enjeux m'ont un peu moins touché mais "La fête du feu" mérite d'être visionné.
Peut-être moins "génial" que les 3 films qui vont suivre, 'La fête' est un excellent film bien typé avec les mêmes préoccupations et les mêmes qualités que ce qui va suivre. Les iraniens sont montrés comme des personnes sensées, respectueuses, altruistes même. Les femmes, notamment !
Encore un excellent film d'Asghar Farhadi. Dans cette histoire d'une femme qui se croit (à tord ou à raison) trompée par son mari, où se mêlent les petits mots qu'on entend par çi par là, on est epoustouflé par l'omniprésence des femmes. Il ne faut évidemment pas dévoiler la chute mais en quelques secondes et quelques regards tout se dénoue. C'est vraiment très fort. Bravo à ce réalisateur qui amène une fraîcheur et un regard nouveau sur le jeu des sentiments. Allez voir ce petit bijou.
Asghar Farhadi réalise encore un petit bijoux du cinéma iranien. Film drôle et intriguant. L'humour dans le personnage de l'aide-ménagère se mélange avec le drame que vit le couple. Un film plongeant dans le quotidien d'un quartier où les cries et les jeux des enfants accompagnent la majorité des scènes. Si je ne note pas ce film par 4, c'est dû à l'absence de belle photo avec des arrières plans attachant montrant un peu l'iran ou teheran. Autre point négatif à mon sens, c'est la quasi-absence d'une belle musique sur quelques scènes du film, en dehors de la première scène du générique. Quant au scénario, il est super, avec des dialogues attachants et on sent une grande spontanéité dans les discussions. Un film que je recommande.
Le cinéma d'Asghar Farhadi relève de la gageure : celle de parvenir à concilier écriture et spontanéité ; celle aussi d'étre sans cesse animé d'un feu sacré (cette scène du retour à la maison dans les rues d'un Téhéran en fête entre feux et pétards est une belle illustration de ce style particulièrement électrique et explosif) ; celle enfin de nous montrer les paradoxes d'une société iranienne oscillant entre le poids de la tradition et le désir de modernité.
On pourrait voir dans ce film une preuve supplémentaire de la vitalité du cinéma iranien. Mais cette étiquette est réductrice, l'action pourrait se dérouler n'importe où dans le monde et le film ne cherche pas à racoler le public occidental par un sujet ouvertement politique. Le sujet du couple en crise est assez bien traité, et l'idée de le présenter à travers le regard d'une aide-ménagère est plutôt bonne.