Un drame conjugal et médiatique. Marqué au fer rouge. C'est la honte et l'infamie. L'argent ne peut pas sauver l'honneur. Seule la repentance peut le faire. Un film sombre mais passionnant.
Nous ne présentons plus Cecil B. DeMille. Icône du cinéma américain, auteur de films blockbusters comme le remarquable Les 10 commandements ou Sous le plus grand chapiteau du monde. Avant ses oeuvres majeures, il a réalisé de nombreux courts-métrages surtout sous la Grande Guerre. Des films mineurs mais qui recèlent quelques trouvailles, visuelles ou scénaristiques, qui forgeront son cinéma. C'est intéressant de remonter aux origines du travail de cinéaste. Or, comme avec cet exemple, on ne devient pas nécessairement bon dès son premier film. The Cheat ou Forfaiture s'inscrit comme essai du cinéma de Cecil B. DeMille. Pas scénaristiquement bon, il résulte quelques images fortes qui s'inscrivent dans l'imaginaire collectif : à commencer par le "viol" de la succulente et immortel Fanny Ward (scène impressionnante pour l'époque pour sa violence et sa dramaturgie). On retiendra également les plans japonisant autour de l'acteur Sessue Hayakawa et les jeux de miroir très créatifs. En NB et muet, c'est un film qui est à découvrir uniquement pour les passionnés de cinéma. Le grand public risque de s'ennuyer profondément. The Cheat est donc un film convenu, qui se regarde à petite échelle dans la filmographie de DeMille puisqu'on retrouve certains éléments qui seront mieux exploités dans le futur.