« Burn after reading » ou littéralement « Détruire après avoir lu » (clin d'œil au générique de "Mission impossible"), clôt provisoirement la trilogie des idiots que les frères Coen avaient initiée en 2003 avec George Clooney qui il faut le reconnaître a merveilleusement servi leur initiative. À tel point que les trois hommes en remettront une couche en 2016 avec l’excellent « Ave Cesar ! ». Le tournage se déroule alors que les deux frères viennent d’accéder à la consécration définitive avec « No country for old men » qui leur a apporté quatre oscars dont trois les récompensant nommément (film, réalisateur et scénario). Ils peuvent donc de se consacrer sereinement à ce qui sera leur première création originale depuis « The Barber » en 2001. On connaît le goût des deux hommes pour plonger leurs intrigues dans un genre classique du cinéma hollywoodien pour ensuite mieux le déstructurer de l’intérieur. Cette fois-ci, ce sera le film d’espionnage qu’ils vont sans cesse effleurer sans jamais se saisir pleinement de ses codes traditionnels qui sont pourtant nombreux. Certes, Osbourne Cox (John Malkovich) est un agent de la CIA qui se fait virer pour alcoolisme. Mais c’est l’idiotie de Chad (Brad Pitt) additionnée à celle de Linda (Frances McDormand), deux employés d’une salle de remise en forme qui va déclencher une série de catastrophes amenant les services secrets à s’intéresser à une affaire qui n’aurait jamais dû en être une. En effet, obsédée par son physique, Linda s’est convaincue de devoir effectuer quatre opérations de chirurgie esthétique pour lesquelles elle n’a pas les fonds. Chad, de son côté, met par hasard la main sur un DVD appartenant à l’agent de la CIA viré dont il se persuade que les données qu’il contient sont ultra confidentielles. Les deux décident de concert qu’ils peuvent faire chanter son propriétaire. À partir de ce postulat de départ, il faut le reconnaître assez alambiqué, se met en place une intrigue dont la complexité des ressorts est quant à elle parfaitement digne de celle des films d’espionnage dont le charme consiste à promener le spectateur intrigué dans un entrelacs dont il ressort ébloui mais un peu hagard. Mais une fois n’est pas coutume, ce sont les personnages eux-mêmes qui sont perdus. Pirouette scénaristique génialement efficace. Même à l’envers, les deux frères d’humeur taquine ont parfaitement respecté le cahier des charges. Mais s’il y a une chose que l’on comprend très rapidement, c’est que ce dernier segment de la fameuse trilogie des idiots va aligner les spécimens de l'espèce sans discontinuer jusqu’à la dernière image. À ce petit jeu, chacun des acteurs peut y aller de sa performance. George Clooney cette fois-ci accroc à son apparence, se prend à l’envie de faire du jogging dès qu’il baisse les yeux sur son ventre (les Coen en profitent au passage pour glisser un plan explicite dans Central Park en hommage au « Marathon Man » de John Schlesinger. Brad Pitt lui emboîte le pas, complètement décérébré sous son brushing blond platine. Frances McDormand ne s’en sort pas mal non plus en femme d’âge mûr voulant à toute force se refaire une jeunesse. J.K Simmons décidemment excellent, conclut brillamment cette pochade, en chef des services secrets éberlué qui referme un dossier qui n’avait vraiment rien pour être ouvert. Excellent cru des deux frères parfaitement en confiance après le succès de « No country for old men » qui ne sont jamais aussi acerbes sur la société américaine que lorsqu’ils décident de présenter aux spectateurs la face goguenarde de leur créativité.
Quel délire encore des frères Coen ! Cette comédie parodique d’espionnage loufoque met en scène une tripotée de losers et d’idiots qui vont se croiser dans un fatras insensé fait de quiproquos tordants. Les dialogues sont un régal du genre et le génial casting s’éclate avec en tête les timbrés que sont John Malkovich et Frances McDormand sans oublier un Brad Pitt imbécile irrésistible et un George Clooney à contre emploi bien attaqué aussi. C’est complètement décalé tout en étant finalement assez plausible par les concours de circonstances présents. En tout cas on rigole beaucoup et le scénario est bien plus intelligent qu’il n’y paraît, la réalisation étant comme toujours avec les frangins Coen aux petits oignons. Ce n’est pas le plus grand métrage des frères mais Burn After Reading reste très réussi.
On reconnaitrait entre mille les films des frères Coen. Ils ont cette magie, cette folie particulière avec des personnages hors du commun et tout ça campé par des acteurs de renom (Brad Pitt excellent finissant dans un placard, Clooney en raté coureur de Jupons, Malkovitch en déprimé de la CIA, Frances Mac Dormand en femme quelconque pris dans la tourmente) Un bon moment de cinéma .... décalé pour notre pur bonheur
Les frères Coen ont réussi un beau coup avec "Burn after reading". Ils ont tout d'abord réuni un casting de qualité : John Malkovich, Georges Clooney, Brad Pitt ... Même JK Simmons qui apparaît un petit rôle est irrésistible.
Leurs personnages sont hauts en couleur. La plupart sont des crétins finis et les acteurs semblent s'en amuser beaucoup.
Mais surtout les scénaristes ont écrit une histoire très fine, qui laisse réfléchir sur les quiproquos et les conséquences qui peuvent en résulter (l'effet papillon, tout ça ...). Non seulement c'est fin, mais en plus c'est drôle.
Il est simplement un peu dommage que la réalisation et le visuel soient très classiques et peu ambitieux mais c'est un défaut peu important lorsque l'on rit de bon coeur devant une comédie !
Burn After Reading, une comédie d'espionnage des frères Coen décapante dans lequel tout le monde en prend pour son grade ! Ce film clôt la trilogie des idiots des Coen avec efficacité dont trois films avec George Clooney : O'Brother, Intolérable Cruauté et puis celui-ci. Burn After Rading n'est qu'une suite de coïncidences anecdotiques, sans véritable enjeux majeur et c'est seulement pour cela que les acteurs ont signé pour ce film : pour se libérer en jouant les timbrés ! L'histoire finira spoiler: par se lier à travers tous ces personnages pleins d'énergie. Deux employés d'une salle de gym, Linda et Chad, mettent la main sur les états financiers d'un agent de la C.I.A.: Osbourne Cox. Ce dernier vient de quitter son emploi. Croyant qu'ils ont affaire à des documents top secrets, spoiler: ils essaient de le faire chanter pour que Linda puisse se faire une chirurgie esthétique. Tout ça pendant que la femme de Cox le quitte pour un séducteur paranoïaque qui va d'ailleurs charmer Linda, une adepte de site de rencontre. Chaque acteur a son moment à lui, et tous sont à la hauteur. Brad Pitt est hilarant, tout particulièrement à l'aise dans le rôle d'un imbécile heureux et offre d'ailleurs les quelques seuls francs ricanements du long-métrage. Frances McDormand et John Malkovich pas mauvais non plus, ils semblent bien s'amuser en disant sans cesse des « fuck » ! George Clooney frôle l'auto-parodie dans ce rôle de tombeur et s'avère aussi drôle, spoiler: persuader qu'il est suivi en faisant son footing... Le passage très rapide à l'écran de spoiler: J.K. Simmons est conçu pour manipuler les horizons d'attente du spectateur. Ça, les Coen savent toujours le faire ! Le rythme est honnête pour une durée de 1h30, il y a un certain suspense sur comment les deux employés vont ils s'y prendre dans cette affaire loufoque. Même si on attendait un peu plus de situations délirantes dans Burn After Reading, les sourires sont malgré tout, au rendez-vous ! Pas vraiment de rire incontrôlable donc... On voit que les deux frères ont eu beaucoup de plaisir à faire le film que tellement il s'avère tordu, imprévisible et parfois hilarant. Un bon film des frères Coen qui est devenu culte au fil des années !
Très très bon film des frères COEN... Comment ne pas apprécier un tel film ?! En ne sachant pas voir un film sans le premier degré de base. En n'appréciant pas un humour rarement exploité au cinéma. En étant choqué par des acteurs employés à contre-emploi... La vraie qualité du film est un scénario dingue mais solide qui assume une bonne part de loufoquerie. Un côté loufoque d'ailleurs parfaitement joué par des acteurs tous géniaux et tous dans une belle osmose. La différence entre l'humour décalé et les scènes à la violence hyper réaliste sont une bonne idée qui oblige à une réaction jubilatoire. Seul petit défaut, quelques scènes trop en longueur car d'une importance bien relative comparé à l'intrigue principale (surtout au début, mise en place poussive). Mais le plaisir est là, une vraie récréation après "No country..."
Un casting de 1er choix pour un film de 2nde zone. Scénario décousu, personnages niais, faisant perdre tout l'humour des scènes. C'est ennuyant, dommage.
Le génie des frères Coen à l'œuvre : dans la veine de The Big Lebowski ou Fargo, une comédie d'espionnage complètement loufoque, déjantée et improbable peuplée de joyeux imbéciles et loosers en tous genres interprétés avec brio par un Brad Pitt, un George Clooney, un John Malkovich (et autres) au talent comique surprenant. Bref, c'est tordu et hilarant, et à peine a-t-on le temps de s'attacher à ces personnages hauts en couleurs qu'on nous les enlève brutalement. Le temps d'apprécier quelques dialogues savoureux et de prendre son pied devant des scènes d'anthologie et de gros numéros d'acteurs que c'est déjà fini... C'est trop court !
Les personnages, hauts en couleurs et tous admirablement interprétés, sont le sel de cette comédie très drôle. Sans être trop caricaturaux, ils sont néanmoins des vrais personnages de comédie, des types plus ou moins improbables dans la vraie vie, qui réagissent sans beaucoup de discernement ni de nuance. Mais c’est drôle, tellement drôle de voir Brad Pitt en moniteur de gym bête comme ses pieds, George Clooney en beauf lubrique adepte de la drague par internet, John Malkovich en ex agent secret alcoolique glissant un « fuck » tous les trois mots. C’est rythmé comme une comédie des années 50 avec Gary Grant, on ne s’ennuie pas, on ne perd finalement jamais le fil et on se prend d’affection pour tous ces parfaits loosers au destin et aux ambitions si… désespérément ordinaires. A tel point qu’au moment du générique final (qui arrive un peu brutalement), on se sent un peu frustré et triste de devoir les abandonner à leur triste sort !
Les frères Coen sont vraiment très forts : mélanger espionnage, comédie, CIA et club de fitness dans un film d'1h30 où l'on ne s'ennuie pas une seule seconde, si ça ce n'est pas un exploit !
Treizième film des frères Coen, "Burn After Reading" est une nouvelle comédie après le sombre et récompensé "No Country for Old Men". Composé d'un casting prestigieux et très en forme, comptant notamment George Clooney, Brad Pitt, Tilda Swinton ainsi que John Malkovich, ce film d'espionnage qui tente de jouer à la fois sur l'humour et le mystère peine parfois à vraiment trouver sa place. On suit plusieurs personnages en même temps, on assiste à leurs rencontres et interactions. Plusieurs histoires se joignent pour former un récit qui ne parvient pas à éviter quelques moments de confusions. Malgré la qualité d'écriture des frères Coen, le spectateur se perd avec tous les noms qu'il entend. L'ensemble n'est pas trop difficile à suivre mais aurait mérité un peu plus de clarté. C'est peut-être l'une des raisons qui font que cette comédie n'est pas spécialement drôle. Ceci dit, on ne s'ennuie pas pour autant, le tout est assez sympathique à suivre. L'une des autres raisons est le fait que le film semble hésiter entre plonger totalement dans le délire et rester sérieux. L'un des exemples de délire est une scène incluant Brad Pitt et George Clooney, un évènement complètement inattendu et vraiment drôle survient. On aurait aimé que de telles scènes se répètent, que le film reste sur le même ton. Sauf qu'il ne cesse de revenir à une ambiance plus sérieuse et tente même de se faire intriguant, voire d'y ajouter du suspens, sans que cela ne prenne vraiment. "Burn After Reading" est donc une comédie pas hilarante mais agréable à regarder, tout à fait dans l'humour des deux frères cinéastes.
Cette comédie est d'autant plus savoureuse que l'ensemble des protagonistes n'a pas la moindre idée des tenant et aboutissants qui les secouent à leur insu comme des pruniers. Résultat : bien que tout soit absurde, tout est parfaitement logique. Une mécanique scenaristique formidable, et des acteurs éblouissants.
Cette fois je suis définitivement vacciné contre les frères Coen car avec un tel casting, une idée au départ aussi prometteuse on pouvait s'attendre à autre chose que 2 ou 3 légers sourires provoqués par ce qui était censé être une comédie... Décidément les films de frères (cf les Dardenne) semblent être destinés à être oubliés au plus vite !
génial, tout dans ce film est complètement déjanté. si on aime le rationnel il faut passer son chemin sinon on adore. bien sur on n'est pas plié en deux sur son fauteuil mais l'humour est subtil, fin.
Après un No country for old man qui dénote dans la filmographie des frères Coen (à l'exception de leur première réalisation, Blood simple), on retrouve la valse sordide de personnages caricaturaux et paumés dans leurs vies de quadra-quinqua. On retrouve aussi une interprétation surjouée, notamment de la part de Brad Pitt ou de Frances McDormand. Tout comme dans ses deux autres participations à une oeuvre des frères, le personnage interprété par George Clooney a une obsession, là ses cheveux ou ses dents, ici la course à pied. En résumé, selon les termes d'Osbourne Cox (John Malkovich), c'est un film sur le complot des idiots, "the league of morons".
Le scénario alambiqué est un prétexte à une satire sociale, féroce et drôle, non dénuée de moments sanglants assez surprenants.
Loin d'être un grand film des frères Coen, ce Burn after reading est néanmoins une comédie enlevée et réussie.