Le gros effort de Besson en 1997, je me souviens....La présentation du film à Cannes, le plan marketing Gaumont, le show canal + ... C'était à la fois un rêve de gosse et l'expression d'une prétention totalement mégalomane, faire le plus plus grand film de science fiction français pour plaire aux... spectateurs américains !! Et pour y parvenir, Besson concocte un menu Best of de tout ce qu'on connait du cinéma hollywoodien fantastique : une louche de "Star Wars", de "Blade Runner", de "Stargate", et j'en passe, le tout dans une sauce volontairement parodique et très niaise... Après, il nous sert un casting-formule, avec un héros cool et sympa qui sauve le monde (Bruce Willis, en pilotage automatique), une belle héroïne qui vient d'ailleurs et qui a la niaque (Milla Jovovich, aïe...), un méchant charismatique (Gary Oldman, en surchauffe) et un rigolo de service (Chris Tucker, en grande fofolle à baffer), tout sauf drôle... A son cahier des charges, Besson rajoute Jean Paul Gaultier pour les costumes (qui repoussera les limites de la laideur intergalactique) et, enfin, le génial Moebius, pour les graphismes futuristes (la seule grande qualité du film)... J'allais oublier Eric Serra qui compose ici son plus mauvais score pour l'écran... Et voilà. Pourtant, je n'arrive pas à détester complétement le film, à cause du taf de Moebius et de quelques moments çà et là (la scène de la diva ou le début aérien dans New York, par exemple...). Mais le scénario est imbuvable, à cause justement de ses prétentions américaines. Pour plaire à un improbable public de gamins, Besson nous mixe tout ce que j'ai cité plus haut et est incapable d'amener quelque chose de réellement original . En conséquence, qu'est-ce le film a comme identité française, franchement ? En quoi fait-il vraiment la différence par rapport a un blockbuster US ? Non, c'est embarrassant. C'est bien un pop-corn movie, avec un savoir faire bien racoleur, mais c'est terriblement vain et prévisible.