Avec « Démineurs », Kathryn Bigelow nous emmène sur le terrain de la guerre en Irak pour un film choc sur le travail des démineurs à qui revient la mission de nettoyer les territoires civils infestés de charges explosives par les terroristes. On est directement au cœur de l’action et pour bien planter le décor, Bigelow filme en direct la mort de l’un de ces kamikazes habillés en cosmonautes, chargés d’aller désamorcer les horribles engins. Guy Pearce fait donc une très courte apparition dans le film, invitant le spectateur à tout d’abord par maudire la belle Kathryn de nous priver si vite du charismatique australien. Mais c’était pour envoyer aussitôt le tout jeune Jeremy Renner encore plus fêlé que son aîné. On suit le matador avec ses picadors dans leurs drôles de corridas où le taureau est le plus souvent caché. On reste alors avec les soldats chargés de sécuriser la zone à attendre que la dure besogne s’accomplisse en priant que pour fois encore le miracle s’accomplisse. Cette succession de scènes ménage un suspense souvent insoutenable quelques fois envoûtant comme lors du combat entre snipers où l’attente se prolonge en plein soleil, les deux camps opposés étant distants de près d’un kilomètre. Kathryn Bigelow évite au spectateur les longues scènes de beuveries entre militaires le soir venu, considérant sans doute que cet élément de la vie de casernement est accessoire ou trop souvent exploité. Drogué à l’adrénaline, le sergent James (Jermie Renner) qui côtoie la mort tous les jours que Dieu fait, n’échappe cependant pas à une relation privilégiée avec un jeune irakien vendeur à la sauvette de DVD qui lui sert d’ultime point d’ancrage avec la vraie vie. Cette relation atteint son acmé lors une scène nocturne hypnotique où le sergent James croyant avoir reconnu le jeune garçon dans le cadavre d’un enfant devenu bombe humaine se lance désespérément à sa recherche en plein territoire ennemi au risque de sa propre vie. Cette existence en marge de la société modifie durablement la perception des sentiments et le sergent James finit par n’être plus chez lui ailleurs que sur les champs de mine. Enfin, Bigelow nous rappelle que le monde de la guerre est un monde d’initiés dans lequel les novices n’ont pas intérêt à s’égarer, comme le médecin du camp qui paye de sa vie sa seule escapade sur le terrain. Un grand film d’une réalisatrice dans la pleine maturité de son art sans fioriture et loin de l’esprit clipesque de l’ampoulé « Point Break » de ses débuts. Chapeau bas.
Filmé au plus près de l'action caméra au poing, "Démineurs" ne manque pas d'attrait pour son réalisme proche du documentaire en immersion. Kathryn Bigelow parvient à insuffler de la tension à certains moments, notamment les opérations de déminage menées par Jeremy Renner, héros en recherche d'adrénaline. Mais au delà d'un visuel réussi qui nous plonge dans le conflit irakien, les scènes se succèdent de façon un peu répétitives et le scénario simple ne sert qu'à montrer le quotidien des soldats en mission. Cela ne questionne cependant pas sur les raisons de la présence de l'armée US dans cet endroit du monde, ses soldats étant montrés comme étant à leur place pour remplir leur tâche (apporter la liberté et la démocratie dans le monde selon la vision américaine) quand les autochtones n'ont que des rôles insignifiants dans l'histoire. Intéressant à plusieurs niveaux même si le nombre de récompenses reçues me parait largement excessive.
Ceci n’est pas un jeu. Finalement, c’est presque là que commence la carrière de Bigelow, 25 ans après son premier long. Nous sommes en Irak en pleine « seconde guerre du Golfe » ou Dieu sait comment on doit nommer cette « opération liberté irakienne ». Pour faire court c’est le bordel dans cette guerre asymétrique où l’ennemi est partout. On va suivre une unité de trois démineurs dans une chronique du quotidien. Il y a celui qui flippe, persuadé qu’il va mourir là. Il y a celui qui fait le job en évitant de se poser trop de questions. Il y a la tête brûlée, celui qui n’a rien à perdre et qui risque tout. On comprend vite qu’il s’agit de nous faire vivre la vie au front, si front il y a. Ce n’est pas tant l’évolution de l’intrigue qui compte que les petits détails des conversations qui trahissent l’état d’esprit et les petits gestes qui vont faire que le gars va vivre ou mourir. Bigelow a choisi l’hyper-réalisme. On y va donc à la steadycam et on se faufile dans la poussière des explosions et parmi les civils dont on ne sait de quel camp ils sont. Ça rappelle par moment le jeu vidéo à la troisième ou à la première personne, manière de nous dire que ce sont bien des jeunots que l’oncle Sam à envoyé dans cet enfer. Et ce choix de la macro nous empêche de donner du sens aux événements. On ne saura pas qui a posé la bombe ni pourquoi. Du coup, pour quel objectif le soldat risque-t-il la mort ? Comment peut-il justifier de risquer sa vie ou d’ôter celle d’autres personnes. C’est en creux la question lancinante. Multi-récompensé, Démineurs semble être l’aboutissement de la réflexion de Bigelow. On y croise l’uniforme qui lui est cher mais cette fois, il s’agit moins d’honorer son symbole que celui qui le porte. Il s’agit moins de saluer les héros que de plaindre les victimes (parfois consentante). Enfin, si le regard est évidemment américain, on est bien loin du récit manichéen. Visuellement, c’est âpre et rugueux, ça pique la gorge et les yeux, ça cogne sans répit. On est quelque part entre le premier Rambo et la vague des films contestataires sur le Vietnam des années 1970, le lyrisme en moins. Un film impressionnant au suspens implacable, très vivement conseillé.
Idée originale de Kathryn Bigelow, qui fait un bon film pour montrer la violence des terroristes avant Zero Dark Thirty. Ceux ci n'ont pas de pitié, ils tuent les civils de leurs propres pays. Il faut des hommes tout aussi fou mais aussi courageux pour les arrêter ici. Le suspens est fort dans les trois premières séquences de déminages du film qui devient long à partir de la cinquième. La guerre change les hommes qui se sentent vivant que quand ils y retournent, Démineurs vous changera peut-être mais on y retourne pas deux fois.
Vu le 18/08/2020 Depuis que j’ai découvert Jeremy Renner dans Wind river, j'ai ensuite vu la série des Avengers, et j'ai gardé une belle sympathie pour cet acteur qui dégage quelque chose dans son jeu. Ici, il campe un soldat (William James) qui est un peu tête brulée et qui ne pense qu'à sa mission, il en est tellement obnubilé qu'il fait prendre de gros risques à ses équipiers (Eldridge, joué par Brian Geraghty va d'ailleurs en payer le prix fort) et qu'il en oublie même sa vie de famille (pourtant faut le faire pour mettre de coté Evangeline Lilly...). Peut-être chasse t-il les records, ou pas en tout cas, on a affaire à un cas particulier de soldat, prêt à mettre sa vie en jeu pour déminer des bombes et sauver des humains, alors que ses collègues sont surtout là pour tenter de survivre dans cet enfer. A noter la présence de plusieurs acteurs très connu qui ont un petit rôle et qu'on ne voit que peu dans le film: Guy Pearce (Thompson), Ralph Fiennes, David Morse (Reed) ou Evangeline Lilly (Connie). Toute l'histoire tourne autour du trio principal (avec Anthony Mackie en 3ème homme) et on découvre le quotidien de ces hommes si loin de chez eux, qui se battent pour que la terreur ne progresse pas, le stress, la tension, la peur, l'horreur aussi (on imagine la détresse quand James est obligé de laisser l'homme se faire exploser à la fin, sans pouvoir rien faire). la folie des hommes est parfois difficilement soutenable
Bon film d'immersion, mais en revanche je trouve que c'est une succession de scènes sans véritable fond, de plus le cadrage n'est pas terrible et le scénario n'est pas très original. Par contre le film en lui-même rempli son rôle c'est à dire, montrer ce à quoi ressemble la vie d'un soldat américain et celle d'un chef qui sous adrénaline n'as pas peur de perdre sa vie sans penser à celle des autres. Ça reste un bon petit film sympa mais un peu ennuyeux dû à des séquences répétitives, qui sont faites pour rendre le film plus réaliste un peu à l'image d'un documentaire, malgré tout l'histoire tient la route, mais de là à obtenir six oscars c'est incompréhensible.
Tourner un film de guerre façon documentaire et caméra à l'épaule ça ne fait pas un grand film et ça fait mal aux yeux. Le sujet était intéressant mais le scénario est mince et il y a beaucoup d'invraisemblances. Globalement surfait (oscars) même si distrayant.
Ce film de guerre nous présente le point de vue des démineurs qui a peu (ou pas) été abordé jusqu'ici. Si l'idée de base est originale, le casting très bon et la première heure intéressante (on se rapproche presque du documentaire), le film s’essouffle rapidement face à la redondance des déminages et la succession des scènes sans aucune transition. La psychologie des personnages est assez basiques et pas spécialement approfondie. Pour résumé, une idée originale à très fort potentiel mais très inégale et mal exploitée.
Un film impressionnant, une bombe sans faire de mauvais jeux de mots. La mise en scène immersive et nerveuse de Kathryn Bigelow est d'une efficacité maximale. On retiendra aussi les acteurs, étonnants de justesse, dont notamment Jeremy Renner en accro à l'adrénaline qui crève l'écran. La légitimité de cette guerre innommable n'est pas clairement remise en question, mais "Démineurs" montre bien tout de même toute l'horreur et l'absurdité de ce conflit - de manière à la fois clinique et saisissante. Du vrai grand cinéma. Ames sensibles s'abstenir cela dit.
Apre, sec, physique, producteur de sens, Démineurs marque le retour bienvenu de Kathryn Bigelow et confirme que sa réputation de cinéaste à la fois musclée et intellectuelle n’est en rien usurpée. L’ex-compagne de James Cameron aime filmer les groupes d’hommes, les codes masculins, et après les bikers vampires d’Aux frontières de l’aube, après les gangsters surfeurs de Point Break, rien de surprenant à la voir s’intéresser à une unité de l’armée américaine dont le rôle consiste à repérer et désamorcer les mines semées sur le théâtre des opérations irakien.
"Démineur" est un film de guerre qui se veut réaliste sur la guerre civile irakienne dans les suites de l'intervention américaine en Irak. Le réalisme est justement le point fort du film: on voit par exemple l'impact psychologique que peut avoir la guerre sur les soldats, les mercenaires, l'attente qui peut être très longue, ponctuée de brefs et violents combats, la perte des camarades.... Donc le film ne se limite pas aux opérations (spectaculaires) de déminage. Toutefois, ce qui m'a un peu déprimé dans ce film (je pense que c'est voulu) est ce sentiment de peur mélangé à de la haine que peuvent avoir tous (ou quasiment tous) les Irakiens envers les soldats américains, alors que ceux-ci semblent faire de leur mieux, et cherchent surtout à sauver des vies dans le cadre des opérations de déminage (et à épargner celles des civils). Donc le danger est partout, ce qui fait qu'on peut comprendre les perturbations psychologiques engendrées par la guerre et plus encore par cette guerre civile en Irak. Si c'est sans doute réaliste, j'ai trouvé ça un peu déprimant...
Film qui m'a diverti pendant 2h ! Il nous montre à quel point la guerre peut être cruel autant au sein des civils que chez les soldats. L'évolution de la philosophie, mentalité des soldat est intéressante. Bref un film que je recommande pour passer un bon moment et nous ouvrir les yeux sur un monde déchiré par les conflits !
J'ai tenu une demi heure. La façon dynamique de filmer m'a fait mal aux yeux : Zoom, dézoom, camera qui tangue, changement de vue permanent, même pour une scène avec un vendeur a la sauvette. Le contenu est aussi vide : Des américains en uniforme qui friment a Bagdad. Aie, aie, aie, c'est nul
C'est un film bon dans l'ensemble même si pour moi ce n'est pas le meilleur par rapport à la filmographie de la réalisatrice. Le casting est solide. L'histoire est intéressante mais la mise en scène n'est pas assez efficace pour tenir en haleine de bout en bout le spectateur.