Si l'on occulte une résolution finale qui mérite une seconde vision, "Cortex" reste un film absolument exemplaire et une énorme claque pour le cinéma français de 2008. Boukhrief crée une ambiance inquiétante de façon totalement détournée, en nous faisant voir d'abord les malades très attachants et les psychoses d'un héros torturé (Dussolier dans son plus grand rôle) puis en nous entraînant dans une enquête policière qui ne sera pas le plus important du film. Une brochette d'acteurs géniaux (Julien Boisselier toujours aussi génial) pour un film qui donne envie de cracher sur "Astérix" tant il représente ce que l'on adore voir sur grand écran.
"Cortex". 2008. De Nicolas Boukhrief : scénariste de "Tout le monde n'a pas eu la chance..." et réalisateur du "Convoyeur". Scénario et dialogues de Nicolas Boukhrief. Musique de Nicolas Baby. Avec André Dussollier ("Trois hommes et un couffin", "Les enfants du marais", "Les herbes folles"...), Marthe Keller ("Marathon man"), Julien Boisselier ("Le convoyeur", "Je vais bien ne t'en fais pas"...), Claude Perron ("Amélie Poulain") et Pascal Elbé ("Père et fils", "Le dernier gang", "Trois amis", ...). "Cortex" tient uniquement par la performance d'André Dussollier. Un rôle parfait, on ne peut plus surprenant, un rôle habité par André du début à la fin. Ancien flic en maison de retraite et atteint de la maladie d'Alzheimer, Charles Boyer (André) va tenter d'élucider des crimes qui restent un mystère pour l'établissement... Véritable réquisitoire pour le comportement des personnes âgées. Ce film pose habilement plusieurs questions : comment gérer des troubles de comportement ?, comment gérer LA maladie ?, pourquoi la personne atteinte est encore consciente de son état malgré les pertes incessantes de mémoire ?, pourquoi perdent-ils la mémoire ?, comment perdent-ils la mémoire ?... Monsieur Dussollier ne répond pas à toutes ces questions mais se pose en tant qu'acteur de premier ordre dans cette ode à la tolérance des malades. André démontre, une fois encore, son grand talent dans un film montrant les travers de la société actuelle française. Monsieur Dussollier ne nous fait pas sa leçon, il transmet un message important : la dure tâche de s'occuper convenablement des malades en tout genre, que ce soit Alzheimer, Parkinson, ... Pour celà, mention très spéciale aux infirmières et aux aides-soignantes jouant dans "Cortex". La musique de Daby, plus sublime que parfaite, donne du rythme à une réalisation mollassonne prenant sans cesse notre André national de haut, qui fait, à lui seul, répétons-le, TOUT le film. Spectateurs, spectatrices, regardez pendant qu'il est encore temps...
Le cadre assez original de la maison de retraite pourra susciter la curiosité dans un premier temps, mais très vite le film s’embourbe entre le thriller pataud et le polar de seconde zone. L’intrigue est finalement bien famélique et, qui plus est, paresseusement rallongée par des artifices scénaristiques parfois bien ridicules. Bref, difficile de s’émoustiller pour un film peut-être honnête à la base, mais sérieusement soporifique au final.
Il y a avait là l'opportunité d'une réflexion sur le conditionnement du cerveau d'un homme piégé par la maladie, mais non... au final, le scénariste met l'infirmière zarbi et un brin sexy en meurtrière découverte en flag par Dussolier... Il donne donc raison à l'impérissable talent du flic français à trouver l'auteur des crimes... c'est nul ! La plupart du temps c'est filmé de manière extrêmement neutre, comme un pauv' téléfilm coincé dans les barrières du formatage télé. Bref, un film français de plus... Il n'a pas été très soutenu par la presse. Encore heureux.
Une plongée en apnée vertigineuse dans la tête d'un amnésique, magnifiquement interprété par André Dussollier. Le film de Nicolas Boukhrief est un véritable coup de maître scénaristique ( Le Convoyeur était à mon souvenir déjà plutôt bon ), une oeuvre puissante manipulant avec soin intensif le spectateur. La mise en scène peut passer inaperçue face à l'intrigue, mais elle reste précise et implacable. Au début, on croirait voir une comédie. Puis le film devient de moins en moins drôle...Et finalement, on passe insinueusement du rire à l'effroi. L'idée géniale de ce grand film français est d'avoir construit un polar à partir d'Alzheimer : ainsi, on découvre l'histoire en même temps que le protagoniste auquel on s'identifie. On pense à Roman Polanski et à Misery de Stephen King ( je n'avais pas connu un suspense aussi haletant depuis le film de Rob Reiner ) Un excellent film noir pour le cinéma français de l'année 2008. Un conseil : allez le voir, vous ne risquerez pas de l'oublier ! Applaudissons Dussollier et Boukhrief !
Un très bon film mêlant la maladie d'Alzheimer aux intuitions policiaires d'un malade. Les pinceaux s'emmêlent, mais lorsque le métier est encré dans les veines...
un thriller psychiatrique de 3ème âge qui sonne pile-poil la ou il faut, et qui est doté d'un gros diamant de taille: André Dussolier (qui joue super bien)
Un très bon film où l'angoisse, la tristesse, le suspens et l'intrigue y sont présents depuis le début jusqu'à la fin ! Beaucoup d'émotions et un dénouement très intéressant. Un très bon polar français de plus ! Rien à dire de plus !
Un film ni bon ni mauvais, pas tout à fait abouti et dont la dernière séquence m'a déçu. Un gros plus quand même : un Dussolier que j'ai trouvé grandiose dans la vulnérabilité, entouré de quelques seconds rôles qui auraient mérité un peu plus de place à l'écran. A voir pour les acteurs et l'ambiance, pas pour le scénario, bien que l'idée de départ soit alléchante.
Un film fait par des mecs qui ont vu des films... Mais il faut dire tout de même que à la fin, si vous arriverez à tenir, on a eu un fou rire! Dussollier demande : on m'appelait comment déjà quand j'étais flic? Et le fils répond (avec un geste): Cortex!!! Mortel!!!
Je trouve les critiques très durs avec ce film qui se regarde très bien. André Dussolier joue parfaitement son rôle qui est loin d'être facile. L'intrigue est crédible du début à la fin. Bref, un pollar réussit.
Ayant à domicile la tante de mon mari, une personne âgée atteinte de la maladie d'Alhzeimer depuis quelques années, ayant vu deux autres personnes de ma famille atteintes de la même chose et placées en maison de retraite, je voulais voir si la fiction avait collé à la réalité. J'avais l'impression de sentir même les odeurs des produits et des médicaments tellement c'est ressemblant, mais le jeu de certains acteurs manquait un peu de naturel et il est vrai que l'attitude des soignants n'est pas celle que j'ai pu voir de mes propres yeux. Cela étant, un André DUSSOLIER excellent dans ses peurs et ses oublis et son refus de l'hyper-médication.... c'est peu vraisemblable de voir quelqu'un se rappeler du code d'une porte tel qu'il l'a fait et d'arriver à déjouer un crime de la sorte, mais il fallait traiter ce sujet avec tact et le réalisateur l'a fait : je donne quatre étoiles à ce film car vraiment il m'a beaucoup plu par sa pudeur. N'oublions pas que ce n'est qu'un film : la véritable vie est beaucoup plus douloureuse pour ceux qui souffrent vraiment de cette maladie.