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nestor13
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2,5
Publiée le 17 janvier 2008
On avait découvert Pavel Lounguine et un nouveau cinéma russe avec "Taxi blues" à la fin des années 80. Le réalisateur revient avec "L'île", film aux allures parfois vraiment très noires à déconseiller quand on a pas le moral. Il ne plaira pas non plus à tous ceux qui bouffent du curé, tellement il est imprégné de culture chrétienne. Pourtant, Lounguine égratigne ici quelque peu le personnel religieux, conformiste et oubliant son voeu de pauvreté en s'attachant à des choses matérielles. Mais il est indéniable que le héros torturé de cette oeuvre a une dimension christique et qu'il incarne et met en oeuvre les enseignements de Jésus. Et au final, voilà un film moins inaccessible qu'il n'y paraît.
Ce qui m’avait donné envie de voir le film de Lounguine, c’est cette critique, parue dans un éminent journal de cinéma dont l’âge d’or est, décidément, bien révolu: «esthétiquement, émotionellement, moralement, L’île et le Bannissement construisent de hauts murs admirablement ornés, dont il y a lieu de s’inquiéter que cela réjouisse ainsi les spectateurs, en Russie et ailleurs». Outre que ce qui est plutôt inquiétant est de lire pareille critique, certains ont désormais le talent, dans leur critique, de nous indiquer à leur insu où se trouve le cinéma de qualité... Ainsi, comparer L’île au Bannissement de Zviaguintsev, l’un des tous meilleurs films de 2008, m’encourageait fortement à découvrir ce film. J’avais très envie de le défendre, mais malheureusement…je ne peux pas. Certes, pas pour les raisons couramment évoquées par ceux qui prétendent «penser» le cinéma et qui me semblent grossièrement exagérées (fondamentalisme religieux, extrémisme, etc), mais parce que L’île est un film au contenu désespérément pauvre et caricatural, alors qu’il a des prétentions artistiques et philosophiques, ce qui l’enfonce encore davantage. Juste de «belles» images pour faire joli mais qui ne sont qu’une vitrine, elles-aussi privées d’âme, de poésie, d’émotion, et incapables de susciter le moindre éblouissement esthétique. Et ce n’est pas parce que Lounguine est russe qu’il faut se sentir obligé de comparer son film aux grandes œuvres du cinéma russe! Il ne passerait par la tête d’aucun cinéphile censé de comparer Eloge de l’amour de Godard avec un film de notre Lelouch national sous prétexte qu’ils ont la même nationalité et que leur film partagerait un fond thématique commun, aussi vague que l’amour. Mettre ainsi sur le même plan de comparaison le film de Lounguine avec l’immense Andreï Roublev de Tarkovski, par exemple, c’est faire preuve d’une étroitesse d’esprit certaine… L’île est un film plat et ennuyeux, et cela n’a rien à voir avec le fait qu’il soit russe.
C'est un peu un chemin de croix que de regarder l'Ile. On passe par des moments difficiles où l'on est tenté de lâcher prise, perdus que l'on est devant le manque de repères, de codes familiers. Puis vient la lumière sur tous les signes du père Anatoli.
Un peu longuet. Je me suis fait violence pour ne pas décrocher. La photo est belle. Le scénario est original et on suit ce prête fou avec étonnement... Parce qu'il n'est pas si fou que cela, en somme ;-)
"L'île" est une représentation presque caricaturale du film russe : image en noire et blanc, longue scène contemplative, misère paysane, destin lugubre et superstition à fleur des sentiments. Tout y est mais tout y est admirablement bien mis et la poésie m'a atteint en plein coeur, tout occidental que je suis.
Le cinéma russe nous apparaît souvent comme bien exotique: ce mélange de mysticisme et de truculence.... Humour dans la catastrophe, délire marié au réalisme. Lounguine est russe de russe, son univers est peuplé de marginaux, de villageois déchaînes, de ruisseaux de vodka. Oui mais, dans l'"Ile", il tourne le dos à cette image; sans doute la raison pour laquelle le film n'a pas très bien marché: l'auteur n'était plus où on l'attendait et les critiques pros ont leurs petites habitudes, voyez vous. Dans une île de la Baltique, toute proche de la côte, dans un hiver de neige et de grisaille, un moine est un objet de scandale pour sa petite communauté bien sage, bien conventionnelle (le père supérieur restaure des icônes...) Son seul intérêt semble être l'entretien de la chaudière; il est sale, malgracieux. Et de plus, il lui est venu une réputation de faiseur de miracles: on vient le consulter, pauvres femmes désespérées par la maladie d'un proche qu'il malmène, rudoie, pouse aux extrêmes. Jusqu'au père supérieur, qui voit disparaître dans la chaudière ses belles bottes en cuir souple, douces à ses pieds fatigués... C'est que cette chaudière, c'est l'enfer; et l'enfer, Anatoli vit avec depuis qu'il a, en 1942, tué un de ses camarades pour essayer de s'attirer l'indulgence des soldats allemands...
C'est en presque noir et blanc, à peine troublé par le rouge d'une jupe, le vermillon des flammes; et nous sommes renvoyés au cinéma des origines, à Eisenstein. Est ce à dire que Piotr Mamonov, avec son jeu extrême, son visage émacié tourné vers le ciel nous renvoie à Nicolaï Tcherkassov? Les esprits chagrins penseront que c'est peut-être un peu trop énorme, comme référence, et pourtant, oui. Et pourtant, oui, les dernières images de cette barque portant une lourde croix qui s'éloigne du rivage avec le corps d'Anatoli, mort enfin récon cilié avec son passé, elle nous ramène vraiment au cinéma des origines dans toute son austère splendeur.
L’austérité du propos le dispute à la redondance du discours. Le réalisateur se gargarise de longs monologues sur le thème de la rédemption du péché sans jamais trouver une idée nouvelle ou une originalité d’expression. Cette démarche pseudo-mystique, censée faire appel à notre spiritualité enfouie, conduit à l’ennui le plus profond, et seules quelques images d’une grande beauté nous sortent de notre léthargie.
-- Une pure merveille, autant cinématographique que spirituelle. Ces paysages dépouillés, glacés et froids sont l'écrin d'une riche et profonde reflexion sur la foi qui nous touche en plein coeur. (Un tout petit bémol : la chute du film n'était pas nécessaire à mon avis mais c'est discutable.) -- C'est sans doute parceque ce film porte en lui le germe de la foi qu'il a été si mal accueilli par la presse et par les salles de cinéma. Mais maintenant qu'il est en DVD, ne vous en privez plus !
Le cinéma de Pavel Lounguine est grotesque, caricatural. Quand il a pour but de réaliser une comédie telle que «La Noce», pas de problème, ça reste dans ses cordes, le long métrage en question n'est pas franchement subtil mais « ça passe ». Par contre lorsqu'il commence à lorgner d'une façon aussi vulgaire et racoleuse du côté de Tarkovski, son cinéma prend l'eau de tous les côtés. Dès le début, cette bande-son pseudo-tarkovskienne paraît louche : avec raison, car elle se fait peu à peu pompière et emphatique. Il en va de même pour tous les éléments du film : ces plans tarkovskiens d'algues ne sont en fait qu'un faire valoir, ils ne s'inscrivent dans aucune démarche, ne sont là que pour donner l'apparence de... Les personnages sont faux, archi-faux, la photographie est léchée au possible, à tel point que les images ne sont mêmes plus belles. Tout est factice, tout n'est que superficialité. Et ces moines de pacotille, du Tarkovski? Du Dostoievski alors? Non, du Lounguine, de la bouffonnerie larmoyante en somme, gorgée de bons sentiments et de bigoterie à deux sous. Contrairement aux apparences (guère trompeuses si l'on y fait bien attention), «L'Île» est un film totalement dans l'air du temps, préférant l'apparence à l'âme et à l'intériorité, préférant l'aspect superficiel, un homme qui fait semblant de piocher, qui fait semblant de prier, qui fait semblant de sermonner, qui fait semblant de croire à ce qu'il dit, plutôt qu'un message original et fort, ne serait-ce que personnel... Non, décidément, pas grand chose à récupérer dans ce film. Mais le plus dangereux c'est bien l'amalgame que font certains entre ce cinéma là et l'art des illustres russes hâtivement convoqués. Ouvrez les yeux et retournez vers les références citées! Même son contemporain Zviaguintsev a fait mille fois mieux avec «Le Retour», pourtant déjà bien souvent qualifié (à tort selon moi) de Tarkovski du pauvre. Lounguine comparé à Tarkovski c'est comme ces icônes sur-ornées et décadentes face à l'art d'Andreï Roublev. Médiocre. [0/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
L'intrigue est intéressante au début mais elle déçoit fortement par la suite. On attend que le film démarre pour de bon mais il se déroule doucement, de manière fade. Le froid du grand nord Russe doit avoir gelé le scénario. Certain ont cru voir des messages spirituels. En ce qui me concerne, j'ai surtout vu folie, superstitions et ambiance étouffante. La réalisation réussit à très bien reconstituer le climat froid, l'isolement et l'ambiance mystique.
Film contemplatif, beau et abstrait, le long métrage de Pavel Lounguine nous emmène à la rencontre d'un illuminé, un marginal cherchant la rédemption. Belle musique, photographie soignée et Piotr Mamonov dans le rôle principal. Encore une fois la foi occupe une place centrale dans le récit, tout comme dans Tsar ( voir ma critique ) autre film de Lounguine à mon avis plus facile d'accès que cette île qui reste plutôt austère. Néanmoins un excellent long métrage.
Par la qualité des prises de vue, du montage et de la bande son, par la profondeur du scénario, ce film hisse P.Lounguine au niveau de Robert Bresson.Par la qualité du jeu des acteurs et des dialogues, l'auteur se montre l'égal d'un Renoir ou d'un Resnais. Il est désolant que la presse parle si peu de ce film et que sa diffusion soit aussi confidentielle.Espérons la sortie en DVD.Cette oeuvre mérite d'être un fond de cinémathèque à coté des oeuvres de Eisenstein ,Tarkovsky,Bondartchuk et Kalatozov.
Un excellent film si on arrive à "entrer dedans" . La photo, les comédiens sont top. C'est lent et plein de sens , tant mieux. Dommage qu'il n'y ai aucun chants orthodoxes .
Si il y a un film a voir cette année , c'est celui ci. courrez vite avant qu'il ne passe plus en salle. tout es sublime, la photo, le jeu des comédiens, de la tragédie et de l'humour.