Wall E, 2008, film d’animation du studio Pixar, de Andrew Stanton, sons de Ben Burtt. Ce qui est génial dans Wall E, c’est ce qu’il y a juste avant et ce qui se passe juste après. Juste avant, les spectateurs ont droit à un véritable petit bijou, digne de la grande époque de Tex Avery :un (trop) court dessin animé, bourré d’inventions, plein de drôlerie, qui raconte les mésaventures d’un prestidigitateur avec son lapin à forte personnalité, posant des conditions pour entrer dans le chapeau. Hilarant, et moral, en plus. Juste après, on quitte le cinéma où l’on s’est ennuyé ferme devant un film d’animation encensé par la critique, lent, long, souffrant d’une débauche de sons et de mouvements qui relèvent de prouesses techniques, sans doute, mais n’apportent rien à une histoire sans intérêt. Soyons honnêtes : le premier quart d’heure offre des images sympathiques d’un petit robot besogneux chargé de nettoyer une terre poubelle abandonnée des hommes. Il crée son propre univers dans un vieux camion, écoute Louis Armstrong, copine avec un cafard et tombe amoureux d’une robote sexy comme un Ipod, venue d’une autre galaxie, pour suivre l’avancement du traitement des déchets sur la planète. Pas encore de quoi désespérer de la puissance créative qui nous avait déjà concocté les mièvreries du Monde de Némo. Mais quand la robote est remballée dans son vaisseau spatial et que Wall E gémit des Eêêve à n’en plus pouvoir, les choses se gâtent vite. Tout ce qui se passe dans la station spatiale, où les terriens font du gras (et même encore des gosses !) depuis 700 ans…est ennuyeux, laid, vide de sens, et on réalise qu’il n’y a aucun scénario derrière le film. J’ai mal saisi le « message écolo » qui devrait, parait-il être délivré, comme un bonus avec le produit : les grosses larves, nos descendants aux airs béats, reviennent sur terre planter des végétaux sur des monceaux de déchets. Beurk