Si "Série noire" s'avérait être une oeuvre résolument personnelle, elle n'en demeurait pas moins difficile à apprécier et presque ennuyeuse. C'est tout le contraire de cette "Menace" qui, sous une apparence de thriller classique, s'avère être une belle réussite du genre. Car au lieu d'enfiler les clichés et une intrigue revue mille fois, Corneau préfère s'appuyer ici sur le destin, ce qui s'avère rapidement payant. Car la mise en scène s'avère rapidement d'une grande efficacité, cela étant notamment du à des dialogues très réduits, ce qui permet à l'ensemble de ne jamais paraitre fade ou larmoyant. Au contraire, le film sait se doter d'une grande force à beaucoup de poits de vue (visuels notamment, grâce à des décors naturels superbes du Canada), et à une intrigue qui fonctionne totalement par des personnages et des acteurs convaincants. Enfin, que dire de cette fin absolument dantesque, ou l'on passe par absolument toutes les émotions, Corneau réussissant une alchimie parafaite entre suspense et émotion. Et le destin, à nouveau... Un modèle du genre!
la menace ressemble etrangement à Police Python 357, mais cette fois Montand ne dissimule pas les indices qui l'accablent, il en fabrique contre lui pour mieux proteger Carole Laure qu'il sait innocente et que tout accuse, et puis il y a cette extraordinaire fin justement au Canada, logique quand on tourne avec une canadienne, c'est somptueux, du grand film policier, quand à Montand il y a longtemps déjà qu'il est devenu le nouvel acteur numero 1 du cinema francais grace à une filmographie impressionnante et des interpretations sans faille si ce n'est exceptionnelle souvent.
Savin (Yves Montant) travaille dans l’entreprise de transport de Mme Montlaur (Maire Dubois), avec laquelle il a eu une longue liaison. A présent il fréquente Julie Monet (Carole Laure), mais Montlaur est toujours éprise de lui et cherche à le garder par tous les moyens. Alors que Monet attend Savin dans un endroit isolé, survient Montlaur. Les deux femmes en viennent aux mains et Monet affolée fuit. Lorsqu’on retrouve le cadavre de Montlaur, tout accuse Monet, mais Savin a décidé de la sauver, tout en se préservant lui-même. La volonté de l’auteur est claire : développer un scénario policier original, décrivant dans le détail la mise en œuvre d’une machination, et le faire à l’aide d’une grande recherche formelle. Le spectateur est donc convié à suivre pas à pas les manigances de Savin, et à les comprendre au fur et à mesure. S’y ajoute un goût prononcé pour les séquences muettes ou dilatées, en référence à Melville. Si l’on doit saluer les intentions, l’effet produit laisse beaucoup à désirer. La première erreur est de ne pas avoir décelé que le travail de compréhension demandé au spectateur l’empêche d’être pris émotionnellement par l’action (on retrouve ce travers dans Mulholland drive par exemple). La seconde tient à un souci du détail qui rend l’enquête sise à Bordeaux fastidieuse, et comme elle est montrée à un rythme volontairement lent, l’ensemble produit le même agacement qu’un épisode de Derrick. La troisième concerne la séquence canadienne : tant de silence entraîne non pas l’intérêt, mais la torpeur, une torpeur que le brillant final peine à dissiper. Souhaitant aussi traiter d’une machination dans « le doulos », Melville avait choisi d’en montrer les effets, puis d’en dévoiler le processus à la fin. Intellectuellement moins subtil, mais cinématographiquement plus réussi.
Voilà un superbe polar comme Corneau savait en faire... L'amour est un piège cynique dans un scénario parfait enjolivé par un casting tout aussi parfait. C'est tristement noir et machiavélique, à quand un Corneau de cette trempe ?
Probablement un des tous meilleurs Corneau, avec un Yves Montand épatant, et une belle brochette d'acteurs/trices excellents, comme la belle Carole Laure, et le toujours ambigu Jean-François Balmer...Excellent !
Grandiose, scenario fabuleux, Montand machiavelique de l'amour sera rattrappé par le destin. Un chef d'oeuvre de Corneau au même titre que Police Python 357 et le Choix des Armes. Dommage que par la suite, le registre de ce réalisateur a changé.