Le Silencieux
Note moyenne
3,9
375 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

50 critiques spectateurs

5
7 critiques
4
21 critiques
3
14 critiques
2
5 critiques
1
3 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
YINGYANG
YINGYANG

4 abonnés 212 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 mai 2007
Entre "l'aventure c'est l'aventure" et "l'emmerdeur", 2 comédies dans lesquelles il casse son rôle de bougon habituel, Lino Ventura revient dans un rôle d'agent secret traqué. Jeu tout en retenue, suspense, tension. Le film a assez mal vieilli,le rythme est assez lent, mais l'immense Lino vaut le coup d'oeil.
Yaes
Yaes

5 abonnés 43 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 mars 2021
Est-il possible de synthétiser le talent d’un acteur dans une seule scène ? N’est-ce pas quelque peu réducteur de résumer une carrière à une seule et unique scène ? Certainement ! Et pourtant, pour moi qui viens de revoir le premier film de Claude PINOTEAU, je ne peux m’empêcher de penser de cette façon en ce qui concerne Lino VENTURA.
Pour mémoire, ce dernier interprète le rôle d’un physicien français enlevé par les russes, qui se fait de nouveau kidnapper, cette fois par les anglais, vingt ans après. Il est soumis à un éprouvant chantage par les britanniques : révéler le nom d’espions russes pour retrouver sa liberté. La question n’est pas pour lui de trahir, mais de devoir subir la vengeance qu’il sait inéluctable des services secrets soviétiques.
Ce film, c’est Ventura qui l’a voulu, en confiant l’adaptation à son ami Jean-Loup DABADIE et au cinéaste auquel il demande également de réaliser le film. Ce sera d’ailleurs le premier long-métrage où Pinoteau est seul aux commandes. Ce film, qui devait initialement s’appeler « Action », prendra finalement pour titre le principal trait de caractère de son héros.
C’est d’ailleurs dans une scène bien silencieuse que Lino y révèle tout son talent. Elle se situe au début du film, alors que son personnage, Clément TIBERE, est retenu prisonnier par le MI-6. Quelques ronds de cuir sont réunis dans un bureau, cigare au bec, et tentent de convaincre le scientifique de dénoncer des espions russes. Celui-ci restant silencieux, ils lui racontent tout ce qu’il a manqué durant son exil forcé : la vie de sa famille et, surtout, la mort de son fils. Là, précisément, à cet instant, le talent de l’acteur touche au génie. Par une simple expression, dans un haussement de sourcils et une étincelle dans l’œil, il parvient à nous faire saisir la détresse et le désarroi qui agitent son personnage. Point d’éclat de voix, de larmes, non, lui qui a toujours été adepte, à l’instar de son exemple de toujours, Jean GABIN, de ce que les américains appellent « the under playing », ou le jeu minimaliste, il atteint ici son paroxysme. Ou comment avec un minimum d’effet, exprimer des sentiments complexes et, surtout, nous faire entrer en empathie avec le personnage.
Puis, n’arrivant pas à le convaincre avec ces arguments massue, les british lui expliquent où est son devoir, qu’il DOIT rendre ce service à la Grande-Bretagne, à l’occident. S’ensuit une tirade « énervée », mais avec mesure, pour expliquer à quel point le MI-6 et le KGB se ressemblent. Là aussi, Ventura est formidable de sobriété et d’efficacité. Son attitude n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle du repenti Antoine BERETTO dans Ne nous fâchons pas (Georges LAUTNER, 1966) qui se met en colère après Léonard MICHALON. Vous me direz sans doute qu’il est difficile de comparer les deux scènes, l’une étant de la pure comédie et l’autre tragique. Ce à quoi je rétorquerai que non, justement. L’acteur étant toujours juste, il peut utiliser les mêmes attitudes, le même ton dans des scènes totalement opposées et cela ne sonne pas faux, au contraire ! Il est parfaitement crédible dans les deux cas et nous émeut.
Lui qui ne se faisait pas confiance et ne pensait pas être un grand acteur, il fait partie de ceux qui peuvent faire basculer un film grâce à une scène. A l’image d’un Marlon BRANDO dans Le dernier tango à Paris (Bernard BERTOLUCCI, 1972) qui est bouleversant dans la scène où il parle au cadavre de sa femme, (non, je ne pensais pas à LA scène), et fait basculer un film graveleux dans de la pure tragédie ; ou bien d’un Matthew MC CONAUGHAY dans Interstellar (Christopher NOLAN, 2014) qui nous amène d’un film scientifique parfois trop complexe à la simple tragédie d’un père ayant dû se résoudre à abandonner ses enfants pour le bien de l’humanité. Eh bien, là, Lino fait glisser un « simple » film d’espionnage dans le drame intime d’un homme qui va devoir fuir ses semblables pour pouvoir survivre, car aucun d’entre eux ne vaut mieux que ses ennemis.
Du grand art qui se cache derrière la pudeur et la mesure !
CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 117 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 juillet 2026
Il faut attendre 20 minutes pour qu'un mot échappe à Clément Tibère, et ce mot est « non ». À peine l'a-t-il prononcé qu'il est un homme mort. Seize ans de captivité soviétique lui ont appris que parler est le seul geste qu'on ne peut pas reprendre. Toute la partie anglaise (très réussie) tient dans ce silence. Pinoteau installe son histoire par l'image, presque sans une ligne de dialogue, et tant que Tibère se tait, il n'a pas encore cédé. Sous le costume du film d'espionnage, on assiste à l'effacement d'une vie, tampon après tampon. Tout, dans sa vie, s'est conjugué au passif : enlevé, exploité, enlevé encore, relâché comme on relâche un appât. Le KGB le vole, le MI5 le monnaie, et personne ne voit un homme là où tous lisent du renseignement sur pattes. Sa tirade face aux gentlemen britanniques est pour moi le cœur du film lorsqu'il leur démontre, point par point, qu'ils sont taillés dans le même bois que le KGB. Il donne des noms sous la contrainte, et il n'est ni héros ni traître. Un homme dont on a confisqué le droit de choisir.

Pour un premier film, Claude Pinoteau a déjà la main d'un vieux routier. Vingt ans en tant qu'assistant lui ont donné une maîtrise sans esbroufe, une mise en scène anxieuse et terre à terre. La belle mélodie d'Alain Goraguer lui tient compagnie, dans sa mélocolie d'une vie déjà arrachée. Lino Ventura est touchant. On attend la brute habituelle, ce corps de catcheur, mais on reçoit un homme fatigué qui ne regarde plus que derrière lui, un bloc de pierre fendu jusqu'au centre. Mon regret reste le rythme et la fluidité de l'écriture. La partie française s'enlise : le film, ayant enfin fait parler Tibère, ne sait plus quoi faire de lui, et lui rend le droit d'être lui-même comme on rend son manteau à un mort, sans épaules pour le porter, sans présent où poser les pieds, tout s'étant envolé pendant son absence.
Marian88
Marian88

3 abonnés 190 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 septembre 2020
Très bon film à suspense rebondissant dans lequel Lino Ventura excelle par sa seule présence. Juste que la traque est vraiment excessive si l'on prend en compte que les espions du KGB arrivent toujours à retrouver la trace de Clément Tibère (incarné par Ventura donc) hors de leur sol sur des éléments pas toujours concordants entre eux. Bon, c'est une fiction évidemment mais il faut le souligner. La première demie-heure est assez poussive mais le niveau s'élève crescendo par la suite. Le réalisateur Claude Pinoteau signe là sa première collaboration avec l'acteur italien.

En tout cas, on se rend bien compte que l'âge d'or du cinéma français est bien derrière nous avec ce thriller d'une autre époque, avec son cachet et sa photographie remarquable.
Eric M
Eric M

20 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 janvier 2023
Souvent on aime des vieux films parce que ceux ci nous rendent nostalgiques, souvenirs d'enfance ...je l'ai vu hier et .ce n'est certainement pas le cas avec celui ci , ce film aurait pu etre fait en 2023, c'aurait été un chef d'oeuvre meme face aux grosses productions americaines....suspense, histoire tordue, acteurs impeccables, ambiance poisseuse: une merveille.
Là ou ca fait mal c'est que ce film nous rappelle cruellement ce qu'est devenu le cinema francais. j'ai vu 3 films francais dernierement: intouchables, overdose et barbecue, bilan: 3 gros navets....mal joués, previsibles, plein de bons sentiments pour intouchables, violence gratuite pour overdose et humour lourdingue pour barbecue....
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse