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Un visiteur
3,0
Publiée le 13 décembre 2012
"Sommeil Blanc" est un thriller psychologique de bonne facture malgré quelques point faibles qui le rendent pas facile d'accès. En effet qui dit "psychologique" dit souvent "lenteur" et c'est bien là que le long-métrage risquera de perdre quelques spectateurs...néanmoins hormis quelques longueurs le rythme est identifiable au personnage de Camille , dépressive et solitaire, donc il facilement acceptable pour rentrer dans son univers torturé. Le gros point fort du film est sans conteste Hélène de Fougerolles qui confirme son talent et son attitude salutaire à se diriger vers un cinema français "de genre" pourtant très impopulaire en France (ceci expliquant le passage totalement inaperçu de l’œuvre en salle). Le reste du casting n'est pas en reste avec Laurent Lucas (inoubliable dans "Calvaire") malheureusement assez effacé au profit du jeune Julien Frison dans un personnage d'ados énigmatique. A voir !
« Sommeil blanc » surprend par sa maîtrise, par la puissance de ses images et par l’intensité de son portrait de femme. Le film jongle intelligemment avec les genres, mais possède surtout un incroyable pouvoir d’évocation visuelle. Il y a un mystère puissant au cœur du film, qui palpite dans chaque image, et qui nous habite longtemps après la fin de la projection. Non pas que l’histoire soit complexe, elle suit au contraire une belle « ligne claire », celle de Camille, jeune mère récemment endeuillée qui va faire son travail de résilience au contact d’un jeune garçon surgit de nulle part. D’où vient cet inconnu, visiblement aussi perdu qu’elle ? Est-il un fantôme ? Un fantasme ? Un vrai enfant égaré ? Le film a l’intelligence de jongler avec ces possibles sans trancher. Car il s’agit avant tout de dresser le portrait intime d’une femme, de plonger dans sa psyché, en acceptant l’irrationalité et le mystère de ses pulsions. Car tout se joue dans cet entre-deux du réel et de l’imaginaire que Freud nommait « l’inquiétante étrangeté ». Le talent du cinéaste est d’avoir traité cette introspection avec les seules armes du cinéma, par la mise en scène, la lumière, le cadre, le décor. En évitant toute psychologisation et en faisant uniquement appel au pouvoir d’évocation poétique du cinéma, celui d’un travail sur les sensations pures. Malgré quelques maladresses (le personnage de Marc Barbé, sous-exploité), sa construction dramatique sous forme de puzzle est habile et invite le spectateur à nourrir la fiction. On découvre le passé par éclats, où se mêlent réel et onirisme, et le film s'imprime en nous comme on émerge d'un rêve. . Cela n'empêche pas "Sommeil blanc" d'être parcouru d’une tension sourde, d’une intensité dramatique qui est d’autant plus impressionnante que le cinéaste refuse les effets faciles. Pas de surcharge, juste une ligne filmique claire et droite où rien ne manque, où rien n'est de trop. Jean-Paul Guyon choisi la sobriété, ce qui devient exceptionnel dans le cinéma contemporain. Il filme magnifiquement Hélène de Fougerolles, ses regards, ses traits. Peu de cinéastes savent filmer un visage, le laisser s'exprimer, guetter simplement un signe ou l'abandonner à lui-même. Peu également osent faire place au silence et lui permettre de s'imposer. Guyon a aussi un talent rare pour construire des ambiances, pour faire naître le trouble au détour d’un regard, pour faire entrer le spectateur dans le blanc de l'inconscient. Ce blanc sur lequel lentement des traces apparaissent, des craquelures, les salissures de la mémoire. Quant au traitement de l'histoire, il présente quelques problèmes de rythme (dans la seconde partie), mais l’ensemble a une belle tenue. Inspiré d’un roman de Georges Jean Arnaud, auteur prolixe bien qu’un peu oublié, le film parvient à créer un réalisme onirique de première force. On se laisse hypnotiser par une mise en scène ample et précise, qui séduit par la justesse de son regard et qui façonne habilement le monde pour en faire l’écho de l’intériorité de son héroïne. Car dans ce film entre chien et loup de la conscience, le réel de cette femme blessée se teinte en effet progressivement d'une nuance fantastique qui laisse la part belle au doute le plus insidieux. Car voilà l'inquiétude suprême : le décollement de la réalité. En un sens, n'est-ce pas un autre mot pour parler de la subjectivité et de la manière pour chacun de se projeter dans le monde ?
Une atmosphère prenante, des images magnifiques, un suspens feutré et un récit qui fonctionne comme un puzzle. Jean-Paul Guyon frappe fort pour son premier film. Plutôt qu'un thriller, il s'agit d'un film d'ambiance qui avance comme un rêve éveillé. Malgré un rythme assez lent, on ne décroche pas du mystère qui émane de ce huis-clos en pleine montagne et où la nature se fait de plus en plus inquiétante. Chose rare dans le cinéma français, l’image en dit plus long que les dialogues : Par petites touches, le film se teinte de fantastique et dresse le portrait d'une femme en reconstruction. Un personnage complexe magnifiquement interprété par Hélène de Fougerolles (le seul vrai grand rôle de sa carrière ?). A la fin, chacun pourra avoir sa lecture propre de l'histoire. Une belle réussite !
thriller à la française très soporiphique comme le titre l'indique. bravo pour les paysages enneigés et la couleur de cheveux de l'actrice sinon le scénario est léger pas d'action copie à revoir
Un film d'ambiance, pour un scénario trop léger et mal ficelé. Hélène est décidément trop au centre de l'histoire, au point que l'histoire frise le narcissisme, proche de l'ennui. Histoire sans aucune articulation, au point qu'on se demande s'il y a une histoire, ou un prétexte à tourner des images. Il reste la beauté, digne d'un musée. Question de goûts. Mais l'ambiance est soignée, c'est déjà ça. Largement insuffisant pourtant.
Un thriller psychologique qui ne parvient jamais vraiment à décoller. Même si Hélène de Fougerolles fait des efforts d'interprétation pour rendre son personnage crédible, la mollesse et les errements du scénario rendent l'ensemble maladroit. Dommage.
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1,5
Publiée le 25 avril 2012
En plongeant dans le silence et le froid des hauts plateaux alpins sans vèritablement vouloir nous tendre la main, le cinèaste Jean-Paul Guyon nous a laissès au bord du goufre, indiffèrents et quelque peu dèçus avec des fausses pistes qui s'avèrent quelque peu trompeuses! Pourtant Hélène de Fougerolles est la seule à tirer son èpingle du jeu et livre une prestation dès plus convaincante! Au delà de ça, pas grand chose, Laurent Lucas est absent et ce qui manque peut-être le plus pour que le film fonctionne à plein, c'est une construction scènaristique qui tienne la route et qui ne fait rien à moitiè! On n'a d'ailleurs une certaine frustration dans le final avec des questions qui restent sans rèponses et on se dit tout ça pour ça finalement! Dommage car "Sommeil blanc" avait du potentiel...
le film tourne autour du personnage principal, camille , presque toujours présente à l'écran, l'histoire est simple en elle-même, une femme qui a perdu son unique enfant lors d'un accident, recueille chez elle un ado en cavale, le film est froid, neutre tout comme le paysage dans lequel il se déroule, cela oscille entre le thriller et le drame psychologique sans vraiment en être un
Un beau film très émouvant. J'ai tout de suite accroché à l'atmosphère. L'occasion aussi de découvrir Hélène de Fougerolles dans un rôle dramatique où elle est vraiment bouleversante. Les images sont très belles, on ne les oublie pas.
Excellente surprise que ce premier film qui mélange avec habileté les genres (thriller, étude psychologique, fantastique) pour dresser un troublant portrait de femme. sa force tient avant tout à ce mystère qui habite chaque image : malgré un récit très simple (le retour à la vie d'une femme endeuillée), il y règne un climat d'étrangeté, propice à de multiples lectures (réflexion sur la maternité, la famille, la culpabilité, etc). Le film baigne dans une atmosphère onirique très réussie : le réalisateur excelle à créer des ambiances oppressantes, utilisant pleinement les ressources d'un décor magnifique et maniant le huis-clos avec élégance et maîtrise. Un onirisme qui rend la vision du film assez hypnotique et nous laisse le loisir de reconstruire le récit après coup. Malgré quelques faiblesses (gestion moyenne des personnages secondaires), "Sommeil blanc" possède une tenue exemplaire pour un premier film et une vraie originalité.
Dommage que la fin soit aussi classique, car jusque là le film est original et fonctionne plutôt bien. Le réalisateur sait jouer avec son décor et utiliser le format large pour filmer ce huis-clos en pleine montagne. Il y a quelques problèmes de rythme dans la deuxième partie mais l'ensemble reste quand même bien tendu. J'ai adoré la musique, qui ne ressemble pas à ce qu'on entend d'habitude. Hélène de Fougerolles est surprenante, pas comme Laurent Lucas qui fait le minimum syndical. Bref, des défauts mais un film inhabituel qui sort des sentiers battus du premier film d'auteur. Et un réalisateur à suivre.
Première réalisation pour Jean-Paul Guyon qui adapte le roman "Enfantasme" de Georges-Jean Arnaud et qui nous restitue une oeuvre oscillant entre le cinéma d'auteur et le mélodrame fantastique. Une première pour ce jeune réalisateur, plus habitué aux courts-métrages. Malgré un agréable casting, Sommeil blanc (2009) ne parvient jamais à nous convaincre. En cause ? Un scénario pantouflard et labyrinthique, ajoutez à cela, une mise en scène digne d'un téléfilm soporifique. Jean-Paul Guyon n'a pas cherché la facilité avec cette adaptation, loin de là, en espérant que la prochaine fois sera la bonne.
S'attacher à la psychologie des personnages c'est bien ! Souvent on l'oublie un peut. Mais, là le film est beaucoup trop lent puisqu'on ne peut pas lui reprocher sa longueur. Il y a un manque de rythme. L'histoire est assez plate et il ne se passe pas grand chose mais il n'y a pas d'incohérences. C'est dommage parce qu'Helène de Fougerolles qui porte quasiment tout le film est très bonne dans son jeu contrairement à Julien Frison qui n'est pas terrible. Un rythme un tantinet plus enjoué aurait permis a ce film de ne pas sombrer dans l'oubli.
Un premier film qui flirte avec le fantastique, mais reste loin des effets de manche ou des retournements convenus. Le récit est ambigu, c’est un puzzle qu’on (re)construit en permanence, avec une belle tendance à l'onirisme : magnifiques séquences nocturnes, ambiance irréelle de la forêt enneigée... Le réalisateur joue à fond de son décor, une vieille bâtisse perdue en pleine montagne, bien flippante. Mais il ne s'agit pas de rejouer Shining : le film a son identité propre et s'affirme comme un troublant portrait de femme - Hélène de Fougerolles se fond avec justesse dans le style du film, tout en retenue et en nuances. Guyon s'attache à l'ambigu travail de reconstruction de cette femme au contact d'un ado fantômatique. Si le scénario se révèle finalement inégal (certains personnages, comme celui de Marc barbé, auraitent mérités à être d'avantage développés), la mise en scène, majestueuse, emporte la mise : chaque image est chargée d'une intensité, d'une densité rare dans le cinéma français (on pense à "De beaux lendemains" d'Atom Egoyan). Au final, la proposition est suffisamment marquante pour saluer la naissance d'un vrai cinéaste.
J’ai eu la chance de voir ce film hier soir en présence du réalisateur car il a été tourné en partie dans notre région, et ce fut une soirée plus que très agréable. Le film est prenant, Hélène de Fougerolles est fantastique pour faire ressortir ses questionnements, ses sentiments uniquement par des regards, des respirations. Le jeune Julien est également bien à sa place dans ce rôle, et fort sympathique au naturel. Pour Jean Paul Guyon : Pour son premier long métrage : Bravo !!!!! En résumé, dès qu’il repasse dans les salles de la région, je retourne en reprendre une deuxième dose.