Quand on va voir un film avec Tommy Lee Jones en version française, on a toujours une petite crainte. Celle que ce ne soit pas son doubleur historique, Claude Giraud, magnifique voix de notre enfance dans "Ulysse 31", qui fasse le boulot. Ouf, il est bien au rendez-vous "Dans la vallée d'Elah", ce qui nous permet encore plus d'apprécier cette enquête policière menée tambour battant dans le contexte des conséquences de la guerre d'Irak menée en 2003 par les américains. C'est assez palpitant, la confontation entre Tommy Lee Jones et Charlize Theron fait de belles étincelles et le réalisateur a eu l'habileté, sur ce sujet terrible, de ne pas en faire des tonnes. En regardant ce film, j'ai beaucoup pensé à "A l'épreuve du feu" dont le thème et la construction se rapprochent de celui-ci. Décidément, les guerres inspireront toujours hollywood.
Le film nous raconte l'enquête que va mener un père au sujet de la disparition de son fils à son retour de la guerre en Irak. Le scénario est vraiment très intéressant mais on peut regretter certaines incohérences scénaristiques notamment sur le fait que la police soit si incompétente dans enquête, faisant la part belle au personnage interprété par tommy Lee Jones. D'ailleurs le jeu des acteurs est très correct à l'image d'une réalisation maitrisée de bout en bout. La chute est bien sentie et ne fait pas dans la dentelle. Vraiment un bon film !
Si la majeur partie du film s'articule autour de la passionnante enquete mené par Hank et Emily ,la guerre (ici l'Irak) et les sequelles de ses jeunes recrues demeure la veritable toile de fond de cette oeuvre au pouvoir emotionnel intense.Les talents de scenariste comme de realisateur d'Haggis ne sont plus a prouver mais quand meme : montage ,rythme ,cadrages ... difficile de ne pas etre happer dans cet engrenage militaro-policier qui reserve son lot de rebondissements avant un remarquable final exprimant les desillusions d'un pere (ancien soldat lui meme) dans le systeme militaire.Au dela l'evidente reussite "technique" et scenaristique c'est l'extreme qualité du casting qu'il faut saluer : TLJ est d'une sobrieté et d'une dignité sans nom ,la tres grande classe !! son duo avec la sublimissime Theron s'avere equilibré et plutot realiste ,dommage que Sarandon n'est pas un role + fort a la hauteur de son immense talent ,BO classique mais terriblement efficace.
C'est un film bien construit, mis en scène et interprété avec talent. L'ensemble est très sombre, désabusé, déprimant. Tommy Lee Jones est évidemment parfait pour restituer ce genre d'atmosphère. Le propos est transparent : le guerre est une horreur et massacre l'âme de nos enfants, quand elle ne les tue pas complètement. Je n'ai pas eu l'impression de visionner un chef d'oeuvre, d'autres sur le même thème, dans le même cadre, m'ont plus touchés, mais c'est un bon film malgré tout.
Il s'agit du premier film sorti sur nos écrans sur les répercussions sur les soldats américains de la guerre en Irak.Avec un tel sujet coup de poing ,on pouvait s'attendre à davantage d'audace et d'émotion.Or l'enquête s'étire en longueur à cause de scènes sans intêret( notamment dans les locaux de la police) et l'impact des vidéos prises en Irak est amoindri par le tressautement des images.Susan Sarandon est sous exploitée et Tommy Lee Jones est toujours aussi peu expressif.Certes le film regorge de symboles forts sur la paternité et le patriotisme mais tout est traité superficiellement d'où un résultat bien fade.
Comment ne pas penser à Clint Eastwood ? Facture classique, scénario en béton (armé) qui tourne autour d’un vieux père orphelin de ses fils et d’une jeune femme élevant seule le sien. Pas l’ombre (ou alors très furtive) d’une histoire d’amour, juste un regard désespéré sur l’Amérique, les américains, les dégâts causés par la guerre en Irak sur ces jeunes hommes jetés dans la barbarie, et qui ne peuvent pas en revenir indemnes. Le scénario a l’immense intelligence de ne pas figer les personnages. Le père est admirable, bien sûr. Enquêteur militaire à la retraite, il est forcément très fort pour comprendre ce qui s’est passé, pour éclaircir les circonstances de la disparition de son fils. Mais en sa qualité de père, il est aussi obligatoirement de bon conseil pour une mère célibataire… Sauf que rien n’est exactement comme on l’attend. Les certitudes sont balayées, et cet homme droit, croyant aux valeurs anciennes de son pays, est fondamentalement renversé par ce qu’il voit, par ce qu’il comprend. La mise en scène, sobre, sans effets, mais réglée au quart de poil, fait immédiatement entrer le spectateur dans le récit, adoptant le rythme du père, force tranquille dont le désespoir n’éclate (presque) jamais. Pourtant les accélérations soudaines comme les instants suspendus de contemplation apportent le contraste nécessaire à ce film, lourd et digne, qui prouve une nouvelle fois que l’industrie cinématographique américaine est capable de produire des critiques profondes sur les errances du pouvoir en place.
Je connaissais Paul Haggis pour son scénario de Million Dollar Baby ( que j'avais adoré ) et pour son premier film ( Collision ), que je n'avais guère aimé. Dans la Vallée D'Elah est un film (sur)prenant et poignant, et même - n'ayons pas peur des mots ! - un véritable chef d'oeuvre du film de guerre. L'une des plus belles démonstrations des dégats que peut engendrer la guerre sur de jeunes soldats ( et pas seulement la guerre d'Irak, étant donné l'universalité du propos ). Un seul repère pour eux : tuer l'ennemi quoi qu'il arrive... Tommy Lee Jones habite littéralement le film de Paul Haggis, il campe à merveille le personnage d'Hank, homme opiniâtre enquêtant sur la disparition de son fils, jeune soldat américain. Ce petit bijou du cinéma aborde plusieurs thèmes tout en évitant le piège du fourre-tout : le racisme, la drogue, le puritanisme ( le titre est d'ailleurs significatif )...Le tout est magnifiquement agencé, et ce malgré le caractère quelque peu traditionnel de la mise en scène. Paul Haggis mériterait bien un oscar pour son scénario. L'un des grands films de 2007. Un chef d'oeuvre !
DANS LA VALLE D’ELAH est un film d’autant plus percutant qu’il est sensible, douloureux, bouleversant,... Tant de sentiments qui vous prennent au tripes retenus à l’intérieur, constamment sur le fil du rasoir, à chaque seconde prêts à tout faire exploser... D’une plume d’exception, Paul Haggis a signé un scénario d’une grande intelligence, dans lequel il conjugue drame et thriller avec une extrême ingéniosité, et auquel il fait honneur au moyen d’une réalisation sobre mais intense, dure mais émouvante. Servi brillamment par un Tommy Lee Jones tout simplement surprenant, une Charlize Theron très convaincante et une Susan Sarandon impressionnante, dont les talents imprègnent une atmosphère déjà très riche. Après le coup de maître avec « Collision », Paul Haggis récidive et nous offre un nouveau chef d’œuvre, très en marge du cinéma contemporain.
Paul Haggis signe un film poignant, assez dur mais extrêment réaliste. Tommy Lee Jones est au sommet de son art. Le film en lui même se revèle être très émouvant. On en sort assez perturbé, surtout que c'est évidemment basé sur des faits réels.
Quand je lis les critiques négatives qui dénoncent le patriotisme américain, je me dis que nous n'avons pas du voir le même film. Dans la lignée de Lions et Agneaux de Robert Redford, Dans la Vallée d'Elah est un grand film qui raconte la détresse du peuple américain qui voit ses idéaux piétinés au nom d'une guerre que personne, pas même ses soldats, ne comprend. Tommy Lee Jones est magistral de sobriété, en homme brisé mais charismatique, son personnage étant un des dernier représentants d'une époque où l'on faisait son travail avec professionnalisme (la police et l'armée en prend plein les dents au sujet des affaires baclées). Autre baffe, Charlize Theron est extraordinaire en mère célibataire, comme une orchidée à l'abandon. Même sans maquillage, les cheveux gras tirés sévèrement en arrière et le nez tout bleu et tout cassé, elle arrive à avoir encore du charme dans son regard. Pas de spoiler en dehors qu'il s'agit d'un film violent, que l'histoire est extraordinaire et que le titre qui fait référence à David et Goliath n'en est pas moins une métaphore de cette guerre qui oppose la machine de guerre américaine à l'Irak aussi sec et pauvre que le désert.
Un film émouvant, remarquablement interprété. Le conflit irakien, est montré comme un traumatisme transformant les soldats américains à jamais. L'intrigue n'est finalement qu'un pretexte, Haggis voulant souligner l'inhumanité de la guerre. Poignant !
Partant une nouvelle fois d'un scénario très solide, Haggis fait dans tout ce qui est de plus simple...et ça marche. Pas de larmes, pas de course poursuite, de retournement de situation. Ce film, très humain, regarde l'image d'un père patriote qui découvre l'ineptie de la guerre d'Irak à travers la mort horrible de son fils. Du beau travail.
Tommy Lee Jones (No country for old men, JFK, Natural Born Killers) se spécialise depuis peu dans les films intimistes, et pour notre plus grand plaisir. L'ancien Clay Show d'Oliver Stone excelle dans les rôles mélancoliques, que les années semblent avoir fait fructifier. Nous avons droit à une grande prestation de cet acteur hors norme, à moins que ce ne soit simplement une allure naturelle à la puissance dépassée. Un beau rôle.