Bon, je sais en ayant parcouru les blogs que les avis sont plus que partagés sur cette oeuvre, et .... c'est ce qui me plaît, car la cinéphilie déteste les tièdes. Evidemment, si l'idée qu'une personne normalement constituée commence à pousser la chansonnette au moment d'avoir une relation homosexuelle avec un ado breton (!) te semble peu naturelle, et t'empêche d'adhérer pleinement au film, c'est mal parti.
Mais sinon, la vérité est que ce film :
1 - est magnifiquement joué. Garrel est le digne héritier d'Antoine Doinel et tout son personnage est sous emprise truffaldienne (cabotine parfois, mais l'entendre dire "je suis très mélancolique" lors qu'il est complétement bourré est un grand moment). Les deux filles sont craquantes, tout en étant complètement dissemblables : la blonde, pleine et lumineuse, la brune, insaisissable et virevoltante. Chiara Mastroianni est bouleversante et même les seconds rôles sont parfaits (l'autre soeur, la mère) apportant chacun un personnage totalement consistant psychologiquement
2 - est doté d'un scénario résolument moderne et en phase avec son époque, en en reflétant toutes les subtilités et tous les antagonismes (engagement/détachement, plaisir/souvenir)
3 - est monté de façon magistrale. Ce qui marque le plus en revoyant le film est l'absence totale de plan inutile. La scène du jardin de la Pépinnière est exemplaire : un plan sur les enfants qui jouent puis sur Chiara qui chante (brièvement), un plan fixe sur une allée d'arbres nus (la mort) pointant vers un point de fuite indéfini (l'absence) : toute la tragédie du deuil est dite en quelques minutes
4 - montre Paris comme la ville n'a jamais été montrée, ses stations de métro, ses balayeurs, ses cafés, ses enseignes lumineuses, ses passants, ses gens qui téléphonent dans les cabines, ses ambulances, l'ange de la Bastille, les grilles des jardins, les bureaux de tabacs, les kiosques à journaux
5 - montre une direction d'acteur totalement virtuose : du balais des chaises à roulettes dans le premier plan à l'acrobatie en corniche sous observation du dernier plan, tout n'est que volte, arabesque, esquive et légèreté
Je sais que l'ombre de Demy plane sur le film (l'héroine s'appelle Pommeraye comme le nom du célèbre passage couvert nantais, la scène ou Julie semble flotter sur un tapis roulant etc...) mais il est bien plus que ça. Je pense qu'il est aussi plus que le film d'une époque comme Les nuits fauves ont pu l'être pour les années Sida. Il est simplement le premier film totalement abouti d'un cinéaste hyper doué qui pourrait être le Woody Allen français sur la durée : Aime moi moins, mais aime moi longtemps. C'est la dernière phrase du film et peut-être celle d'Honoré. D'autres critiques sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
Le plus grand film de 2007. Christophe Honoré nous livre un film formidable qui regorge de sentiments et de tristesse. Avec son casting 5 étoiles, il nous emmène dans Paris et nous le montre comme jamais. Les chansons sont toutes très belles et très bien chantées.
un film touchant et beau. un film traversé par la mort mais aussi par la vie. les chansons décolle grâce à leurs paroles poétiques et marrantes ou bien tristes. de plus Paris n'avait rarement été aussi bien filmé.
Que de dualités pour moi dans ce film. Cette histoire me donne envie de chanter mais aussi de me taire, d'aimer à la folie et de me terrer. Il me donne envie d'être triste, il me donne envie de profiter et de rester jeune. Il me donne envie d'être à nouveau parisien et étudiant, il me donne envie d'insulter ce Paris, il me donne envie de l'individu, il me donne envie de lire Proust et Aragon mais d'estimer que c'est bien trop sérieux. Ce film me donne envie de baiser, de baiser à 3 et même d'être pédé. Ce film me donne envie d'écouter Biolay et de rejeter le genre. Ce film me donne envie d'être en famille et d'être en deuil, de ne pas les oublier. Ce film me donne envie de fumer, de pleurer et de me pointer du doigt. Ce film me donne envie qu'on prononce ces mots "Aime moi moins mais aime moi longtemps !". Entre autres choses, de contradictions qu'il est fait, une envie est bien là, à nouveau le regarder.
La réalisation n'est pas si déplaisante mais l'esprit bobo parisien assez rebutant. On peut citer, entre autres, le "c'est comment ?" de la mère qui apprend que sa fille fait ménage à trois. En effet, une famille qui parle ouvertement de libertinage, c'est plutôt branché... mais, en revanche, c'est pas très réaliste !
Si vous portez des Slims, que vous vivez sur paris et que vous attendez avec impatience le prochain concert de Vincent Delerme, allez voir ce film... Sinon... continuez votre route et ne perdrez pas votre temps...
Un film magnifique qui oscille entre légéreté et gravité. Les intermèdes chantés sont superbes et les chansons restent longtemps gravé dans les mémoires. Que dire des acteurs? Ils sont géniaux, Louis Garrel est bluffant, au naturel désarmant, on dirait Jean Pierre Léaud! Le reste du casting est tout aussi fameux, Ludivine Sagnier est terriblement touchante. Au final ce film est sans doute le plus beau d'Honoré.
Je viens de relire ma critique de "Dans Paris", et je m'aperçois que ce que j'ai rédigé il y a sept mois correspond à ce que je m'apprêtais à écrire sur "Les Chansons d'Amour", à commencer par le choix de la photo d'illustration. Non seulement Christophe Honoré a la manie fatigante de citer les grands anciens de la Nouvelle Vague, mais maintenant il en arrive après quatre films à citer ses citations ! Comme pour "Dans Paris", le début du film est catastrophique : dialogues affligeants du type : "La guerre de trois n'aura pas lieu" "C'est moi le cheval ?", jeu insupportable de Louis Garrel encore plus mauvais dans le badin que dans le ténébreux, situations qui sonnent faux comme le repas de famille chez les parents de Julie. Le tout dans un périmètre Bastille-Gare de l'Est-Faubourg Saint-Martin, triangle du parisianisme bobo où les filles lisent Eurypide et Proust, et où les garçons déclament Aragon dans la rue.
Et puis, le film bascule avec la mort de Julie, filmée sous tension. Pendant que l'on voit Alice draguer un mec par dépit à l'intérieur de la boîte, on entend le dialogue des pompiers qui tentent en vain de réanimer Julie ; la gravité de la situation nous est suggérée par le visage de deux fêtards qui regardent ce qui se passent dans l'ambulance, hors-champ. A partir de cet instant, le film change de registre, et Christophe Honoré trouve le ton juste pour décrire certains moments du deuil, comme ce repas où Ismaël réussit à dissimuler sa douleur et arracher quelques sourires aux parents de Julie, avant que sa soeur ne lui assène "Je suis contente que tu ailles bien, ça nous porte tous", ou encore la rencontre d'Alice et de la mère de Julie.
Christophe Honoré fait référence à Demy en insérant des chansons composées par Alex Beaupain et chantées par les acteurs. On est plus du côté des "Parapluies de Cherbourg" que des "Demoiselles de Rochefort", à la fois par le style musical plus dépouillé et par la gravité du sujet. Et ce n'est pas un hasard si Chiara Mastroianni chante sous un parapluie, quelques décennies après sa mère...
Film inégal, parfois touchant et souvent agaçant, "Les Chansons d'Amour" pouvait légitimement représenter un certain cinéma français, intello et neo-germanopratin. Objet filmique d'un autre temps, il pouvait aussi légitimement ne rien attendre d'un Festival dont le palmarés a cherché à couronner la modernité et la prise en compte des problèmes de notre temps.
Un film parisien moyennement accrochant ( pour ma part) ! L'histoire se laisse facilement suivre, mais il y a beaucoup trop de chanson. Et la réalisation est parfois un peu molasse. Sinon, les acteurs et leurs personnages sont attachants. Et "Les Chansons d'amour" résume parfaitement notre société et l'être humain en général, le film de Christophe Honoré dépeint la vie (l'amour, la mort, la famille...). 3/5