Archétype propre du film à oscars, Darren Aronofsky reviens sur le devant de la scène après "The Wrestler" avec ce cygne noir interprété avec passion par Nathalie Portman. Histoire d'une gamine, enfermée dans un corps d'adulte, trop couvée par sa mère, trop sensible face au monde qui l'entourre, trop perfectionniste... Descente aux enfers d'une danseuse vers les limbes de la folie. Vendu comme un chef d'oeuvre, une expérience magistrale, "Black Swan" est clairement surrestimé. Si l'intégralité du long-métrage d'Aronofsky n'est pas mauvais, on est loin de la pièce maîtresse tant clamée. L'impression est, que le scénario et la réalisation donnent dans la superficialité malgré la présence d'un très bon casting qui s'en donne à coeur joie (Portman déjà citée, mais aussi Mila Kunis et bien sûr, Vincent Cassel). Aronofsky manque de tact à filmer les tourmentations de la jeune femme. Faible, traitée comme une gamine par sa mère qui impose ses volontés, frustrée sexuellement. En passant du cygne blanc au cygne noir, ce sont tous ces points dont elle finira par s'émanciper. Sexe, drogue, violence... Plus la femme sombre dans la schizophrenie, plus le cygne noir apparaîtra comme comportement naturel. Le problème réside que dans cette métaphore, Aronofsky accentue la symbolique bien lourde comme l'auto-mutilation fantasmée ou la transformation visuelle de Natalie Portman en cygne noir (totalement absurde qui aurait gagné en intensité si le tout avait été suggéré). A croire qu'Aronofsky désirait taper dans l'oeil du spectateur. C'est réussi... Un point dérengeant, les clichés. Tout de suite, il faut que la danseuse se révolte en passant par la case alcool, drogue et sexe. Vu, vu, vu et revu. L'angoisse tant promise par le réalisateur est innexistante alors que si la mise en scène avait opéré pour accentuer l'opression et le stress ressentie par "l'héroine", "Black Swan" aurait été un film fort, violent et critique sur ce perfectionnisme ambiant. La fin,
quant à elle, n'est point surprenante et renvoie irrémédiablement à "The Wrestler".
Darren avait habitué à mieux dans sa filmographie, même si "Black Swan" reste un film agréable mais possédant trop de lacunes pour en faire un chef d'oeuvre.