Film de cape et d’épée mené à un rythme d’enfer par le duo De Broca/Belmondo qui aura quelques réussites du même acabit à son actif par la suite (en particulier à l’Homme de Rio, le reste étant plus anecdotique). Tout est là pour distraire le public et De Broca ne déroge pas aux deux grandes figures imposées du genre : action et fantaisie. Belmondo, chef de bande charismatique a plusieurs acolytes hauts en couleur. Jesse Hahn qui incarne le pendant de Portos pour les Mousquetaires ou de Frère Jean pour Robin des Bois apporte toute sa gouaille et sa candeur. De son côté Jean Rochefort un peu gêné aux entournures dans un type de rôle qui ne lui sied guère, incarne l’intello de la bande. Tout ce petit monde ne se prend pas au sérieux une seconde et vole d’aventures en aventures avec la plus grande légèreté. Mais un bon cape et d’épée ne peut être réussi sans la belle qui prendra le cœur du héros toujours prompt à défendre la veuve et l’orphelin. Ici se sera Claudia Cardinale, De Broca n’aurait pas pu à l’époque avoir meilleur goût et Belmondo validera le choix de son metteur en scène en nouant une idylle avec l'actrice. Mais le goût de la conquête du pouvoir sera le plus fort et Cartouche ne pourra s’empêcher de séduire une noble en la personne de la très froide mais très sensuelle Odile Versois comme si au final toutes ces bravades n’avaient eu pour but que de quitter les gens de son rang. Il s’y brûlera les ailes et finira par le payer de sa vie en se rendant à un rendez-vous galant piégé. Malgré tout le plaisir que l’on prend à ce film on ne peut que constater que Belmondo n’est pas Gérard Philippe et encore moins Errol Flynn. Mais dans le domaine il fait mieux que Delon dans La tulipe noire à qui il manquait le côté aérien et insouciant de l’emploi. A noter la présence toujours trop rare de l’impayable Noël Roquevert qui après s’être fait ridiculiser par Fanfan la Tulipe choisit de l’être aussi par Cartouche.
Un film de cape et d'épée qui mélange burlesque, romance et tragédie. Une vision très romancée du célèbre bandit Cartouche, légèrement gâchée par l'inégalité du rythme.
De Philippe de Broca (1962). Un film plaisant . Un bon divertissement si on admets de bien maigres références historiques . Un oeil du côté de Robin des bois porté par une pléiade de bons acteurs à commencer par J Paul Belmondo qui irradie l'écran de sa jeunesse , de son charme et de son charisme . Avec de plus la belle et lumineuse Claudia Cardinale et Jean Rochefort jeune Jess Hahn , Jacques Balutin , Noël Roquevert et Paul Preboist . C'est dire le casting ! Et la musique de Georges Delerue .
Il y a de la fraîcheur. Comme un parfum de Robin des bois. Il y a de la joie de jouer. Il y a de grands acteurs au début de leur carrière (Jean-Paul Belmondo, Claudia Cardinale, Jean Rochefort). Il y a des cascades, des combats à l'épée, des chevauchées. Il y a aussi quelques belles tirades : "À nous autres les dentelles, les plumes, les carrosses et les pompons !" Ou encore La Taupe (Jean Rochefort) : "Excuse-moi Venus, j'ai des révélations d'homme." Ou bien Vénus (Claudia Cardinale), jalouse, s'adressant aux hommes : "Vous sentez la femme !" Vu pour la première fois 61 ans après sa sortie, je dois avouer avoir apprécié Cartouche, comme ces films dont l'action se passe dans une époque lointaine (ici le début du XVIIIe siècle, sous la Régence) et paraissent avoir été tournés à ce moment là. On y trouve comme une authenticité que les effets spéciaux des productions modernes ne savent restituer. À (re)voir avec plaisir.
En voila une film de cape et d'épée qu'il est bizarre. D'abord farfelu, mais c'est inhérent au genre, puéril par moment mais ne faut-il pas savoir retrouver son regard d'enfant… le film dans sa seconde moitié se met à développer une intrigue sans doute impossible, mais qui fait prendre au récit une tout autre dimension, l'aspect Robin de bois disparaît, les objectifs deviennent flous, les défis suicidaires, et ça a beau devenir n'importe quoi, n'empêche que ça à de la gueule. Belmondo est dans sa grande période et fait bien le boulot, mais c'est Claudia Cardinale qui illumine le film jouant l'un des ses plus beaux rôles esthétiquement parlant (avec il était fois dans l'Ouest) Sinon, Lemaire est très bien, Dalio est desservi par un rôle mal écrit et Jess Hahn s'amuse comme un petit fou. Et une bonne musiquette de plus de la part de George Delerue.
Il faut attendre la dernière scène (très très belle au demeurant) pour se rendre compte que Cartouche est un vrai romantique. Le film se déroule comme un moteur de voiture. Lent au démarrage, poussif même avec un humour potache assez lourdaud, puis à l'arrivée de Cardinale, la donne change et le film gagne davantage que les simples combats d'épée. Une sorte de Robin des bois, mais plus fragile, pas idéalisé comme Errol Flyn: un être perfectible et presque soumis aux désirs d'une femme détestable. Assez réjouissant et une superbe reconstitution.
Classique des diffusions télévisées, Cartouche est le type même du film de cape et d’épée à la française des années 60. En effet, dès le début, on comprend que nous faisons face à un film de pur divertissement qui se moque du réalisme (l’attitude de Belmondo n’est volontairement pas crédible dans un monde réel). Il ne faudra donc pas chercher une adaptation fidèle à la vie de ce bandit du XVIIIème siècle mais un fantasme d’aventures où les voleurs sont des bandits aux grands cœurs et où le ton est très léger et humoristique. Il ne faut donc pas se choquer que la guerre soit traitée avec légèreté et que les costumes soient tous très propres. Il faut donc prendre le film pour ce qu’il est : à savoir un divertissement pur et dur avec un casting assez incroyable (on y retrouve Jean-Paul Belmondo, la sublime Claudia Cardinale, Jean Rochefort, Noël Roquevert, Jacques Balutin, Philippe Castelli, Paul Préboist ou Sim) qui n’hésite pas à traiter tout avec légèretéspoiler: (il fallait oser la réplique : "Eh, Monsieur le Maréchal, nous voilà !") et où l’action n’est jamais associée à la violence et se rapproche du cartoon. Il faut tout de même reconnaître que ce qui rend Cartouche important d’un point de vue historique, c’est l’idée de génie de choisir Jean-Paul Belmondo dans le rôle principal transformant ainsi un habitué de la Nouvelle Vague et de polars en héros de films d’action atteignant les sommets du box-office français. Ainsi, même si on peut ressentir la postsynchronisation sur certaines séquences et trouver que le film traîne un peu en longueur, Cartouche est un film assez divertissant qui a l’avantage d’être visible en famille. Il est surprenant qu’aucune suite y fut donnée alors que la fin pouvait en annoncer une.
Ces aventures de cape et d'épée sont à l'évidence d'un autre niveau que celles dont un André Hunebelle, en particulier, s'est fait une spécialité. L'humour, principalement, y est un peu moins sot (sans atteindre, loin de là, des sommets de causticité) et le héros Cartouche qu'interprète Jean-Paul Belmondo est plus nuancé. Sur la forme, l'acteur incarne un brigand sympathique et bondissant, à la façon d'un Fanfan la Tulipe. Certains verront en lui un homme libre, voire un libertaire, détaché des devoirs moraux, moins par cynisme, d'ailleurs, que par esprit d'indépendance. Il reste que cette dimension qu'on peut prêter au film de Philippe de Broca ne porte pas loin; les péripéties et l'action contenues dans ces aventures plus ou moins historiques sont d'autant plus banales que l'ensemble des seconds rôles (dont quelques uns composent une sorte de Cour des miracles autour de Cartouche) est conforme à la tradition populaire et républicaine, notamment celle de maltraiter les aristocrates. Malgré le rythme de la mise en scène et des rebondissements qui se succèdent, malgré quelques ruptures de ton qui donnent à Cartouche davantage de profondeur spoiler: (le film se dénoue sur un ton amer) , le scénario ne renouvelle pas précisément le genre cape et d'épée.
Un léger clone de Fanfan la Tulipe et de Cadet Rousselle continue ses aventures en scope couleurs dans un contexte légèrement réactualisé.
La trinité désinvolte de joyeux lurons sous les drapeaux active la tactique dite du lièvre devant un danger risquant de déstabiliser une bonne humeur de parcours. Ces trois la aiment la vie en lui inculquant une gestion particuliere adaptée à chaque rencontre.
Cartouche remarquable visionnaire essaie de survivre en attendant le supplice de la roue ultime rendez-vous lié à son rang. L'Aristocrate et le gendarme sont bastonnés dans la joie et la bonne humeur. Tout est permis en attendant l'épreuve du gibet pour ces malandrins tentant de s'acclimater le temps d'une courte existence à une régence poudrée de mépris envers le va nu pieds.
Ce pamphlet dénonciateur préfère amuser tout en gardant un message dramatique sous jacent. Le détrousseur sans illusions sur un avenir à long terme se véhicule joyeusement sur le territoire de France propulsé par la rapine, la raclée et le bon mot.
On dévalise le carrosse presque avec respect, vaporise la comtesse de rhétorique amoureuse, ejecte en plein vol le maréchal de sa carriole, libère la gitane dans une taverne se devant d'adopter suite à cet effet le statut de pulvérisée.
L'aventure se vit de manière désordonnée permettant récréations, beuveries et dérives dans un monde ou les responsabilités de maîtres efféminés sont uniquement positionnés sur les jolis minois.
L'armée n'est pas en reste, plus le grade est élevé plus la réplique est somptueuse.
« J'ai perdu deux cent hommes aujourd'hui, j'espère faire mieux demain » s'exclame le colonel.
« Voici les trois héros de la journée, qu'on les mettent en première ligne demain, rétorque le Maréchal ».
« Cartouche » active les derniers spasmes de bravoures d'un sacripant au grand coeur se délectant de comportements paillards et chevaleresques sur un hexagone de misères.
Caricatural et un peu ridicule, Cartouche ne brille ni par son scénario, ni par ses dialogues. Les amoureux de Belmondo, Cardinale, Rochefort et autres en seront aussi pour leurs frais : ils sont bien peu mis en valeur.
J’ai vu ce film pour la première fois voilà une bonne 30aine d’année, je devais avoir une dizaine d’année tout juste et j’en gardais le souvenir d’un super film. Oh mon dieu que les années provoque des changements. La première heure est grand-guignolesque risible à souhait (vraiment c’est cul cul la praline et ultra simplet) ! La suite passe par une mini revisite de Robin des bois, puis par ce duel Cartouche/la noblesse sans aucune originalité mais c’est un peu plus supportable. Reste le charme de Belmondo et Claudia Cardinale mais cela ne fait pas un film. 2 étoiles dans mon IMMENSE mansuétude pour ce film simplet à réserver aux enfants.
Une bonne comédie de Philippe de Broca ,au rythme soutenu, avec une superbe brochette d’acteurs : bien sûr Belmondo à son sommet , la belle Claudia Cardinale , irradiante , pleine de fraîcheur et de charme, très belle gitane, Jean Rochefort , Marcel Dalio, tous des grands noms du cinéma français. De beaux tournages en décors naturels et extérieurs, de belles cascades et une certaine nostalgie pour ce cinéma d’aventure des années 60 .