Film inclassable, original et j'ai aimé la performance de Burt Lancaster, un rôle plutôt complexe pour l'acteur. Quelques longueurs m'empêchent cependant d'attribuer une meilleure note au film, mais dans l'ensemble le film n'est pas désagréable à voir.
Ned Merrill (Burt Lancaster) décide par un beau dimanche d'été, alors qu'il est de sortie chez des amis dans une riche banlieue du Connecticut, de rentrer chez lui de façon originale : non pas en reprenant sa voiture mais, vêtu de son seul maillot de bain, en nageant dans chaque piscine des propriétés que son chemin traverse. Commence pour lui un long chemin qui se révèle progressivement un retour aux sources.
"The Swimmer" est un film qui appartient à la mythologie de Hollywood. Il a été produit par Sam Spiegel, un nabab autoritaire qui, de mèche avec Burt Lancaster, décida de renvoyer le réalisateur Frank Perry. Son remplaçant, le jeune Sydney Pollack - qui n'est pas crédité au générique - tourna de nouvelles scènes et en retourna d'anciennes, changeant plusieurs acteurs.
Le résultat est passablement déconcertant. Le film tout entier repose sur un motif aussi simple qu'étonnant : l'histoire d'un homme qui rentre chez lui en nageant (l'expression en anglais est encore plus synthétique et marquante : to swim home).
Son héros, Burt Lancaster, de chaque plan, n'y porte qu'un seul costume - sauf dans une scène où il l'enlève : un maillot de bain noir. À cinquante ans passés, la star américaine est au sommet de sa gloire. Il a eu un Oscar pour "Elmer Gantry", a triomphé dans "Le Guépard" et "Le Prisonnier d'Alcatraz". L'ancien acrobate de cirque a un corps d'athlète, tout en muscles. Mais son visage buriné et sa bedaine naissante trahissent son âge. Prendrait-on aujourd'hui le risque de montrer le corps ainsi affaibli d'une star vieillissante ?
"The Swimmer" est adapté d'une nouvelle de John Cheever publiée dans "The New Yorker" en 1964. Accessible en ligne aujourd'hui, cette courte nouvelle fait douze pages à peine. Son motif se résume à presque rien. Le film dure pourtant quatre-vingt-quinze minutes. Un danger le menace : la succession de saynètes, une pour chacune des piscines traversées par notre star en maillot. Mais, le film, fidèle à la nouvelle, prend lentement une teinte surréaliste, alors que le trouble de Ned grandit autour de la solidité de ses souvenirs. Il se termine par une scène d'anthologie qui laisse un souvenir durable.
Un pur film, meconnu mais considéré comme précurseur du Nouvel Hollywood cher à Biskind et Thoret. On y repense longtemps après l'avoir vu. Un film métaphysique à méditer.
si vous lisez le pitch de ce film vous vous demanderez sans doute qu'est-ce qui va pouvoir nous intéresser dans l'histoire d'un type qui veut rentrer chez lui de piscine en piscine alors voyez ce film et prenez vous une bonne claque. c'est le film qui a annoncé le nouvel Hollywood, une sorte de road movie à l'envers qui explore la vie d'un homme en même temps que la société WASP américaine de l'époque, les images sont sublimes, Lancaster l'est aussi, la mise en scène à un peu vieillis par endroit des surimpressions notamment. La scène final est déchirante.
Un chef d’œuvre absolu, une sorte de joyau dans l’histoire du cinéma, un ovni par son originalité et sa force. Un film qui sort complètement des sentiers battus sans être ardu à comprendre.
Jamais entendu parler de ce film de 1968. Bien écrit et bien réalisé, on passe un moment très étrange. Ça commence de façon plutôt légère puis devenir de plus en plus sombre jusqu'à un final glaçant. On ne sait rien du passé (ou presque), du présent et de l'avenir du personnage. Burt Lancaster, en maillot de bain (et même moins) d'un bout à l'autre, est magnifique. Une sorte de drame social tourné comme un thriller. Aussi bizarre sur la forme que sur le fond. Une curiosité.
Un film bien étrange à mi-chemin entre "Easy rider" et "Point limite zéro". En utilisant le symbole de la piscine comme signe extérieur de richesse, le réalisateur Frank Perry livre une critique très onirique, philosophique du fameux "American way of life" et de la bourgeoisie des classes moyennes américaines entre splendeur superficielle et regrets amers. Une mise en scène qui a beaucoup vieilli, un rythme assez irrégulier. Certainement pas le meilleur film dans le genre mais à voir comme une curiosité.
En guise de plongeon, il amorce une sacrée déconvenue sur sa vie car tout est regret, amertume et surtout envie de changement. Mais le retour en arrière est impossible. En guise de final on se retrouve dans une piscine surpeuplée où il ne trouve plus sa place et où la superficialité surnage avec les mesquineries et les tracas quotidiens. Une vision originale d'un esprit humain qui cherche en vérité un nouvel élan.
En voilà un vrai film culte qui se révèle passionnant dès qu'on essaie de plonger dans l'exploration de son sous-texte, de ses multiples métaphores, des secrets qu'il cache si bien à propos de son personnage principal, joué par un B. Lancaster qui signe une performance marquante, gigantesque, hallucinante. Il est entouré par des visages qui ne diront rien à ceux qui ne maîtrisent pas le cinéma US des années 60 à 70 (ce qui est mon cas) mais les acteurs sont très bons. Le film n'évite pas certains écueils de cette époque et marque avec beaucoup de puissance le coup d'envoi du Nouvel Hollywood (il sera tourné en amont des autres films initiant le genre mais sortira un peu après à cause du département marketing qui se révélera incapable de vendre le film à un public pas préparé à un tel choc). Le film ausculte avec beaucoup d'acidité et de cruauté les fissures du rêve américain, s'ingéniant à employer son acteur principal qui décalque avec délice certains passages de sa filmo tout en soutenant le projet quand bien même il ne s'entendra pas trop avec le réal, viré et remplacé par S. Pollack le temps d'une scène qui sera retournée avec une actrice différente également, le tout aux frais de l'acteur. Bref, un film indispensable au cinéphile, qui déroute parfois, intrigue, dérange, passionne avant de nous lancer un peu KO spoiler: devant un final apocalyptique . D'une grande maîtrise visuelle, avec quelques plans inspirés et une belle partition musicale. D'autres critiques sur
Partant d'un point de départ aussi improbable qu'audacieux, « The Swimmer » est de ces films inclassables qui n'en sont pas moins des plus marquants. Alors que l'on aurait pu s'ennuyer comme jamais, Frank Perry parvient à faire le portrait d'une société vacillante et presque déshumanisée, aussi bien une critique de la bourgeoisie que la fin d'une époque, celle des héros américains sans peur et sans reproche finissant inévitablement par être triomphants. A ce titre, la prestation de Burt Lancaster est époustouflante, celui-ci exprimant admirablement les failles de ce héros au départ ultra-charismatique qui va au fur et à mesure des personnes croisées se fissurer spoiler: avant de s'écrouler peut-être définitivement . Notons d'ailleurs que les rencontres faites par celui-ci vont devenir de plus en plus éprouvantes, faisant passer l'œuvre d'une sorte de doux rêve où les non-dits laissent toutefois craindre une réalité beaucoup plus sombre, à une sorte de cauchemar apparaissant on ne peut plus concret, et ce notamment lors de cette impressionnante scène-clé où le héros spoiler: retrouve sa maîtresse , de loin la plus éprouvante de l'œuvre. Et tant pis pour les quelques coquetteries de mise en scène ou d'écriture, le sujet et son traitement étant suffisamment forts pour faire de ce long-métrage une expérience unique, particulière, certes, mais inoubliable.
Burt Lancaster joue un playboy en maillot de bain qui plonge dans une piscine. Mais une plongée dans l'Amérique profonde va entraîner de graves conséquences. Le film aborde la nudité du corps sans complexe. Un chef d’œuvre sur la libération du corps confronté à la société urbaine.
Une oeuvre étrange et très originale qui aurait pu être un petit chef d'oeuvre sans certaines longueurs et un manque de rythme, surtout au début. On imagine, sur un tel scénario, quel film aurait pu tourner par exemple un réalisateur comme Dino Risi. Ce tableau acide de la petite bourgeoisie américaine qui évalue sa réussite sociale aux dimensions de sa piscine et entretient des relations hypocrites et creuses avec le voisinage, doublé du portrait d'un looser, ne manque pourtant pas d'intérêt. Burt Lancaster, totalement à contre emploi, campe la version américaine du Vittorio Gassman des films de Rossellini et Risi. A noter un morceau de bravoure de satire sociale : la "chute" de l'anti héros dans la piscine publique et payante où s'entassent les enfants et les gens ordinaires sans qu'il soit possible de faire deux brasses de suite, alors que personne ne nage dans les piscines géantes des riches. La très brève scène avec le chauffeur noir dénonce aussi avec finesses le racisme paternaliste. Le chauffeur en question campe d'ailleurs l'un des rares personnages, sinon le seul, qui manifeste dignité et réserve. A savourer malgré quelques faiblesses.
"The swimmer" est le genre de film qu'on voit par hasard. Jamais cité dans les livres spécialisés sur les chefs d'œuvre du 7ème art, ce film surprend et marque durablement car il évoque le retour sur une vie, ce qu'on fait un moment donné... Burt Lancaster y confirme son talent d'acteur, en plus de nous faire admirer son physique d'athlète bien conservé pour ses 55 ans (il est en maillot de bain du début à la fin).