Le Plongeon
Note moyenne
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65 critiques spectateurs

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Redzing

1 449 abonnés 4 902 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 mai 2026
Cinquantenaire à la forme olympienne et débordant d'énergie de manière insolente, Ned débarque par surprise chez des amis, vêtu d'un simple maillot de bain. Un plongeon dans leur piscine, un verre aux frais de la maison, et voilà qu'il explique son projet : nager de piscine en piscine, de propriété en propriété, pour rejoindre sa propre villa.
"The Swimmer" a le mérite de proposer un high concept aussi intrigant qu'efficace ! Et fort heureusement, il dispose de la profondeur qui va avec. Le voyage de Ned, que certains ont même comparé à l'Odyssée d’Ulysse (!), sera une véritable exploration de ce protagoniste étrange... et d'une classe américaine très aisée.
Ned est campé par Burt Lancaster, choix parfait pour ce rôle. L'allure athlétique et le sourire fringant de l'acteur laissent à penser qu'il s'agit d'un protagoniste inoxydable, inépuisable, miroir de la réussite attendue par l'American Way of Life. Puis, à mesure des rencontres, on verra ce mirage s'émailler. Ned va s'épuiser physiquement et surtout psychologiquement, spoiler: se rendant compte qu'il a oublié (ou choisi d'oublier ?) sa propre déchéance, et le mal qu'il a pu causer.

C'est donc aussi l'occasion de dresser un portrait au vitriol des riches Américains. Ravis de voir Ned quand ils ignorent son passé récent, très durs avec lui quand ils le connaissent mieux. Cette classe est dépeinte comme déconnectée, rancunière, superficielle, où la réussite financière se mesure à la qualité de la piscine... que pourtant personne n'utilise à part Ned ! A travers les interactions avec eux, le spectateur comprendra les errements de Ned... spoiler: et se demandera s'il n'est pas tout simplement le reflet de l'échec de l'American Way of Life. Divorcé, ruiné, séparé de ses filles : il incarne désormais tout ce qui fait peur aux riches ! La fin de la quête de Ned, les pieds dans la boue, noyé dans la masse populaire d'une piscine publique bondée, harcelé par les commerçants qui attendent le paiement de leur facture, étant sans doute le cauchemar pour tout riche qui se respecte...

Pour développer son propos, la mise en scène affiche une ambiance estivale solaire... qui finira par se dégrader. Elle se permettra également des transitions expérimentales de bel effet. Entre gros plans sur le regard de Ned, et déambulations au ralenti en forêt, qui donnent à l'ensemble un air d'hallucination. Le tout porté par la musique dramatique de Marvin Hamlisch, et par de belles confrontations entre Ned et ses "voisins".
Un long-métrage en tout cas étonnement cohérent, malgré ses problèmes de production. Le réalisateur Frank Perry fut viré sur la fin du tournage, laissant Sidney Pollack tourner quelques scènes nécessaires... en remplaçant certains acteurs !
Sans surprise, "The Swimmer" sera un bide à l'époque, bien que salué par la critique. Cette critique du consumérisme et de la société US arrivait sans doute un poil trop en avance. Ce n'est qu'à partir des années 2000 (voire 2010) que le film fut ré-apprécié à sa juste valeur.
CapMil
CapMil

1 abonné 7 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mai 2026
Un chef d'oeuvre extrêmement original. Je ne connais pas d'équivalent, à part peut-être "Un soir, un train" de Delvaux. Un mélange de film angoissant, inquiétant, troublant, beau, surréaliste. Du grand art. Je ne connaissais pas le réalisateur.
Albert
Albert

14 abonnés 429 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 27 décembre 2025
nullissime mais qu'est ce que c'est que ce film … on s'ennuie, l'ambiance a quelque chose de malsain
ces gens sont devenus artiste à la place d'un métier classique, a quoi bon si c'est pour faire un film aussi nul ?
Awaken
Awaken

6 abonnés 45 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2025
Un chef d'œuvre ignore d'une époque où Hollywood prenait des risques voir seconds ou the power par exemple. Burt Lancaster également, connu pour ses rôles dans des westerns il amorce Un tournant dans sa carrière notamment avec ce film qui est haï autant que vénéré. Même si ce nageur qui commence son périple dans la lumière d'un plein été, traversant les propriétés du rêve américain, symbolisé ici par les piscines, pour terminer aux portes closes de sa demeure sous une pluie battante. Certainement la fin laisse la porte ouverte à plusieurs interprétations et cela lui est reproché, mais peut-être chacun pourra y voir ce qu'il a envie d'y voir.
Charlotte28
Charlotte28

202 abonnés 2 807 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 novembre 2025
Débutant comme le jovial fantasme fantaisiste d'un homme charismatique, populaire, établi, désireux de rentrer chez lui en passant de piscine en piscine, cet itinéraire original dont la réalisation souligne la démence (par le montage parfois saturé, les mouvements de caméra, la musique dramatique) se mue peu à peu en épiphanie psychologique, à travers des symboles (l'apprentissage de la nage à l'enfant), des failles psychologiques (le lien à la baby-sitter de plus en plus malaisant), des souvenirs refoulés (terrible séquence avec la maîtresse). En résulte une descente aux Enfers ou plutôt une ascension involontaire vers la vérité (que le spectateur pressent avant le protagoniste). Bouleversant, Burt Lancaster dévoile une à une les faiblesses de ce faux héros, lâche, orgueilleux, menteur, image de ces pères de famille plaintifs, couards, hâbleurs (notons que la nouvelle originelle s'est d'abord construite sur le mythe de Narcisse). A ce portrait implacable s'ajoute une critique acerbe d'une bourgeoisie vaine, consommatrice, superficielle, ne se préoccupant que de fêtes, de réputation ou d'argent. La mise en scène originale, tragique, cynique, d'un rise and fall ordinaire.
onsefaitunetoile
onsefaitunetoile

85 abonnés 1 487 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 novembre 2025
Un film curieux, ou plutôt une curiosité dans la carrière de Burt Lancaster.
Un homme qui sort dont ne sait où, se retrouve au bord d'une piscine, entre amis semble t-il , tout à l'air normal, ou presque. Et puis voilà une idée saugrenu, rejoindre son domicile en passant par les propriétés des uns et des autres, et d'utiliser au passage leur piscine. Etrange non ? Et voilà le fringant Lancaster, qui a l'âge de 53ans est bien taillé, affuté comme on dit, pas de gras, le regard bleu perçant, et le sourire toujours ravageur. On le suit naïvement dans ce parcours, mais on se rend vite compte que quelque chose ne va pas. L'homme n'est pas celui qu'il prétend, il ne fait plus parti de ce monde de nantis, il se fait expulser sans ménagement d'une propriété, et au fur et à mesure, on devine un drame, on sent le désarroi grandir, on sait maintenant, que cet homme n'était pas un homme bien.
Ce parcours nous dit, nous dévoile beaucoup de chose, mais à la toute fin, on ne sait rien, on ne nous dévoile pas le drame, qu'est-ce qui s'est passé, pas de petit flash back, même pas un rêve brumeux pour nous donner les clefs de la porte, non elle restera close, close à nos interrogations, close à toutes explications, close sur cet homme qui rentre chez lui, et nous laisse avec nos propres réflexions, c'est suffisamment osé pour dire que ce film est une réussite. Sans artifice, juste la présence magnétique de cet acteur de légende.
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Max Rss
Max Rss

251 abonnés 2 306 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2024
Faut quand même dire les choses comme elles sont les mecs : voici un film avec une des histoires les plus jetées que le cinéma de l'époque ait pu offrir. Et pour cause, il est ici question d'un homme qui, pour rentrer chez lui, décide de passer par toutes les piscines qui se trouveront sur son chemin. "I'm swimming home", comme il le dit plus d'une fois. Perry ne vous expliquera jamais les motivations de cet homme. Même si, de temps en temps, on a envie de penser à un "simple" étalage d'arrogance. Où diable, ce "Plongeon" veut-il en venir ? Une critique de la bourgeoisie américaine de l'époque ? Une charge pleine d'acide à l'encontre du Rêve Américain et des nombreuses désillusions qu'il a engendrées ? On penchera davantage vers cette solution. Plus le film avance, plus le personnage est confronté à son passé. Il en ressort le portrait d'un mec qui aurait dû tout avoir mais qui, en raison de coups du sort et de suffisance, a fini par tout perdre, y compris ce à quoi il s'attendait le moins. Pour un rôle aussi complexe, il fallait bien tout le talent de Burt Lancaster, en pleine forme (dans tous les sens du terme) et qui vampirise l'écran. Film maudit à voir impérativement.
Magbiz
Magbiz

31 abonnés 5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juin 2024
Voilà un film très original qui mérite indéniablement d'être vu par tous les cinéphiles. Le parcours du personnage central spoiler: est une descente graduelle vers la désillusion et le désespoir.
On se demande quand même d'où il vient et où il avait prévu d'aller, ce qui donne à cette histoire un caractère fantastique.
JYB
JYB

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 août 2023
Burt Lancaster est un immense artiste , présent dans tous les plans de ce film inclassable mais proche du chet-d'oeuvre. Le cheminement improbable et inéluctable d'un homme déchu dans le milieux des richissimes californiens imbus de leur argent et de leur réussite. Le titre français : "Le plongeon" est ambigu il faut le prendre au deuxième degré , il est ainsi plus explicite que le titre original "The Swimmer"
FredGéo
FredGéo

3 abonnés 12 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juillet 2023
Remonter la Lucinda River jusqu'à la source. Exploration au pays des piscines de la néobourgeoisie et aspirants, Quête fluide et régressive d'une impossible rédemption/baptème entre vie gachée et fausses relations dans une nature trouée. Le nouvel hollywood avant l'heure : déjà du Laureat et Jeremiah Jonson et La piscine.
Magebtz40
Magebtz40

1 critique Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 juin 2023
Plus classique sur la forme que easyrider ( jeux des acteurs, la bo ), l autre grand film précurseur du nouvel hollywood !
L'homme sans nom
L'homme sans nom

177 abonnés 1 182 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 juin 2023
The swimmer est un film assez atypique qui a un pitch très intriguant. Le scénario est bien mené, avec une vraie réussite sur son passage peu à peu d'un ton gai à son assombrissement et sa fin. Burt Lancaster produit donc un jeu d'acteur excellent. The swimmer fait évidemment une critique des très riches. Sans que cela soit une chef d'œuvre absolu, c'est un film qui n'a pas réellement de grand défaut et qui a un intérêt à être vu.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 juin 2023
… « Le plongeon » à sa sortie en France. « I’m swimming home » ou le retour à la maison d’un Burt Lancaster trop beau, trop vieux, trop bronzé, les yeux trop bleus… Le scénario prend corps peu à peu avec des scènes réussies, dont certaines m’évoquent le cinéma italien, voire le Petit Prince... Du style et de l’originalité, et une BO plaisante. A noter que le film a été terminé par Sidney Pollack.
El Magnifico
El Magnifico

2 abonnés 30 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 mai 2023
J'ai voulu le regarder pour le pitch très original : un homme invité chez des amis qui fait le pari de rejoindre sa maison en maillot de bain, en se baignant dans les piscines des riches propriétés qui le séparent de son domicile. Ça démarre comme une comédie légère et puis... C'est un immense chef d’œuvre.
Fêtons le cinéma

848 abonnés 3 648 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 janvier 2023
La virtuosité de The Swimmer tient au choix d’une forme en perpétuelle réinvention pour incarner un scénario psychologique voire psychanalytique. Soit l’alliage d’une liberté visuelle et d’un guidage narratif avec, comme point de jonction, le passage d’une piscine particulière à l’autre comme dispositif. L’intelligence du réalisateur consiste à personnaliser chacune des piscines fréquentées, de sorte à matérialiser à l’écran la lente dégradation mentale et physique du personnage principal. La première apparition de Ned fait de lui un corps, presque nu – il le sera à une reprise –, caractérisé par son errance : il surgit d’un bosquet pour surprendre des amis, refuser un verre d’alcool qu’on ne cessera ensuite de lui proposer, et piquer une tête dans l’eau. Son ambition est, en effet, de rentrer chez lui en nageant (« to swim home » en anglais), ce qui nécessite de s’introduire sur les propriétés privées d’anciens amis et voisins jusqu’à regagner son domicile ; or, à mesure qu’il s’en rapproche vont se dégrader ses relations sociales, allant jusqu’au lynchage public et la solitude dernière sur le seuil d’une porte qu’il avait autrefois ouverte.
Le film ressemble à un long rêve éveillé, qui se teinte de tonalités cauchemardesques : la babysitter ne prend pas au sérieux le renouvellement d’une offre qu’elle sait impossible et s’écarte du père de famille dont elle était jadis éprise, le ressassement automatique des questions sur l’épouse et les deux filles diffuse un air de suspicion généralisée sur la lucidité du personnage principal, les critiques violentes que ce dernier essuie de la part de l’une de ses maîtresses révèle un passé tourmenté… La piscine évolue en même temps qu’il prend conscience de la fiction dans laquelle il vit : en tant qu’espace strictement défini et délimité, elle commence par représenter un refuge intérieur idéal situé hors du temps que consacre une lumière blanche prise de face ; c’est alors pour Frank Perry l’occasion de jouer avec les clichés du divertissement ensoleillé, avec ses corps bronzés et athlétiques, ses bavardages sans intérêt et ses beuveries sans fin. Ned préfère l’eau aux alcools servis, se montre grossier en s’imposant dans la piscine des autres qui, peu à peu, change de connotation : elle préfigure le risque lorsqu’elle est vidée et qu’un enfant manque d’y tomber, puis l’engloutissement quand des dizaines d’enfants et de parents la fréquentent ensemble. La clausule éteint le soleil par une pluie battante, la pénombre glacée prend le pas sur la lumière blafarde initiale.
C’est dire que le parcours du héros, descente aux Enfers, passe par l’esthétique ; il est redoublé par la dégradation physique de Ned qui, d’athlète magnifique, se foule la cheville et clopine. Ses pieds sont meurtris, ensanglantés, au point qu’il faut les laver plusieurs fois. Burt Lancaster l’incarne à merveille, séduisant, terrifiant et bouleversant à la fois, au service d’un chef-d’œuvre qui brosse le portrait d’un homme tour à tour incarnation du rêve américain et déchu dans un microcosme bourgeois où règnent hypocrisie, vide et ennui.
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