D'abord, Burt Lancaster en moule-b... du début jusqu'à la fin, c'est déjà quelque chose! Mais cette histoire d'un homme qui plonge, littéralement et dans tous les sens du terme, va bien au-delà de l'espèce d'icône décadente qu'on nous présente. D'abord posé dans une villa qui fleure bon l'Amérique bien pensante des années 50 - du retro dans le retro de ce film millesimé 68 - on plonge avec Burt de villa en villa, gratant chaque fois un peu plus le verni, jusqu'à... Je n'en dis pas plus. Totalement psyché à bien des égards, et pourtant assez retro aussi, le film est un plaisir absolu pour qui aime le ciné indé ricain des années 68 / 78. Mythique!
Quel choc ! Ce film est un bijou d'originalité et de tragédie (quasi grecque). Et pourtant, c'est une pépite oubliée d'un réalisateur méconnu, Frank Perry. Burt Lancaster (55 ans) est au top et fait une prestation parfaite, toute en finesse et en ambivalence. Ce film est d'une visibilité parfaite au premier degré (le parcours du héros de piscine en piscine) mais que de symboles et d'allégories pour le spectateur en quête de sens. Indispensable.
Un type en maillot de bain moulant - Burt Lancaster - traverse toute une banlieue chic à proximité de la fôret, pour soi disant rentrer chez lui. Sauf qu'il a décidé de rentrer uniquement en nageant, en passant d'une piscine à une autre, traversant tous les jardins des villas du voisinnage. Sur ce pitch plus que surréaliste, Frank Perry réalise un film aussi hallucinant que désespéré, visiblement réalisé et joué sous LSD du début à la fin. Mélange de mélo, de psychédelisme "summer of love" et d'expérimental, c'est l'un des films les plus fous pondus par le nouvel Hollywood. L'image léchée rappelle Robert Mulligan mais la mise en scène dérape souvent vers de l'expérimental pur (certaines scènes ne sont par exemple filmées qu'en cadrant le soleil, provquant un éblouissement général, et montées comme du Vertov). Comme si cela ne suffisait pas, le récit n'est qu'un enchaînement d'absurdités malsaines ou dérangeantes. Bref c'est absolument génial, tordu, et fondamental !
OFNI. "The Swimmer" est un Objet Filmique Non Identifié. On ne connaît à ce film ni antécédents ni la moindre descendance (à part le remake que je n'ai pas vu). Pas non plus estampillé "pur produit d'auteur", le film est un des plus ETRANGES qui soit. C'est l'histoire du calvaire aquatique d'un homme (Burt Lancaster) au physique encore pas mal mais marqué par le doute et le vieillissement. Il décide de rejoindre sa demeure en nageant de piscine en piscine à travers un comté californien plein de fêtes sixties élégantes et bercé par le rêve américain. Chaque "station" est l'occasion de développer la psychologie des personnages. Les déchirures ne tardent pas à apparaître... Jusqu'à un final étonnant. Une place à part dans le cinéma pour "The Swimmer".