Le Plongeon
Note moyenne
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65 critiques spectateurs

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Uncertainregard
Uncertainregard

140 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 janvier 2013
Bon film pour le moins original dans ces années soixantes! Le début est un peu gnangnan avec les 1ères rencontres de ce personnage haut en couleur et à l'égo démesuré, magnifiquement interprété par feu Burt Lancaster. Il faut attendre quelques traversées de piscine et quelques rencontres moins fructueuses pour commencer à saisir les intentions du réalisateur qui nous en apprend un peu plus sur sa personnalité et on comprend qu'il s'agit en fait d'une introspection qui prend tout son sens avec un final détonnant. Réalisation impeccable avec quelques séquences oniriques entre les propriétés et un contexte de la bourgeoisie américaine justement bousculé. Pas mal du tout!
SebD31
SebD31

102 abonnés 553 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 novembre 2012
Ce véritable "ovni" du cinéma américain commence par un plan remarquable où l'on voit apparaître le personnage interprété par Burt Lancaster, venu de nulle part et courant à grandes enjambées vers une somptueuse villa du Connecticut. C'est là que débute un surprenant périple où cet homme mystérieux, va prendre conscience de la fragilité de son existence et de la fatalité de la vie.

Il s'apprête à rejoindre à la nage sa villa, en traversant chaque piscine de son voisinage. Perry puis Pollack, seront derrière la caméra pour filmer cet étrange film. La mise en scène très kitsch, haute en couleur, avec des ralentis poussés à l'extrême, fait encore plus ressortir le côté superficiel d'une société bourgeoise américain vide de sens et statique, figée dans une époque par peur de découvrir un avenir dont elle ne connaît pas l'issue.

Les préjugés raciaux (la scène ou Lancaster sans s’en rendre compte blesse moralement le chauffeur afro-américain de l’un de ses voisins) et sociaux (la scène de la grande party entre autres) de cette "Amérique", sont surlignés au fil des rencontres que Lancaster va faire lors de son périple. Chaque personnage est plus individualiste et méprisant envers lui, lui qui représente l'échec après avoir connu la réussite. La longue traversée qu'il entreprend n'est qu'un prétexte pour dénoncer les travers d'une « Amérique » de plus en plus individualiste et qui ne laisse pas de place à ce qui ne sont plus au sommet de la pyramide sociale. Cet homme, qui a jadis fait parti de cette société, se rend compte un peu plus à chaque nouvelle rencontre, de l’inconsidération et de l’indifférence dont il faisait preuve vis-à-vis de son entourage. Lui qui croyait avoir tout réussi, n’avait en fait réussi que socialement, et ce confort matériel le protégeait des autres et le rendait aveugle. Désormais, il a raté sa vie personnelle, perdu tout ce qu’il avait, dont sa famille. C’est cette lente descente vers la dure réalité de ce qu’il a été encore hier, qui sera la chose la plus difficile à accepter. Il s’humanisera sans doute au fil du film mais il est trop tard, perdu à jamais dans son désespoir et sa solitude. Son personnage représente bien sûr une métaphore de la haute société américaine.

« The Swimmer », de par son ton désenchanté et pathétique, sa construction narrative inhabituelle pour ce genre de production et la beauté de ses images, n’en finira pas de hanter la mémoire des cinéphiles. A voir absolument.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 juin 2015
Que cache cet homme qui débarque de nulle part en maillot de bain chez des gens qui semblent le connaître et l'apprécier ? C'est d'emblée la question que l'on se pose quand on scrute le regard brumeux de Lancaster qui semble regarder vers un horizon bien moins engageant que son sourire. Ce retour à son domicile à travers les piscines des propriétés de ses récentes ou anciennes relations s'avérera une expédition au cœur de la rumeur qui ira enflant au fur et à mesure qu'il se rapprochera de son domicile. Ce jeune quinquagénaire que l'on découvre dans la force de l'âge s'abîme davantage à chaque étape où lui est renvoyée l'image qu'ont de lui ses congénères. L' homme séduisant à qui tout devait réussir à une certaine période de sa vie a perdu de sa superbe suite à des revers de fortune ou conjugaux dont Frank Perry ne nous dit rien. En réalité ce parcours que l'on pouvait croire ludique dans un premier temps s'avère être le chemin de croix d'un pauvre hère qui a tout perdu et se retrouve sous la pluie au pied de sa maison à l'abandon, là où personne ne l'attend plus.De tous ces gens qu'il croise et que l'on peut trouver cruels avec lui, Neddy Merrill a sans doute un moment été le chef de file avec une arrogance dont on sent encore les relents dans certaines attitudes, notamment quand il semble être partout chez lui ou quand il se permet des propos poliment racistes à l'encontre d'un chauffeur particulier. Au final, Neddy Merrill semble s’être infligé une épreuve pour se confirmer à travers le regard des autres que sa vie est devenue un vaste champ de ruines. Saura t’il prendre un nouveau départ après ce voyage initiatique douloureux ? La question reste en suspens. Le film scénarisé par la femme de Perry, Eleanor, fait preuve d’une remarquable originalité pour exposer une chronique sociale mais il ne serait rien sans la prestation tout en nuances de Lancaster qui joue à merveille sur la palette de son immense talent, alliant la force conquérante et l'extrême fragilité d'un homme arrivé au bout de lui-même. Un film hors normes et poétique dans sa forme qui dénonce le conformisme de la société bourgeoise américaine à une époque où les villas des millionnaires n'étaient pas devenues des forteresses avant que le meurtre de Sharon Tate par la bande de Charles Manson ne décuple tout l'arsenal de la video surveillance.
Jean-François S
Jean-François S

59 abonnés 671 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 avril 2012
Je reste dubitatif devant ce film, à la fois inspiré et complètement idiot. La trame de cette descente aux enfers via un portrait acidulé de l'american way of life est des plus réussit. On assiste même a de vraies prouesse technique pour l'époque (la travelling d'ouverture à travers les arbres, le montage de la traversée de l'autoroute). Mais l'idée de cette rivière de piscines semble tout droit sortie d'un mauvais trip. Le type même de cauchemar qui vous réveille, et qui vous fait dire après avoir retrouvé vos esprits "Il est complètement con ce rêve !".
andreasy
andreasy

9 abonnés 122 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 janvier 2012
Etonnant, spectaculaire et dérangeant à la fois. Ce film par bien des aspects pourrait être ridicule. En fait, pour être apprécié il doit être vu avec le sentiment de vivre dans un cauchemar. Le néant est au bout de la quête et la réalité se révèle atroce.
J'ai apprécié l'originalité
Maqroll
Maqroll

203 abonnés 1 123 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 août 2011
Un film du cinéma indépendant américain révélé tardivement et qui est un véritable petit chef d’œuvre. Au début, un homme marche dans la forêt, vêtu d’un simple maillot de bain. Il arrive à une résidence, rencontre des amis et bavarde avec eux au bord de leur piscine… À partir de là, un rêve fou va se créer en lui, celui de rejoindre sa maison à travers une « rivière de piscines », la Lucinda River, qu’il nomme ainsi en hommage à son épouse… Va s’ensuivre une odyssée assez unique dans l’histoire du cinéma avec un Burt Lancaster de plus en plus à contre-emploi au fur et à mesure que la journée s’avance et qu’il se rapproche de chez lui… « I’m swimming home », répète-t-il sans cesse à tous ceux qu’il rencontre et qui le regardent d’abord émerveillés et séduits puis de plus en plus dérangés par cet individu aux airs de liberté arrogants qui masquent des failles qui nous sont révélées en cours de route… C’est bien sûr une métaphore de la vie, mais aussi une métaphore du cinéma libre de toute attache, le contraire du cinéma hollywoodien. C’est bien sûr aussi une métaphore et une critique acerbe de la société américaine (et même plus spécifiquement de la société californienne avec ses piscines comme autant de marques de richesse et de réussite)… Quand arrive la fin, tout est détruit de l’harmonie apparente primitive, la pluie a remplacé le radieux soleil du début de journée et la vérité est bien amère pour le randonneur… Il y a des scènes très fortes avec des images magnifiques, comme celles de la traversée de la piscine municipale où, après avoir essuyé de multiples affronts, le « nageur » va avoir toutes les peines du monde à se frayer un chemin parmi la foule d’enfants qui sont vécus comme autant d’obstacles à son rêve… Citons aussi la scène de cette piscine vide où il apprend à nager à un petit garçon qui recoupe sa propre mémoire infantile… La dimension onirique est sans cesse présente, cette journée pouvant se vivre comme une espèce de rêve éveillé où la réalité se révèle peu à peu, non seulement au personnage principal mais aussi à tous ceux qu’il côtoie. En fait, presque tout est à retenir dans ce petit bijou de cinéma, dont on comprend qu’Hollywood ne lui ait pas fait un triomphe tellement il est à contre courant et où l’existence humaine est contée comme elle l’a rarement été.
XavMt
XavMt

22 abonnés 8 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 mars 2011
J'ai eu l'occasion de voir le film The Swimmer au cinéma pas plus tard qu'il y a trois jours. J'étais plutôt enjoué de voir un film de répertoire, réalisé à une époque que je n'ai pas connue. J'en suis sortie très mitigé. Si la mise en scène, les couleurs, les paysages sont remarquables, j'ai trouvé le résultat assez prétentieux malgré beaucoup de maladresse. Au delà des faux raccords récurrents, c'est avant tout la niaiserie du film et du personnage incarné par Lancaster que je retiens. Malgré cela, l'idée est originale et la décadence progressive du joyeux lurons aimé de tous vers le macho infidèle criblé de dettes bien amenée.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 février 2011
Grosse claque ciné. Ned, chez des amis, décide subitement qu'il va rentrer chez lui en passant de piscines en piscines, de terrains en retrouvailles, sauf que cette Traversée, au départ romantique, va prendre un enjeu existentiel qui va dépasser sa raison. Un film bouleversant, haletant, où les splendeurs de la Nature (paysages, femmes...) viennent se heurter avec fracas à la la luxure du monde moderne. Chaque maison franchie est une Etape. « The swimmer » entre délire édénien et choc du réel est une expérience ciné troublante, quasi mystique, en tout cas folle et absolument jouissive.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 décembre 2010
Réalisé en 1966 par Frank Perry, le film ne verra jamais les salles obscures en France, initialement prévu pour mai 1968, les évènements que l'on connait tous empêcha sa sortie sur grands écrans, si bien qu'il est resté totalement inédit jusqu'en … 2010 (!). C'est donc une sortie belle et bien méritée pour cette oeuvre injustement méconnue du grand public, sublimée par la présence de Burt Lancaster (qui durant 90 minutes se retrouve vêtu d'un simple maillot de bain) et de la sublime B.O signée par Marvin Hamlisch. En désaccord avec la Columbia, Frank Perry du laisser sa place à Sidney Pollack le temps de quelques séquences (essentiellement la fin du film).
The Swimmer (1966) est une oeuvre inoubliable, une critique au vitriol de "l'american way of life", très contestataire, le film (adapté du roman éponyme de John Cheever) décrit la bourgeoisie américaine des années 60 de la façon la plus crue possible, où les classes sociales sont très largement distinguées et où la taille des piscines vient confirmer ou non votre réussite sociale.
Dans le film, Burt Lancaster y est constamment confronté puisqu'il décide sur un coup de tête, de rentrer chez lui en traversant la vallée à la nage (en nageant de piscine en piscine, en s'invitant en maillot de bain dans les riches villas de ses voisins, amis ou collègues). Mais il va vite comprendre que l'amitié à un prix et se mesure à la réussite sociale ou l'image que vous donnez autour de vous ! Le rêve américain est cruel, cette satire sociale le montre clairement et elle fait aussi mal qu'un coup de poignard dans le dos.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 décembre 2010
Un véritable ovni cinématographique, film maudit au pitch pour le moins intriguant (un homme rentre chez lui en nageant de piscine en piscine) qui est une métaphore de la vie d'un homme qui finit par se faire rejeter au fil du film. Le film est intriguant et pas toujours compréhensible et parfois kitsch et on se demande ce que Burt Lancaster fait là-dedans.
gemini-hell
gemini-hell

31 abonnés 395 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 décembre 2010
Il n’est pas vain de penser qu’un film comme celui-ci aurait toutes les peines du monde à être produit de nos jours, qui plus est par un grand studio hollywoodien. Et quelle star quinquagénaire masculine actuelle aurait-elle l’audace d’endosser ce rôle si particulier d’un personnage mis à nu au sens propre comme au figuré, suscitant auprès de ses rencontres autant la sympathie que l’aversion ? Je n’en vois guère. Malgré quelques lourdeurs ponctuelles de narration soulignée par une musique emphatique et surabondante, ce film inédit du peu connu Frank Perry mérite la découverte. Cet « Apocalyspe Now » introspectif, cette remontée du fleuve chaotique d’une vie ratée intrigue, interpelle, surprend du début à la fin. La présence charismatique de Burt Lancaster contribue largement à l’intérêt porté à cette intrigue peu commune et symbolique. Magnifique séquence entre le héros du film et son ex-maîtresse.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 29 novembre 2010
Je sors de la projection de The Swimmer, annoncé comme une révélation. Quelle déconfiture ! Un film ennuyeux, mou, répétitif, bavard et naïf. Le titre français du film, n'est-ce pas d'ailleurs Le Plongeon ? Sous les apparences d'une fable philosophique profonde (le parcours d'un homme qui passe de piscine en piscine, alimente une réflexion sur le sens de sa vie, comme diraient les Monty Python, et surtout sur la société qui l'entoure, à mesure qu'il discute avec les propriétaires des piscines), un pensum pompier et kitsch qui fleure bon les sixties, tout au long (et c'est long) duquel Burt Lancaster promène sa silhouette d'athlète et sa mine navrante de chien battu (l'acteur, qui n'était pas une "pouille mouillée" dans ses choix, avait bien raison de considérer le film comme un désastre). Critique virulente de la société américaine ? Démolition du héros américain ? Peut-être, mais le spectateur ne suit pas, tellement le trait est gros et la forme pénible, pleine d'affèteries, peut-être pour masquer un manque d'inspiration. Il ne suffit pas d'avoir un discours pour faire du cinéma. Il y avait de bonnes choses en 1968, mais tout n'est manifestement pas à retenir. Morale de l'histoire : les films qui sont inédits ne le sont pas toujours pour de mauvaises raisons, attention à ne pas voir partout le génie méconnu !
diehard5
diehard5

47 abonnés 482 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 juillet 2010
De bon matin, un homme surgit de nulle part dans la propriété d'amis qu'il n'a pas vus de longue date ; il décide de rentrer chez lui en nageant de piscine en piscine : elles sont nombreuses le long de la colline dans ce quartier huppé d'une ville du Connecticut. Chaque piscine, chaque rencontre avec son propriétaire constitue un épisode autonome qui évoque un moment de son passé. Le film décrit ce périple d'une journée, de l'aube au crépuscule, de la lumière du soleil à la pluie, de l'homme jeune et impulsif à l'homme vieillissant et sage, du fantasme à la réalité. Burt Lancaster n'a jamais été aussi bon, dans la peau de ce nageur qui découvre la nature tragique de la vie. Cette puissante allégorie, adaptée d'une nouvelle écrite par John Cheever pour le New Yorker, mise en musique par Marvin Hamlish (son premier contrat), est l'un des joyaux oubliés du septième art.
La_Mort_Dans_L_Oeil
La_Mort_Dans_L_Oeil

38 abonnés 248 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 juillet 2010
On comprend mieux pourquoi ce film a disparu des écrans. Les équipes devaient être bien défoncées en tournant. Personne n'a du penser à développer les rushes avant le montage, du coup, ils se sont retrouvés avec des kilomètres de péloche très mal filmée, très mal cadrée, mal éclairée, mal photographiée, de vagues tentatives expérimentales assez hasardeuses et largement loupées. Le monteur n'étant pas bien net non plus, cela donne un film bizarre, au sujet déjà singulièrement original mais tellement fou qu'on ne peut que vouloir voir où tout ça nous mène. Et comme il se tient fermement à son sujet, on y va. On ne s'ennuie pas, mais la seule valeur de ce film, c'est son statut indéniable de curiosité, et il vaut le déplacement uniquement pour cette raison et pour les scènes kitschissimes (la baby sitter fétichiste qui se fait des films avec l'homme marié ; leur course avec sauts d'obstacle au ralenti dans le manège à chevaux ; les dialogues sirupeux). Ce n'est pas très agréable à regarder, mais le début est assez cocasse : un gars pied nu, seulement vêtu d'un maillot de bain, égaré de façon inconnue et en tout cas inquiétante dans la nature débarque à l'improviste dans la piscine d'amis qu'il n'a pas revu semble-t-il depuis quelque temps. Wouah, quel temps magnifique !! Que le ciel est beau, et bleu ! Quelle merveilleuse lumière ! L'eau de la piscine est si fraiche et transparente ! L'installation de filtres ultra-performants m'a coûté un bras ! Comme tu portes bien ton maillot, il te va à ravir !! Comment vont tes enfants ?! Oh, un nuage dans le ciel ! Là, le soleil lui cogne dans les yeux, du coup il échafaude dans un déraillement obstiné son projet maniaco-dépressif de regagner sa propriété en nageant de piscine en piscine. "I'm swimming home. Pleaaase, come with me..." Évidemment, le vernis impeccable va se craqueler sérieusement, et de drink en drink, les plongeons vont nous entrainer peu à peu vers le fond... et la vérité... http://www.youtube.com/watch?v=yIegoQAayFs
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 13 juillet 2010
Ned Merrill (un quinquagénaire américain interprété par Burt Lancaster) retrouve dans une banlieue chic des Etats-Unis de vieilles connaissances qu'il avait perdues de vue. Tout juste habillé d'un maillot de bain moulant jusqu'à la fin du film, une étrange idée lui vient à l'esprit : repartir chez lui à la nage en empruntant les piscines de ses voisins.
Audacieuse métaphore d'un plongeon (titre français de The Swimmer) dans l'American way of life des années 1960, chaque piscine rappelle au héros amnésique les souvenirs de sa vie passée. A mesure que l'on se rapproche de sa mystérieuse demeure, ses voisins deviennent étrangement antipathiques, finissant par le rejeter brutalement lorsqu'il tente de les aborder.
Rares sont les films du "Nouvel Hollywood" à briser de manière aussi implacable le rêve américain, en révélant toute sa cruauté (à l'égard des exclus) et son vide inquiétant. Il émane en effet de ces êtres si satisfaits de la réalité matérielle une impression vertigineuse de vacuité intellectuelle (à l'exception du héros, animé par des rêves certes futiles mais qui témoignent au moins de son humanité).
La mise en scène délirante participe de la réussite de cette perle rare longtemps oubliée.
Que l'on songe simplement à la fin bouleversante (voire déprimante) du film qui nous rappelle, à mon sens, La Splendeur des Amberson d'Orson Welles (je n'en dirai pas plus pour ne rien dévoiler). On pourrait aussi ajouter aux multiples qualités inépuisables de cette oeuvre l'atmosphère si particulière qui s'en dégage, à la fois onirique et étouffante. Je salue aussi Marvin Hamlisch (qui a bien voulu nous présenter The Swimmer au Grand Action) : sa musique est admirable et s'inscrit parfaitement dans la riche composition du film.
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