Je suis très friand des films de supers héros (qu’ils soient DC Comics, Marvel ou autres) et du coup, malgré les très mauvais retours que je pouvais avoir à son sujet, j’étais déçu de ne pas avoir réussi à voir « Justice League ». Cela ne sera pas sur un grand écran de cinéma mais fort heureusement, j’ai quand même réussi à enfin découvrir ce film en Blu-ray en attendant de ce projet du spectacle et du divertissement.
Dans l’ensemble, le cahier des charges est respecté. Ce n’est certes pas le film de super héros le plus abouti de tous les temps mais ce scénario écrit par Chris Terrio et Joss Whedon divertit en nous offrant son lot d’humour et de scènes d’action habituelle. Très frileux, on sent que le film n’est pas celui qu’il aurait dû être (Zack Snyder a dû quitter la post production pour des raisons personnelles, remplacé par Joss Whedon qui s’est également occupé de quelques scènes additionnelles). Tout s’enchaîne de façon assez classique mais on ressent un manque. On voit qu’il y a des portes ouvertes où on a pas pu nous montrer ce qu’il y avait derrière, des thématiques et des passages qui auraient mérité un développement plus large, des maladresses scénaristiques, des facilités…
Pour le coup, on peut quand même parler de gâchis. Non pas parce que c’est mauvais, j’ai déjà vu bien plus détestable que ça mais gâchis parce qu’à cause d’impératifs financiers, on a un film bâclé qui ne nous offre pas tout ce qu’il était sensé nous offrir. Il suffit d’ailleurs de revoir « Man of steel », « Batman vs Superman » ou « Wonder Woman » pour se rendre compte à quel point ce « Justice League » a dû être vidé de sa substance. Résultat, on s’amuse, le film est accessible, on ne voit pas le temps passé et c’est sympathique de voir de nouveaux personnages (dont il me tarde de découvrir les aventures solo) mais on reste quand même sur notre faim.
Côté interprétation, c’est bon. On n’a rien d’exceptionnel là aussi mais les comédiens font le job, le minimum syndical pour que ça fonctionne. Ben Affleck (Bruce Wayne / Batman) ne voit pas tout son potentiel exploité et il perd un peu en charisme dans ce film chorale mais il fait un bon leader. Il nous confirme juste que même si cette ligue de justice est plaisante, l’homme chauve souris est avant tout fait pour rester un solitaire. Seul, il gagne en efficacité. Quoiqu’il en soit, son duo avec Gal Gadot (Diana Prince / Wonder Woman) me plait. Cette dernière est toujours très agréable à suivre, son personnage montre de nouvelles choses intéressante même si je pense que dans son écriture, c’est elle qui perd le plus dans ce manque d’aboutissement du scénario. Elle aurait nettement pu s’imposer davantage en co-leader.
Pour les petits nouveaux, celui qui tire son épingle du jeu à mes yeux, c’est Jason Momoa (Arthur Curry / Aquaman). Charismatique, ce rôle lui va comme un gant. C’est pas forcément un acteur que j’apprécie, le peu que j’ai vu, j’ai tendance à le trouver trop léger mais là, ça passe bien. Ezra Miller (Barry Allen / Flash) s’en sort bien aussi mais il fait parti de ceux dont il me tarde de voir l’aventure solo car je n’ai pas non plus été totalement convaincu sans que je sache si cela vient de l’acteur, de son costume (dont je ne suis pas fan) ou de la série télévisée qui passe en ce moment en parallèle avec un autre acteur et que j’aime beaucoup malgré sa légèreté. Quant à Ray Fisher (Victor Stone / Cyborg), je ne connaissais pas trop son personnage mais je le trouve ici un poil trop en retrait. J’ai aimé mais j’aimerais quand même en voir davantage.
Le reste du casting est sinon assez classique. J’ai aimé la façon dont on fait revenir Henry Cavill (Clark Kent / Superman) mais je pense que l’on aurait pu aller plus loin. Sa démence lié à son retour est beaucoup trop courte et l’interrogation d’un hypothétique retour de Clark Kent reste encore ouvert. Amy Adams (Lois Lane) est bonne sinon même si elle n’a pas une grande existence, j’aurais voulu une meilleure utilisation de J.K. Simmons (Le Commissaire Gordon) qui ne fait que de la figuration de luxe et bien que l’acteur soit excellent et en impose à l’écran, j’ai du mal à être convaincu par Jeremy Irons (Alfred Pennyworth) que je trouve paradoxalement trop vif pour ce genre de rôle.
L’inaboutissement de ce projet se ressent également à travers la réalisation de Zack Snyder et Joss Whedon (je cite aussi ce dernier car j’ignore les scènes qu’ils auraient pu retourner). Le film est certes accessible mais ça commence vraiment à me fatiguer cette utilisation constante de ralentis. C’est bien beau de faire de jolis tableaux mais à force de jouer à ça, je trouve que l’on perd pas mal du côté dramatique du récit et l’effet qu’on souhaite ne fonctionne plus vraiment.
Visuellement, c’est pareil. Depuis le final de « Man of steel », on nous ajoute des tonnes de poussières et d’éclairs à l’écran dans une photographie orangée que je trouve assez moche et creuse. Alors oui, on peut critiquer l’effacement numérique de la moustache d’Henry Cavill qu’il gardait pour les besoins de la franchise « Mission impossible ». Cette moustache a fait couler beaucoup d’encre mais honnêtement, ce n’est pas la chose qui m’a le plus dérangé dans les effets spéciaux. Le final est une nouvelle fois brouillon, on ne sais plus où donner de la tête, de nombreuses incrustations m’ont embêtés et il y a un choix dans certaines couleurs que j’ai du mal à comprendre. Même le méchant Steppenwolf n’a pas su faire naître en moi la crainte qu’il aurait dû.
Maintenant, comme pour le scénario et l’interprétation, ce n’est pas catastrophique non plus. On est juste dans le gros blockbuster mais puisqu’ici, il semble grandement vider de sa substance, les défauts qui m’irrité auparavant me saute davantage aux yeux. Après encore une fois, cela se laisse quand même regarder. Il y a même quelques petits trucs que j’aime bien dans les décors (surtout au début) et on ne vois pas le temps passé mais ça manque de profondeur et le montage qui coupe à grand coups de rabots cette histoire n’arrange pas les choses. Reste que la bande originale composée par Danny Elfman m’a plu et m’a semblé cohérente avec le reste de l’univers cinématographique DC Comics.
Pour résumer, « Justice League » est un blockbuster de super héros assez lambda. Il n’a rien de mémorable et depuis « Man of steel », c’est même le plus faible DC Comics qu’on ait pu nous offrir. Ce projet n’a pas été mené à son terme, on sent qu’il a été fini dans la douleur et que ce n’est pas le film tel qu’il avait été pensé au début. Ça se sent dans un scénario où il nous manque trop de choses, ça se sent dans une interprétation trop légère et ça se sent dans une réalisation étrange au montage chaotique qui ne parvient pas à masquer tout ça. Malgré tout, « Justice League » reste divertissant et je vous mentirais si je vous disais que je ne me suis pas amusé devant ce spectacle. C’est juste qu’il n’est pas à la hauteur des attentes que j’en avais mais ce n’est pas non plus le désastre que l’on voulait me vendre. C’est juste un film de super héros parmi tant d’autres et quand je vois toutes ses imperfections, je me dis que c’est déjà pas mal et que pas mal de casse à été évité. La théorie du verre à moitié plein…