Après l'échec artistique de Batman vs Superman et les errements du pourtant sympathique Wonder Woman , j'avais à raison de gros doutes sur la qualité tout subjective de Justice League.
Et la ligne artistique voulu par les pontes du studio Warner-DC Comics se sont matérialisés dans cette grosse production (on fait comme Disney-Marvel, point barre).
L'une des erreurs de ces films est toujours de mélanger un côté soit-disant sombre et adulte, entrecoupé de scènes pseudo-comiques, et de morale facile et niaise à souhait.
On fait l'un ou l'autre mais pas les deux. Il faut un talent de fou pour alterner dans un film des éléments de comédie et le sérieux d'un thriller adulte et amoral.
L'autre erreur, récurrente aux adaptations de bande-dessinées américaines et japonaise, et l'utilisation d'un grand méchant (littéralement, sic) et de sbires anonymes en effets de synthèses. Ont-ils vraiment repris les scénaristes de Mon Petit Poney, Musclor et MASK ?
Car les plus grands méchants ne sont pas les monstres de l'espace, mais les pires défauts qu'on retrouve chez un autre être humain tout à fait normal.
Les combats et les décors transpirent leur côté artificiel, les plans en studio sont trop millimétrés et trop propres, on s'attendrait quelque chose de plus imparfait, de plus organique, à l'image du rassemblement aussi improbable des têtes de gondole DC Comics.
Comme pour ces prédécesseurs et celles de ces concurrents, le film n'existe pas par lui-même, il n'existe que dans l'optique de la connaissance des comics, des séries TV et des films antérieurs.
Comme nombre de blockbusters avant lui, Justice League paye le prix de sa grandiloquence par son absence d'âme, de cohérence, de logique interne, de seconde grille de lecture, et l'idée de transformer ces 2 heures de bobines en publicité peu subtile pour les futurs films et autres spin-off et produits dérivés, sans jamais esquisser le moindre parti-pris artistique.
En somme, tout le contraire d'un Watchmen réalisé presque 10 ans plus tôt par un certain Zack Snyder (oui, le même).
Une oeuvre devenue redondante et anonyme dans l'encyclopédique succession des films d'action et de superhéros aseptisés pour le plus grand nombre et sans saveurs, débutée dans les années 2000.