Sins of the night est un film méconnu du réalisateur à la carrière étrange : Grégory Dark. Venu d’un monde très underground, le cinéma pour adulte, mais aussi le clip, il s’intéresse dans les années 90 au genre du thriller érotique dont il est un des principaux représentants, même s’il n’a pas obtenu la gloire d’un Verhoeven grâce à ce genre ! Sins of the night s’inscrit dans cette veine, avec une forte couleur film noir. Perso, j’ai relativement apprécié ce métrage, même si on ressent quand même d’évidentes limites. Sur la forme, c’est plutôt réussi, avec une ambiance film noir très convaincante, bien aidée par des plans nocturnes élégants, saturés de néons et une bande son très jazz vraiment brillante. Elle est un des atouts fameux de ce métrage qui peut aussi compter sur la maîtrise du réalisateur en matière de scènes de sexe. Il y en a beaucoup, c’est d’un érotisme sensuel mais assez chaud, dans un style clipesque vraiment typique de cette époque. C’est chaud, c’est sexy, c’est glamour, perso j’ai trouvé que c’était à sa place dans un film de ce registre.
Maintenant, sur cela, il faut adjoindre deux bons acteurs : Nick Cassavetes d’abord, parfait en enquêteur plus ou moins délinquants en mode petite frappe, assez looser. Il colle bien à son personnage, et il forme un duo convaincant avec une Deborah Shelton qui à 45 ans n’a pas peur d’enchainer les séquences de nu, et ce, même avec des petites jeunes qui lui tirent la bourre. L’actrice est vraiment investie dans son personnage de femme fatale, et certaines scènes pas faciles sont campées avec un vrai talent de comédienne. Autour de ce duo des seconds rôles anecdotiques, notamment Miles O’Keefe en mafieux pervers, Richard Roundtree en tenancier de bar, Matt Roe qui semble également présent tout au long du film sans vraiment l’être. Il est au cœur du film et pourtant il ne m’a pas plus marqué que ça.
Je dirais que le souci du film tient surtout à son scénario. Il y a des idées, je ne dis pas, mais on a l’impression d’une esquisse de film noir sur lequel on a greffé énormément de scènes de sexe. Tout est prétexte à des scènes de sexe, et mises bout à bout elles représentent à l’aise la moitié du film. Dark a de la maitrise pour ça, je ne dis pas, et il a bien choisi ses actrices également, mais pour moi, un film de 90 mn avec une moitié de scènes de sexe, c’est longuet, et ce, même si certaines se justifient. Il y a un côté redondant et lancinant qui s’installe avec le sentiment d’un petit gachis car il y avait des idées intéressantes, mais resté un peu à l’état embryonnaire ou montrées de façon trop facilement sexuelle.
Maintenant, je dirais que c’est quand même un film très honnête dans sa proposition, et globalement intéressant pour qui aime le genre du film noir. Les femmes sont très fatales, il y a de la lingerie, des armes, du sang, c’est très giallesque dans l’esprit et pour ma part j’ai beaucoup pensé en le voyant à Vortice Mortale, giallo tardif de Ruggero Deodato que j’aime particulièrement pour son côté poisseux, dark et très borderline. 3