Un vieux sagouin qui se fait passer pour progressiste et libéral recueille une jeune fille et en profite pour en faire sa maîtresse. Cependant cette dernière va un jour s’enticher d’un artiste et partir avec lui. Ce Tristana est assez curieux, si le personnage de Don Lope n’a pas grand chose pour le sauver, reniant ses principes moraux dès qu’ils ne les arrangent plus, séducteur ridicule que la vieillesse fait décliner au fur et à mesure. Le personnage de Tristana (formidable Catherine Deneuve) quand à lui est plus ambiguë à la fois lucide et sensible sur son « protecteur » qui revient vers lui alors qu’elle a pris une forme de liberté peut être pour mieux le contrôler et reprendre un pouvoir qu’il avait exercé sur elle pendant des années. Je ne peux pas dire que ça m’ait vraiment touché, ça n’est pas le Buñuel que je conseillerais de voir en premier mais je ne peux pas dire non plus que ça m’ait vraiment déplu.
septiemeartetdemi.com - Buñuel ne donne pas l'impression d'avoir jamais eu besoin de mûrir, pourtant il améliore perpétuellement certains détails de son style qui le rendent de plus en plus fidèle au domaine littéraire sans le désaisir de sa griffe. Aidé peut-être par le temps qui passe, ce sont ses personnages qui gagnent en finesse. Le temps passé à l'écran par certains d'entre eux est tel qu'ils deviennent des intimes du spectateur, bien que l'attachement ne soit pas une prérogative du réalisateur. Avec lui, il naît spontanément.
À chaque fois empreints de l'opinion forte et assumée de leur créateur, ses films gardent une trame revendicative reconnaissable entre toutes qui nous rappelle le désintéressement de l'homme dont aucune création n'a connu de succès tranquille. Quand c'étaient des amateurs d'art qui s'en décriaient, peu importait. Mais depuis quelques temps, c'est nul autre que Franco. Alors quand une histoire comme celle de Tristana est dévoilée à l'œil du monde, avec la prestance d'une Catherine Deneuve dont on a l'impression que la France n'a jamais bénéficié, et dont le doublage en espagnol n'entame presque en rien la présence, on ne peut qu'admirer la vie injectée dans les chapitres de l'histoire et la maîtrise de son flux par Buñuel, alors qu'ils sont si banals quand ils sont pris individuellement.
Sous couvert d’une peinture de la bourgeoisie espagnole du début du XXème siècle, ce film de Luis Buñuel, sorti en 1970, s’intéresse aux affres de l’amour. Un vieil homme (Fernando Rey) recueille une orpheline en tant que tuteur avant de devenir son amant puis son mari. Le réalisateur espagnol parvient habilement à rendre ses personnages à la fois attachants et détestables. Catherine Deneuve passe ainsi de la jeune fille prude et innocente à une femme habitée par la haine. Bref, au-delà de la psychologie des individus, cela reste un long-métrage au rythme très lent.
Quel chef-d’œuvre de Bunuel encore une fois. Une réalisation magistrale et des idées des plans et de montage incroyable comme à son habitude. une satire de la société espagnole de la fin des années 60 très intéressante.
Excellent drame (réalisé par un Bunuel un peu lent) avec quelques bonnes scènes (le cloché et l'exhibition devant un sourd et muet), et puis, surtout, on retrouve avec plaisir la catherine Deneuve "Bunuelienne"!
Une extraordinaire comédie/drame domestique à tendance sado-masochiste développant un humour deadpan qui n’a rien perdu de sa puissance. A voir absolument en version originale pour bénéficier de l’autorité râpeuse de l’espagnol de Fernando Rey, qui renforce le côté spectaculairement amusant du personnage. Lope est un personnage passionnant, contradictoire. C’est tout une culture et une langue espagnole qui se révèlent dans ce film. La narration est apparemment anodine, centrée sur les intérieurs, mais recèle de nombreuses incertitudes, ambiguïtés, ellipses et richesses psychologiques. Ceci est renforcé par une mise en scène précise qui met en valeur discrètement de nombreux détails amusants ou psychologiques dans la trame du film. La fin est fascinante, inoubliable. Un des tous meilleurs films de Buñuel, sinon le meilleur.
Encore un très grand film de Bunuel, Catherine Deneuve incarne une femme prisonnière de son tuteur et amant, et qui tombe amoureuse d'un peintre, une scène grandiose, Deneuve amputée se montre nue devant un jeune sourd, scène d'une puissance érotique prodigieuse.