Courageuse Tuya. En Mongolie intérieure, dans des conditions très dures: climat désertique, froid, sécheresse surtout, il faut faire des kilomètres pour chercher, deux fois par jour, l’eau (nécessaire en particulier pour abreuver les moutons qui représentent le patrimoine familial), au pas majestueux du magnifique chameau de la famille. Le mari, Beret, a été accidenté au cours de la tentative de creusement d’un puits proche du domicile. Le troupeau à faire pâturer, l’eau à approvisionner, et deux enfants (dont une petite fille irrésistible avec sa bouille ronde entre deux nattes), elle ne s’en sort pas, Tuya. Il lui faut un homme à la maison. Il lui faut se remarier. Condition : garder Beret au foyer. Tout se sait dans la steppe: les prétendants défilent. Dont l’un, vraiment riche ! On mettra Beret dans le meilleur institut de rééducation possible... Tuya cède. Mais quand Beret, dans sa magnifique clinique, se saoule à mort et tente de se suicider, la fidèle Tuya revient dans sa steppe. Finalement, tout finira bien, c’est le voisin (charmant mais légèrement porte-guigne, il accumule les mésaventures...).qui épousera Tuya et gardera Beret.Tout finira bien : voire ! la cohabitation ne sera pas si facile. On pense à l'Histoire de Pao (voir mon blog) Le père de Pao avait deux femmes: Tuya, elle, se retrouve avec deux maris. Il ne s’agit pas, bien sûr, de comparer l’oeuvre d’un cinéaste accompli comme Wang Quan An avec celle de Ngô Quang Hâi. Mais dans les deux cas, dans cette Asie loin de toute vie urbaine, les femmes sont le pilier de la société. La survie de la famille, ce sont elles qui la portent. Dans les deux cas, celui qui devrait être le chef de la famille se laisse couler et se réfugie dans la vodka. Et, dans les deux cas, ces familles sont isolées au sein d’une nature magique. Ici, la seule actrice professionnelle est Yu Nan, et à la voir engoncée dans ses couches de tricots, son foulard ficelé autour de la tête, on oublie que c’est une tres belle femme...