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Un visiteur
3,0
Publiée le 22 novembre 2011
Pas besoin d’être un grand spécialiste de littérature américaine pour avoir déjà entendu le nom de Cormac McCarthy, qui en est un des représentants les plus éminents. Côté cinéma, son nom était jusqu’ici associé au triomphe oscarisé des frères Coen No Country for old men, un polar très américain, dur et sec. C’est un autre de ses romans que lui a valu le prix Pullitzer : La route est un livre âpre, hermétique, complexe. Plus que l’histoire ou encore l’évidente réflexion philosophique sur la fin du monde, c’est le style extraordinaire le l’œuvre qui la rend unique. Une écriture sèche, une narration contemplative et interminable, et des dialogues qui se limitent en grande partie à des échanges entre un père et son fils. Difficile d’y voir la moindre chance d’adapter correctement le morceau à l’écran. Et pourtant, John Hillcoat, petit réalisateur indépendant australien, s’y est risqué.
L’apocalypse a eu lieu. Les forêts ont brulé, les villes ont été dévastées et les quelques groupes de survivants se cachent pour échapper au froid, à la violence et aux groupes de cannibales qui sévissent. Un père et son fils tentent de fuir la rigueur de l’hiver en rejoignant la mer et le sud, en traînant un chariot.
Comment aborder une œuvre de ce calibre ? Par la modestie assurément. John Hillcoat semble à chaque moment désireux de respecter profondément ce qu’il met en image en essayant de retranscrire très précisément cette ambiance d’apocalypse. Artistiquement c’est d’ailleurs très réussi : sans noyer l’image sous des effets spéciaux tapageurs, le film évolue dans des décors sobres et profondément déprimants : pas de soleil, peu de végétation, du béton à l’abandon, le tout enveloppé dans une très belle lumière grise et morne. Sur l’ambiance et la description de la (sur)vie post-apocalypse, l’adaptation est plutôt fidèle : l’homme se retrouve confronté à satisfaire uniquement ses besoins principaux : dormir, se protéger, et surtout manger. La quête de nourriture est perpétuelle, et souvent infructueuse. Chaque étranger est potentiellement un ennemi. Chaque maison, chaque magasin peut être dangereux. On sait gré aux scénaristes de ne pas avoir essayé d’étoffer une histoire narrativement assez pauvre, l’intérêt est ailleurs.
Mais le film ne peut que décevoir un peu : l’humilité dont fait preuve toute l’équipe la dessert parfois, le livre d’image est réussi mais on ne ressent pas le même coup de poing dans le ventre. Le réalisateur se contente parfois un peu facilement d’appuyer la description de la tension perpétuelle et de la sauvagerie des survivants en passant à côté de la partie la plus forte, mais aussi la plus difficile à traiter: les réflexions et la trajectoire de l’enfant. A l’exception des scènes finales, vraiment bouleversantes, on est séduit mais rarement pris à la gorge. Et si Viggo Mortensen, qui joue le père, est comme d’habitude irréprochable, on peut être un peu plus déçu de la performance de son jeune collègue, qui ne parvient pas à retranscrire toutes les nuances du personnage
L’exploit n’a pas été réalisé, La Route restera quelque part inadaptable, ce qui n’est pas une raison pour ne pas aller voir ce film très honnête, et ce qui doit être une raison pour découvrir le livre
La couleur blanche qui envahit l'ensemble du paysage développe le climat pesant de cette histoire apocalyptique. La lenteur aurait pu être une force, aurait pu plomber l'atmosphère, aurait pu attirer le spectateur dans cette aventure. Mais il n'en ait rien malheureusement. La fin tente, tant bien que mal, a émouvoir mais nous laisse avec un goût de poussière dans la bouche. 10 minutes de trop qui ne font pas la différence. Dommage car l'idée est bonne !
Mhouais. Les dialogues et les séquences nostalgies tournent en rond, et font traîner le film en longueur. On est contents de voir la fin, qui est d'ailleurs ridicule. Heureusement, les photos sont belles, le père et le fils sont de bons acteurs, et il y a tout de même des scènes qui touchent comme celle de la cave. Dommage, cette histoire intéressante méritait d'être mieux exploitée.
quelle ambiance ! Je n'ai pas lu le bouquin, mais voir ce père évoquer le fait de coller une balle dans la tête à son fils tout au long du film pour lui éviter une mort atroce, je pense que ça suffit à expliquer à quel point l'univers post-apo de La Route est bien retranscrit.
Dans la lignée de Mad Max, la route innove dans le genre en rendant les hommes plus humains sous les traits d'un père attentionné et d'un fils idéaliste en route dans un monde détruit devenu invivable et laid par sa noirceur. Certes, ça reste du fantastique mais qui sait peut-être qu'un jour le monde deviendra ainsi mais je préfèrerais être mort depuis longtemps que vivre ça.
Superbe. Que dire de plus? Un film émouvant et terrifiant a souhait, après l'avoir vu, on se rend compte qu'on n'est pas si mal dans notre petit monde ! Viggo Mortensen est un très bon acteur est il nous le prouve encore au travers de ce film . Je conseille vraiment ce film, magnifique, c'est un chef-d'oeuvre a voir absolument :)
Au final, ce film n'est pas très intéressant (pas vraiment de but, pas d'explication sur le pourquoi du comment, pas de nom à mettre sur les visages des personnages...) mais c'est d'une intensité assez rare ! Même si l'atmosphère générale reste celle de la tristesse et du désespoir, on est complètement bouleversé par certaines scènes.
La route tout droit tiré du best seller de Cormac Mccarthy , est clairement un des meilleurs films post-apocalyptiques mais aussi le plus sombre, le plus terrible. Mortenssen est tres crédible et le jeune Kodi McPhee aussi. La route est bourré de scenes choc : emouvantes , angoissantes comme l'inoubliable scène de la cave qui reste un de mes plus grands, si ce n'est LE traumatisme cinématographique. La route a largement tenu son pari : faire une adaptation a la hauteur du chef d'oeuvre de McCarthy. Un immense post-apocalyptique sur fond de relations père fils.
Dépressif s’abstenir. Difficile d’émettre des critiques sur la qualité cinématographique du film : peu d’acteurs mais des bons. Le petit garçon est profondément touchant dans sa détresse et son innocence. L’atmosphère apocalyptique ne pouvait pas être mieux réussie. Tout est gris, il n’y a plus que des faux espoirs, comme celui des derniers espaces d’évasions que vont être la côte et l’océan. On attend la mort. Il n’y a que ça. La Terre et tout ce qui rendait cette planète luxuriante disparaît peu à peu. Le sort des derniers survivants est couru d’avance. Le film est très réaliste, trop…il bouleverse sans laisser l’opportunité de l’appréhender sous sa dimension allégorique.