Western cynique mis en scène par Mankiewicz, doté d'un scénar subtil. Un film atypique qui a un peu vieilli, porté par un Kirk Douglas toujours très bon.
Un vol, un personnage emblématique, la présentation fulgurante d'un groupe, la taule... des pieds qui traînent la poussière. Quentin Tarantino, à-coups-sûr, y a puiser. Une B.O également au rendez-vous... une référence.
Un Western haut en couleur avec des personnages attachants. L’histoire mêle des moments complètement délirants entrecoupés de séquences parfois fort cruelles. Et pourtant la recette accouche d’un excellent film porté par des acteurs prestigieux.
Au premier abord on pourrait croire qu'il s'agit d'un western classique. Mais finalement, Le Reptile, est un film original qui s'amuse à détourner les codes du genre et y parvient avec brio.
Drôle, cynique et désabusé : pour son avant-dernier long-métrage, Mankiewicz choisissait de raconter - de manière absolument brillante et avec un humour décapant - une histoire de prisonniers à travers laquelle il illustrait l'infamie pure dont peut être capable un être humain. En l'occurrence ici celle de Kirk Douglas, qui interprète son rôle de roi de l'entourloupe avec brio, face à un Henry Fonda tout en finesse. Ce récit d'évasion qui explose les codes du genre monte magnifiquement en puissance, grâce à une mise en scène millimétrée à l'efficacité redoutable, qui est un ravissement de tous les instants. Une pépite.
Je ne sais pas si Mankiewicz est un grand metteur en scène mais la qualité de ses films en fait pourtant un cinéaste important. Avec "There was a crooked man", il s'offre une joyeuse récréation, annoncée dès le générique par une malicieuse chanson dont le thème instrumental sera souvent repris tout au long du film. Bien que l'on soit averti d'un ton léger, associé à une ironie mordante, l'entrée en matière déçoit par une dimension enfantine trop surlignée avec laquelle Mankiewicz n'est pas à l'aise : le film manque de rythme et un bon nombre de ses gags tombent à plat. Il faut attendre que tous les personnages introduits se retrouvent dans la même prison pour que cette délicieuse comédie s'emballe. C'est à partir du moment où le projet d'évasion est évoqué que plusieurs tonalités peuvent s'entremêler – preuve que la réussite des films de Mankiewicz tient sur un socle scénaristique solide – et que le plaisir évident pris par les acteurs devient communicatif. Jubilatoire, la deuxième partie est un modèle de mélange entre suspense et humour, même si les derniers plans s'enchaînent de façon plus mécanique. On se souviendra donc de ce western singulier comme d'un film mineur d'un très grand cinéaste.
Voir Joseph L. Mankiewicz faire un western doit être assez surprenant quand on connaît son style, et pourtant Le Reptile tient bien plus de la comédie dans le désert avec des personnages affublés de stetsons possédant tout son sens de la tragi-comédie. Toute l'action se passe statiquement dans la prison où Kirk Douglas bandit intelligent souhaitant s'évader mène un duel d'intentions contre Henry Fonda directeur de prison ayant foi en la loi et à l'humanité. Ces deux figures vont voir leurs caractéristiques se faire joliment saloper avec ironie par Mankiewicz, il faut attendre la fin pour le voir mais toute l'attente en attendant ce moment est une préparation des plus savoureuses où le tragique se retrouve englué dans une touche d'inhumanité prêtant à la fois le dégoût pour tant d'injustices éprouvées que le sourire quand elle paraît aussi logique. Toute la magie idéaliste des westerns se révèlent êtres des illusions aberrantes, les plus salauds se font piéger par plus salauds qu'eux, quant aux gentils, ils ne peuvent devenir que salauds à leur tour. Synthétiser de l'émotion en pince-sans-rire, un défi relevé haut-la-main.
C'est un film que je ne connaissais pas du tout. Il a bien sur un peu vieilli, par ses décors, ses acteurs et ses effets spéciaux et cascades mais cela reste un bon film au scénario bien ficelé, même si le film aurait pu être raccourci un petit peu. C'est l'histoire d'un certain Kirk Douglas, un bandit gentil au premier abord, mais sans scrupule si cela doit lui servir qui se retrouve en prison avec une bande d'inconnus dont il va se servir à façon pour sa propre évasion. Une vraie entreprise menée avec brio en réussissant à manipuler un nombre de personnes incroyables, dont le directeur de la prison. Le réalisateur nous décrit toutes les palettes de la personnalité humaine, sans aucune ambiguïté puisque le cynique Kirk Douglas meurt accidentellement d'une piqure de crotale alors qu'il venait de réussir son évasion, et puisqu'au contraire c'est le soit-disant très honnête directeur Henry Fonda qui en profite. Un superbe retournement de situation pour clôturer le film!
Que voilà un western atypique tourné par le grand Joseph Mankiewicz,avec deux grandes stars: Henry Fonda et Kirk Douglas. Un western qui met à mal le confort moral du spectateur: les méchants sont des ordures et les bons pas si gentils que cela. Le grand Kirk joue une crapule sans scrupules,mais sympathique,c'est bien là le pire... Anti-western,anti-héros,humour noir et rires jaunes,c'est comme on veut,surtout que le tragique des personnages ou des situations n'est jamais très loin. Au final,une fable cruelle déguisée en western picaresque,où rira bien qui rira le dernier ou encore,tel est pris qui croyait prendre...
Ce n'est pas un grand Mankiewicz, mais c'est quand même un Mankiewicz, donc ça vaut le détour ! Nous suivons le parcours d'une crapule qui est envoyée dans un pénitencier et qui n'a qu'un seul objectif : en sortir pour récupérer un important butin caché. Ce qui frappe dans ce film, c'est l'absence de personnage ayant un sens moral, une éthique. On quitte un salopard pour un lâche, puis un corrompu, etc. John Wayne n'y aurait pas sa place ! On peine à aimer le personnage principal brillamment incarné par Kirk Douglas, tant son cynisme est grand d'un bout à l'autre du film. Mais le système qui le condamne est tellement pourri qu'on lui pardonne sa conduite. Tous les personnages secondaires sont réussis. La mise en scène est de facture assez classique. Si le début du film est un peu laborieux, le final, qui donne son titre français au film, conclut efficacement cette œuvre.
Sous des airs de western étonnant, moitié burlesque, façon "panthère rose", moitié suspense, l'histoire d'une évasion est bien mise en place et nous tient en haleine dans ses préparatifs. Puis à la fin, le côté noir et sombre de la condition humaine reparaît par ses actions implacables et surtout sans retour possible. Assez fort.
Je me souviens avoir vu ce « Reptile », il y a de cela quatre ou cinq ans, et je n’en gardais pas forcément un bon souvenir. Mais il y avait un truc qui clochait, j’avais comme l’impression d’être passé à côté de quelque chose, d’avoir loupé un épisode. C’est pour cette raison que j’ai voulu redécouvrir ce film. Et maintenant que je le vois pour la deuxième fois, j’ai la confirmation de ce que je pensais en moi-même. J’avais loupé quelque chose. Je l’avais sans aucun doute regardé d’un seul œil. Joseph Mankiewicz réalise là un film qui est tout de même assez couillu. Déjà parce qu’en 1970, le Western était un genre qui n’était pas loin de la tombée en désuétude complète. La prise de risque de la part du cinéaste était donc maximale. Là où c’est le plus couillu, c’est que toutes les valeurs promulguées par les Westerns traditionnels (ceux de l’âge d’or) sont littéralement foulées du pied. Mankiewicz qui préfère donner à son film un ton résolument cynique. On ne peut qu’applaudir des deux mains l’intention. Tous les personnages ont une personnalité bien définie. Mais le personnage le plus fouillé reste tout de même celui interprété par Kirk Douglas. Le personnage manipulateur, abusant de la naïveté de chacun et ce, sans le moindre petit scrupule. Il représente l’inverse totale du héros du Western traditionnel. « Le Reptile », c’est une mécanique bien huilée, bien précise, semblable à celle d’une montre suisse. Et l’on aboutit à un final drôlement bien trouvé et qui remet les pendules bien à l’heure. Si vous ne comprenez pas ce que je veux dire, regardez le film et là, c’est sur, vous comprendrez immédiatement. J’ai souvent hésité à regarder de nouveau ce film, finalement, je me dis que j’ai bien fait de me replonger dedans. Parfois, avec du recul, on se rend compte que l’on zappe certaines choses.
Film atypique de la filmographie de Mankiewicz, le réalisateur de nombreux films célèbres tels que "Jules César", "La comtesse aux pieds nus" et "Cléopâtre" pour ne citer qu'eux, décide de se lancer dans le domaine du western dans le cadre du pénitencier. On y retrouve une tête connue de ce genre Warren Oates qui interprétait l'un des rôles principaux de "La horde sauvage" de Sam Peckinpah et réunir Kirk Douglas et Henry Fonda dans un film aussi drôle que cynique, c'est une idée qui en valait la peine. Le film relate le parcours de deux hommes, l'un pilleur de propriétaire et l'autre shérif. Le premier est arrêté rapidement mais on ne put retrouver aucune trace de son butin qu'il a soigneusement caché. Le film se passe principalement dans le pénitencier où l'on assiste aux corvées ainsi qu'aux mauvais traitements et aux rébellions, le protagoniste entend bien se mettre tout le monde de son coté pour échafauder un plan pour pouvoir s'échapper de la prison y compris son directeur prêt à se corrompre. Le film montre l'homme sous ses pires défauts, la cupidité, l'égoïsme, la traîtrise, la violence, la pauvreté, les brimades, les humiliations mais tout le talent du réalisateur consiste à transmettre tous ces défauts pour servir de tremplin à une comédie d'action qui emporte tout sur son passage. A aucun moment le rythme ne cesse, tout est soigneusement préparé pour que chaque scène marque le spectateur de son empreinte. Le réalisateur prend le pari risqué de traiter de tous les sujets sérieux en badinant, ce qui affiche un propos immoral constant dans la bouche de prisonniers sans foi ni loi prêts à tout tenter pour quitter la prison et réussir à survivre au désert qui se profile. A cela, il faut préciser que les dialogues sont très bien rédigés, les situations sont certes amusantes mais elles ne prendraient pas l'impact sans eux. Kirk Douglas qui joue la canaille utilise son expérience et son éloquence pour qu'ils soient entendus par tous, usant de la flatterie pour mieux endormir tout le monde. Le final résume le film: immoral et jouissif.
Pour son avant-dernier film "Le Reptile", Joseph L. Mankiewicz, l'un des grands noms de l'âge d'or Hollywoodien d'après-guerre à qui l'on doit notamment des grands films tels que "Eve", "Cléopâtre" ou encore "Soudain l'été dernier", nous livre à nouveau un grand film et une belle réussite. Il nous emmène suivre une bande de prisonniers enfermé dans un pénitencier et plus précisément l'un d'eux qui sait où se trouve une forte somme d'argents. Le scénario est très bien écrit et propose de très bons rebondissements, jusqu'à une fin particulièrement bien réussie. Mankiewicz mélange les genres, à la fois un western et un film d'évasions, il le fait de manière fluide, sans oublier quelques touches d'humours et bien évidemment de cynismes. La joie de vivres des comédiens est communicatives, on sent qu'ils sont heureux d'être là et c'est tant mieux. D'ailleurs Kirk Douglas trouve avec le rôle du prisonniers intelligent, manipulateur et charismatique, l'un de ses plus beaux rôles et Henry Fonda lui rend très bien la réplique. La mise en scène est impeccable et Mankiewicz donne une atmosphère âpre à son film. La galerie de personnages est géniale, des premiers rôles à ceux ayant une courte apparition. Sans oublier l'excellente bande-son, on a là un très bon film et du grand divertissement, très bien ficelé, cynique, amusant et porté par d'excellent comédiens.