Peu familier du genre et pour cause, il s’agit de son tout premier western, le réalisateur de Sleuth (1972) nous surprend par son approche très particulière du film de western. Le Reptile (1970) est une œuvre totalement atypique, qui ce soit par ses propos ou sa mise en scène. L’obsession manipulatrice est constamment exploitée à travers divers personnages qui se tirent entre les pattes. Des répliques et un humour très ciblé font de ce film, une grande surprise à la fois étonnante et déroutante. Un scénario brillant accompagné par des acteurs stupéfiants (qu’ils soit au premier comme au second plan). Une mise en scène (et en abyme) qui nous tient en haleine durant deux longues heures (que l’on ne voit absolument pas passer). A la fois d’une méchanceté impardonnable et d’un comique de situation très présent, Joseph L. Mankiewicz séduit et comble grâce à son tandem : Kirk Douglas & Henry Fonda. Un duel perpétuel qui nous offre un twist final renversant et auquel on ne s’attendait pas, une vraie réussite !
Joseph Leo Manckiewicz est un trés grand cinéaste qui à réalisé de nombreuses oeuvres marquantes et avec "Le Reptile" il s'est accordé une petite pause détente. Film d'évasion comme ils étaient nombreux à l'époque. Si bien qu'ils sont devenues un genre à part entière, le réalisateur du Limier détournes donc les codes du genre pour en faire quelque chose de drôle tout simplement. Les personnages sont atypiques et l'ont découvres leur vrai nature au fur et à mesure que le film avance. D'ailleurs incroyable retournement de situation foncièrement cynique à la fin. Kirk Douglas semble bien s'amusé mais reste suffisament serieux pour que l'on croit à son rôle, de même pour Henri Fonda qui à la rare capacité pour un 1er rôle de se fondre derrière son personnage. Il y a une bonne ambiance, des idées sympas, une chaleur etouffante bien rendue mais le film se tire en longueur, il aurait pu être raccourcis d'une bonne demi-heure que ca ne lui aurait pas fait plus mal, au contraire. Le rythme est un peu trop lent pour rendre parfaitement le comique de beaucoup de scène et l'effet huis clos dans la prison passe pas trés bien au bout d'un certain temps. Un divertissement à l'ancienne pas mal, mais il a était fait meilleur à pareille époque pour le même genre.
Un vrai régal que ce faux western qui n'est en réalité pour Mankiewicz qu'une occasion de mystifier sans cesse le spectateur par un constant renversement des valeurs. Superbe composition de Kirk Douglas et de Henry Fonda dans ce film méconnu et des plus "venimeux" du grand cinéaste...
Avant-dernier film de l'un des plus grands réalisateurs de sa génération, J.L. Mankiewicz ("Une aventure de Mme Muir", "Soudain l'été dernier" ou encore "La comtesse aux pieds nus") signe avec ce western un film particulièrement atypique. Emmené par un duo star qui fait des merveilles ce western ne ressemble à aucun autre. D'après un scénario de Robert Benton et David Newman ("Bonnie and Clyde" de Arthur Penn) on se retrouve au final plus dans une étude de moeurs, voir un thriller machiavélique non dénué d'un humour corrosif. Quasimment tous les protagonistes du film sont des salauds pour lesquels tous les moyens sont bons pour arriver à leur fin. Le personnage de Kirk Douglas (qui retrouve le réalisateur 21 ans après "Chaines conjugales") n'étant pas le dernier dans la vilenie. Ce western s'apparente donc plus à une fable extrêment cynique dont les personnages sont tous misanthropes d'une façon ou d'une autre. Mankiewicz brasse des tonnes de clichés (homosexualité, brute épaisse, manipulateur et même marijuana !) par la même occasion mais en transcendant le melting-pot carcéral dans un jeu savoureux entre le leader des prisonniers (Douglas) et le directeur-shérif (Henry Fonda). Un film unique dont la morale serait justement de ne pas en avoir (de morale !). Chef d'oeuvre.