La Vallée de Gwangi est un de ces films très distrayants des années 60, qui a su profiter des effets spéciaux toujours de si bel effet du grand Harryhausen. Dommage que l’histoire soit un peu trop légère pour faire de ce film un des meilleurs du spécialiste des effets spéciaux.
En effet c’est un peu là que le bât blesse. Si l’on se retrouve dans une intrigue à la King Kong, j’ai le sentiment que c’est assez téléphoné, et que l’ensemble manque de fluidité. Le film est réellement structuré en grandes parties presque trop indépendantes les unes des autres, et alors que le début reste un peu trainant, mettant longtemps à nous proposer des créatures, on se retrouve avec une fin très généreuse qui accentue d’autant ce décalage avec la première partie. L’ensemble manque aussi un peu de profondeur, avec des personnages trop attendus, pas assez dégrossi.
Cela étant les acteurs sont plutôt bons, même si l’on n’a pas de grandes stars ici. James Franciscus est généralement un héros assez charismatique bien que son jeu soit un peu froid et restreint. Il est épaulé par une galerie d’acteurs corrects, nettement l’héroïne que j’ai trouvée solidement campée, dynamique, et son personnage est peut-être le plus piquant et le plus intéressant du lot. On ne peut pas dire qu’on soit sur des sommets, mais dans l’ensemble j’ai trouvé les acteurs engagés, et c’est largement suffisant pour se faire plaisir devant La Vallée de Gwangi.
Ce dernier mise en effet beaucoup sur sa dimension visuelle, et là-dessus peu de chose à redire. Bien sûr les effets spéciaux sont là et font toujours bonne figure avec une très belle animation une variété de créatures assez bonne et ce qui séduit aussi ici c’est la qualité de l’interaction entre les animaux et les personnages, meilleurs que dans d’autres Harryhausen. Les décors sont eux-aussi de fort belle tenue, et la photographie en couleurs à le charme de ces films anciens, avec un technicolor très joli. Là-dessus on a par contre une bande son un peu classique, un peu impersonnel, ce qui est toujours un peu le souci de ces films des années 60 où la musique servait plus de fonds coloré à l’action qu’elle ne participait pleinement à instaurer une ambiance.
Enfin cela étant dit La Vallée de Gwangi reste un film de belle tenue, tout à fait divertissant, et j’ai personnellement bien aimé, sans être aussi séduit que j’aurai pu l’être avec un scénario plus structuré et moins prétexte comme c’est le cas ici. 3.5.